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 Bonfire Night [PV: Melodia]

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Tobias Grant
El DiabloEl Diablo

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MessageSujet: Bonfire Night [PV: Melodia]   Sam 25 Jan - 0:15
La forêt de Waas. Yep, c’était bien là que je devais me trouver si je ne me trompais pas. Après tout, j’avais bien pris soin de longer la côte depuis Carmina afin de m’y rendre. C’était le moyen le plus simple que j’avais trouvé pour rejoindre cette forêt. Bien sûr, j’aurais pu passer par les chaînes montagneuses se trouvant derrière le Mont Hakobe pour y arriver bien plus vite mais bon, la température qui y régnaient n’avait absolument rien d’accueillant. J’avais donc opté pour ce détour. Certes plus long, mais de très loin préférable à l’autre alternative. La question qui se posait maintenant, c’était : pourquoi avais-je cherché à rentrer dans cette forêt ? Oui, pourquoi alors qu’il y avait tant d’autres forêts plus accessibles et plus proches du siège de ma guilde que celle-ci. D’ailleurs, la forêt de Waas était la plus éloignée en termes de distance, et la plus grande de tout le Royaume. On pourrait donc croire que je n’avais absolument aucune raison de m’y rendre. Et bien si pourtant, j’avais mes raisons. Pour commencer, c’était un endroit que j’avais toujours pensé à visiter – sans me perdre de préférence. Après, il y avait le fait que cette forêt se trouvait à la frontière du Royaume. Or, mis à part en allant à Akane Beach, je n’avais jamais fait face aux limites de ce pays. Enfin, j’étais toujours dans ma phase entraînement depuis l’épisode des Dragons et des Regalias. Ainsi, c’était toujours dans le but de progresser que j’avais entrepris ce nouveau voyage.

Une fois à l’intérieur de cette forêt, je ne tardais pas à m’y enfoncer sans me poser plus de questions que cela. J’avais de bonnes raisons d’être ici après tout, ce n’était donc pas le moment d’hésiter surtout pas après tout le temps que j’avais perdu pour m’y rendre. Des heures de marche s’en suivirent sans que je ne me fasse attaquer. Il fallait dire aussi que je ne faisais pas tant de bruit que ça. J’étais seul, je n’avais donc aucune raison de bavarder. De plus, les créatures étaient généralement pacifiques, sauf quand on les cherchait carrément. Or, je ne provoquais rien ni personne là. Je ne faisais que marcher sans me presser. J’avançais à mon rythme. Mon sac sur le dos, mon béret bien ancré sur ma tête, je prenais tout mon temps. Au passage, je prenais soin d’enregistrer un maximum d’informations sur ce qui m’entourait pour le chemin du retour. Quand je le pouvais, je mémorisais donc un arbre particulier selon sa forme histoire de m’en servir comme point de repères. Bien entendu, je pourrais toujours grimper sur un arbre et observer les alentours depuis la cime de celui-ci pour trouver mon chemin. Il ne fallait pas que j’oublie que les chaînes montagneuses – menant au Mont Hakobe – étaient logiquement plus grandes que les arbres de cette forêt. Ainsi, en repérant ces montagnes, j’aurais une idée de la direction à prendre selon l’endroit par où je souhaitais sortir. J’étais membre de Lamia Scale depuis une bonne décennie. J’avais effectué tant de voyages et analysé tant de cartes du Royaume – pour me repérer – que je pouvais facilement me représenter une carte du Royaume en pensée pour me diriger là où je désirais aller.

Personnellement, j’avais tendance à privilégier la marche à pied aux autres moyens de transport à disposition. Je me voyais donc forcer d’observer toutes ces cartes du pays – et de les retenir – pour pouvoir me déplacer convenablement sans avoir à demander mon chemin chaque fois que j’atterrissais quelque part. Je me rappelais encore de la première fois que j’avais effectué un voyage à pied d’un endroit à un autre. J’avais confondu l’Est et l’Ouest et m’étais complètement perdu. Par contre, je ne me rappelais plus de l’endroit où je m’étais retrouvé. Tout ce dont je me souvenais, c’était que l’endroit où j’avais atterri n’avait rien d’accueillant. Rien du tout ! J’avais de suite rebroussé chemin pour me perdre une nouvelle fois ! Et oui, c’était ce qui se passait tout naturellement quand on essayait de voyager sans savoir indiquer les quatre points cardinaux. Fort heureusement pour moi, la guilde avait pris la peine de me faire suivre discrètement par un membre puisqu’il s’agissait de ma première escapade à pied et en solo. Par contre, celui-ci s’était amusé à attendre que je me retrouve en danger de mort – encerclé par des bêtes pas contentes – pour faire son apparition. D’après lui, ça avait été le meilleur moyen de me faire comprendre la leçon. La leçon avait donc été retenue puisque je ne m’étais plus vraiment perdu depuis. Plus à ce point-là en tout cas.

Au bout d’un certain temps, je m’étais arrêté au bas d’une cascade. Cet endroit m’avait semblé adapté pour une pause. Surtout qu’il commençait à faire nuit. Ce n’était plus le moment de se promener. Autant, j’étais parfaitement confiant la journée car je voyais parfaitement bien malgré tous ces arbres qui filtraient quelque peu la lumière du soleil. Autant la nuit, je me sentais un peu moins en confiance sachant que la faune était sans aucun doute bien mieux équipée que moi pour se déplacer sans se manger d’arbre. Certes, il ne ferait pas totalement noir puisque la lune éclairerait un peu quand même. Cependant, je préférais éviter de prendre des risques inutiles. Je posai mon sac contre un arbre et retirai ma veste que je posai sur le sol. Je m’allongeai alors dessus et réfléchis à ce que je comptais faire maintenant. Ce n’était clairement pas le moment de s’entraîner. Je ne ferais qu’attirer bêtement des créatures du coin et c’était ce que je cherchais à éviter pour l’instant. Mon estomac se mit soudain à gargouiller et je compris de suite ce que j’avais à faire : pêcher. Je retirai donc mes vêtements, conservant uniquement mon boxer, et rentrai directement dans l’eau. Cette rivière n’était pas très profonde, l’eau ne dépassant pas mes genoux, je pus donc m’atteler à ma tâche sans avoir à craindre de me noyer. Je ne tardai pas à sortir trois poissons de l’eau que je balançai derrière moi sur le sol. Je pris ensuite la peine de ramasser du bois et fit un petit feu pour pouvoir cuisiner mon repas.

Après avoir embroché les trois poissons dans des petits bâtons, je retournai à l’eau pour m’y baigner le temps que mon dîner cuise. Entre-temps, on pouvait apercevoir les derniers rayons du soleil tandis que la lune prenait le relai. Tout était calme dans cette forêt à première vue. Ce que je n’avais pas encore remarqué, c’était que je n’étais pas le seul humain du coin. Mieux encore, je n’étais pas le seul mage du coin. Je finis tout de même par entendre un drôle de bruit qui me fit réagir au quart de tour. Je me relevai d’un coup et cherchai à identifier l’origine de ce son. Je posai alors la question qui s’imposait dans une telle situation.

« Euh… Y’a quelqu’un ? »

Une question débile, oui, mais ô combien adaptée à la situation actuelle. Après tout, j’étais tranquillement en train de prendre mon bain – bien que j’avais toujours un vêtement sur moi – quand j’avais entendu ce bruit. Je trouvais donc normal de chercher à savoir si quelqu’un était dans le coin. Dans le cas où il y aurait quelqu’un et que – pour une raison ou pour une autre – cette personne décide de ne pas me répondre histoire d’entretenir le mystère, je choisis de jouer la carte de la provocation, quitte à paraître débile s’il n’y avait personne.

« Franchement, si vous voulez juste me voir nu… Suffit de demander. »

Donc, étais-je vraiment épié ou me faisais-je simplement des films ?
Melodia Shūhebi

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MessageSujet: Re: Bonfire Night [PV: Melodia]   Sam 1 Fév - 5:22


Tobias
Ce que je faisais au beau milieu de la forêt la plus gigantesque de tout le royaume de Fiore ? Absolument rien de mal intentionné. Je ne désirais qu'un peu de sérénité, tranquille et à l'abri des regards. Depuis ce qui s'était passé au Domus Flaus, mes méninges fonctionnaient à plein régime. Jamais un évènement n'avait eu autant d'effets sur mon questionnement de ce que représentait la vie. Devant la puissance des créatures ailées, le génome humain ne pouvait rien faire excepté regarder, contempler, admirer cette merveille de destruction. L'existence des dragons avait rallumé en moi une étincelle longtemps éteinte. Bien que la plupart semblent avoir été détruits par le Roi Dragon lui-même, un doute subsiste en moi. Mon coeur me souffle de ne pas abandonner, d'attendre leur retour pour pouvoir enfin voir le monde plonger dans le chaos le plus parfait qui soit. Sauf que l'attente ne suffisait pas. Je devais devenir plus puissante, augmenter mon champ de manipulation et l'étendue des fils de mes toiles pleines de supercherie. Pour cela, rien ne vaut mieux qu'un entraînement. Dans la forêt de Waas.

J'y avais déjà mis les pieds quelques fois, mais jamais dans le but d'attirer les ennuis volontairement. En avançant parmi la flore composée d'arbres hauts comme dix hommes et de sombres buissons, je recherchais du défi. Pour la première fois de ma vie, j'avais cette sensation démangeante de l'envie du combat, de l'envie du sang. Un sac à dos - non pas volé à un jeune homme ce matin, mais à une vieille dame - bien rempli sur les épaules, je marchais vers une direction inconnue en laissant parfois des traces de mon passage afin d'être apte à revenir sur mes pas en cas de danger. En début d'après-midi, je trouvai une jolie cascade et décidai de m'y installer. C'était un endroit calme où le clapotis de l'eau berçait les oreilles des voyageurs d'une douce mélodie. Envoûtante était le mot juste pour décrire l'ambiance qui régnait. Je déposai mon sac et ma cape auprès d'un rocher, à l'ombre des regards s'il y en avait bel et bien qui me scrutaient. Je choisis d'ignorer ce pressentiment, car de toute façon l'utilisation de la Ningyo no Maho allait faire fuir les petites bêtes aux alentours. Quant aux grosses... je n'osais même pas y penser.

Profitant qu'il y ait un soleil éclatant dont les rayons filtraient à travers les feuilles des arbres, je m'entraînai comme jamais auparavant. Coups de poing, coups de pied, je fis souffrir les tendons de mes membres au point où je ne sentais plus mes jointures ni mes pieds. Je réussis néanmoins à faire tomber un arbre. Je ne m'étalerai toutefois pas sur la grandeur ni la résistance dudit arbre, ayant d'autres trucs plus importants à faire ; comme une poupée de pierre.

Doucement, lentement, je rassemblai le plus grand nombre de grosses roches qui se trouvaient sous la petite étendue d'eau dans laquelle mes jambes baignaient. Ma concentration n'avait d'égal que la sueur qui perlait sur mon front. Au bout de minutes qui me parurent interminables, je finis par former un très grand golem à l'agilité relativement bonne pour un pantin fait en roc. Je pouvais contrôler ses moindres mouvements, le faire marcher, courir, déraciner des arbres, ramasser des cailloux pour les lancer loin vers la montagne qui nous surplombait... mais je n'en fis rien. Je le fixai simplement, m'extasiant de le voir un jour prendre une forme plus bestiale et plus primitive encore. Une forme semblable à celle d'un dragon.

« Un jour... j'en aurai un. Juste un. Il m'en faut qu'un. »
Cette obsession pour les dragons commençait tranquillement à me faire douter de l'efficacité d'Oracion Séis. Avec un véritable lézard volant, je serais invincible et le monde serait à feu et à sang. Il n'y aurait plus de raisons pour que je m'associe à cette guilde noire qui ne faisait que suivre les ordres d'un mage toujours ailleurs. Parce que oui, Kite Reyes n'était jamais présent pour supporter les membres de son groupe. Il donnait ses directives par l'entremise de messagers et de procédés peu louables, mais il agissait le plus souvent seul. Sans nous. Sans nous faire part de quoi que ce soit. Ce que je trouvais très dommage. Peut-être avait-il de bonnes raisons pour agir de la sorte ? Peut-être cherchait-il à nous évaluer individuellement avant de prendre quelconque décision ? Non. Ce garçon ne serait pas aussi calculateur. Il était stratège, mais pas calculateur, ce qui m'énervait au plus au point. Il ne pouvait pas être facile à berner ni à manipuler puisqu'il était aussi doué que moi. Il savait comment s'y prendre lui aussi.

« Barbant. »
Je me tenais à présent en retrait, assise sur la branche d'un arbre afin de mieux observer la scène. Un jeune homme était arrivé et avait installé un petit campement pendant que j'étais partie prendre une marche de santé. L'air frais du soir m'aidait à relaxer et à ignorer les nombreuses questions et pensées qui alourdissaient mon cerveau ces derniers temps. J'avais cru avoir la paix en passant une nuit ici, mais il fallait croire que le destin préférait me balancer des surprises à la figure puisqu'un pur inconnu se promenait à poil devant mes yeux. Il semblait royalement se foutre de ma présence, bien que ce fusse compréhensible à cause de l'invisibilité que m'offrait ma cape noire. Silencieuse, je suivis les moindres mouvements de l'élément perturbateur qui cassait toute ma solitude. Il se faisait griller du poisson ! Sur un feu aux flammes vives dont je pouvais presque sentir la chaleur d'où j'étais placée ! Quel ingrat ! Et il ne m'invitait même pas. Les petites collations que j'avais mises dans mon sac n'avaient pas rempli mon estomac et un vide se faisait douloureusement ressentir au niveau de mon ventre. Mon pauvre bedon fit un bruit de gargouillis au moment où je pensais à lui voler son repas.

Peine perdue, il avait remarqué ma présence. Sa question me fit sourire et j'eus une drôle d'idée en tête. Il avait l'air idiot, alors si je lui faisais peur peut-être qu'il prendrait ses jambes à son cou et fuirait très loin d'ici ? Non, impossible. Un lâche ne se risquerait jamais à traverser la forêt de Waas. Je devais sans nul doute avoir à faire à un mage. Officiel, qui plus est. Je n'arrivais toutefois pas à distinguer une quelconque trace de tatouage sur son corps. Corps que mes yeux trouvaient un tantinet attirant. Il avait une silhouette mince et svelte, des cheveux pâles et coupés en une coupe carrée, il était un peu trop grand à mon goût et son regard semblait incertain. Génial ! Il ne m'avait toujours pas trouvé. Place au spectacle...

Tandis que j'ordonnais aux racines d'un arbuste - à moitié noyé sous l'eau - de se déplacer dans sa direction, je perçus la dernière phrase du petit monsieur en boxer et cela me prit complètement au dépourvu. Une faible rire trépassa mes lèvres, puis un rire gras prit doucement forme au creux de ma gorge avant que je ne tombe par en avant. L'écho fut le seul à accueillir le petit cri de surprise qui suivit ma chute. Heureusement, je me repris à temps pour atterrir sur mes deux jambes suite à la petite courbette que j'avais effectuée en me tenant à une branche basse de l'arbre qui m'avait permis de me cacher depuis le début. Ce n'est qu'une fois bien remise du choc que je me rendis compte de mon erreur : je n'étais plus invisible.

« Oups. Dis, même si t'es mignon, ça t'dérange que j'm'intéresse plutôt à tes poissons ? »
Sans prendre le temps de demander plus poliment, je me saisis de l'un d'eux avant de croquer dedans. Auparavant, j'aurais refusé catégoriquement de manger du poisson cuit sur le feu sans utiliser des ustensiles et une assiette, mais là j'avais une faim de loup en plus d'une envie sauvage de lui balancer ses vêtements à la figure. Évidemment, cela aurait été très malpoli de faire une chose pareille envers celui qui venait de m'offrir ce délicieux repas. Sauf que... depuis quand me préoccupais-je de la politesse ?

« Au fait, t'vas attraper froid s'tu restes tout nu comme ça. »
Je l'aurais bien traité d'idiot à se pavaner ainsi dans l'eau, mais j'avais fait la même chose quelques heures plus tôt. Alors poisson en bouche, je pris la peine de faire de ses vêtements une grosse boule avant de les lui lancer. S'il n'attrapait pas, tant pis pour lui. S'il devenait rancunier, j'allais m'enfuir avec tous les stocks de poisson qu'il avait attrapé. Ah, quelle belle soirée s'annonçait...

Tobias Grant
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MessageSujet: Re: Bonfire Night [PV: Melodia]   Dim 2 Fév - 20:32
J’avais fini par m’installer au bas d’une cascade histoire d’y passer la nuit. Au départ, ça n’avait pas vraiment été mon intention puisque je désirais simplement me reposer un peu avant de continuer. Néanmoins, en voyant qu’il faisait déjà pratiquement nuit, j’avais choisi de ne plus bouger et de rester sur place jusqu’au retour de la lumière. Après m’être allongé quelques minutes à peine, j’avais pris conscience que la faim me gagnait et qu’il valait mieux que je me nourrisse en vitesse. Au vu du long voyage que j’avais entrepris pour atteindre la forêt de Waas, je n’avais pas été en mesure de prendre suffisamment de vivres puisque ceux-ci auraient fini par ne plus être mangeables. Et oui, ce n’était pas une simple promenade que j’avais entrepris ici. De plus, en partant de Carmina, je n’avais croisé ni ville ni village puisque j’avais longé la côte pour atteindre cette forêt. Je n’avais donc eu aucun moyen de me réapprovisionner en nourriture depuis mon départ de la capitale de la musique. Ne me restant donc plus qu’à pêcher rapidement, je m’étais levé et déshabillé tranquillement pour pouvoir chopper des poissons sans tremper mes vêtements. De toutes les façons, ce n’était pas comme si il y avait d’autres gens aux alentours. Je n’avais vu personne en arrivant. Je partais donc du principe que j’étais le seul être humain du coin. Certes, il y avait probablement des créatures mais bon, celles-ci avaient pour habitude de nous éviter justement. Elles ne se montraient hostiles que si elles se sentaient en danger. Je n’avais donc rien à craindre d’elles pour l’instant.

La partie de pêche à la main s’était déroulée sans problème. Ainsi, après avoir pêché trois poissons – je n’avais guère besoin de plus – je m’étais empressé de les embrocher et de les faire griller autour d’un feu. Il n’y avait pas à dire, depuis ma première escapade en solo, j’étais de plus en plus apte à survivre dans des environnements de ce genre. S’installer près d’une source d’eau, pêcher et faire un feu, c’était pratiquement devenu des réflexes pour moi avec le temps. Au départ, ça me prenait des heures rien que pour effectuer l’une de ces tâches. Aujourd’hui, ça ne me prenait que quelques minutes pour tout faire. Bien entendu, je n’avais pas appris ça tout seul. Et oui, on m’avait d’abord montré comment tout cela marchait et j’avais bien retenu les enseignements. Il n’y avait pas grand-chose de plus important que de savoir survivre dans ce type d’environnement. Savoir se débrouiller seul pour répondre à ses besoins dans une forêt, c’était quelque chose que tout aventurier digne de ce nom se devait d’apprendre s’il tenait à survivre. Peu importait la puissance que l’on possédait, si l’on n’était pas capable de se nourrir correctement, on mourrait de faim. Si l’on ne trouvait pas de source d’eau, on mourrait de soif. C’était aussi simple que cela. Tout en faisant griller mon dîner, je me détendais bien sagement dans l’eau quand j’entendis un bruit qui attira tout de suite mon attention. Me relevant en vitesse, j’avais également pris la peine de sortir de l’eau pour ne pas voir mes mouvements ralentis en cas d’attaque.

On pouvait dire que je ne m’étais pas du tout attendu à être surpris ainsi alors que j’étais en mode détente. Je n’avais rien fait de mal en plus. Comme d’habitude, j’étais innocent. Pourtant, comme d’habitude, il semblerait qu’on vienne encore me chercher des noises pour X raison. On ne m’avait pas répondu quand j’avais demandé s’il y avait quelqu’un dans les parages. Le problème, c’était que je n’étais pas assez naïf pour en déduire que c’était une bonne nouvelle. Certes, il était possible que l’absence de réponse signifie la non-présence de danger imminent. Cependant, cela pouvait aussi vouloir dire que la personne qui se cachait ne tenait pas à faire savoir qu’elle était là. Traduction ? Cette personne était déterminée à conserver l’effet de surprise. Mouais, je plaignais vraiment cette personne pour avoir cru ne serait-ce qu’une seconde qu’elle pourrait l’emporter sur moi en terme d’imprévisibilité. El Diablo, c’était moi après tout. Je me devais donc de faire honneur à mon surnom en ruinant totalement les plans de cet individu mystère, voire de ces individus mystères. En faisant savoir à voix haute qu’il suffisait de demander pour me voir nu, j’avais tout à gagner et rien à perdre. Bah oui, s’il n’y avait personne, j’étais gagnant. S’il y avait quelqu’un et que cette personne se faisait remarquer grâce à cette phrase, j’étais là aussi gagnant. S’il y avait quelqu’un, mais que cette personne ne se faisait toujours pas remarquer, je ne perdais rien. En effet, cette phrase en plus ne changerait strictement rien à la situation. Et quand bien même ça ne m’arrangerait pas, ça ne me handicaperait pas davantage au moins.

Ma provocation eût l’effet escompté. Je perçus ce qui ressemblait à un petit rire en provenance d’un arbre se trouvant non loin de ma position. Je ne bougeai pas pour autant. Rien ne me permettait d’affirmer que j’étais en danger ou qu’on cherchait à m’attaquer. De plus, rien ne me garantissait qu’il n’y avait que cette personne dans les parages. En chargeant bêtement, je ne ferais que me rendre vulnérable. La meilleure solution était donc d’attendre. Attendre et voir ce qu’il en était. L’individu qui s’était mis à rire doucement ne tarda pas à perdre le contrôle. Son rire se fit plus bruyant, plus incontrôlable, si incontrôlable d’ailleurs que celui-ci finit par tomber de son arbre ! Il y eût alors un cri, et la seconde d’après j’avais une jeune femme devant moi. Une femme donc. Seule apparemment. Seule dans la plus grande forêt de Fiore ? N’y avait-il pas un petit problème ici ? Elle avait l’air vachement détendue en plus. Suffisamment détendue pour faire comme si de rien n’était et me parler des poissons que j’avais pris la peine de pêcher et de griller pour mon dîner. Yep, il y avait clairement quelque chose qui clochait. D’ailleurs, je n’avais toujours pas bougé de l’endroit où je me trouvais. Cela sentait bien trop le piège à mon goût. Comme vous l’aurez compris, c’était l’absence de danger évident provenant d’elle qui me faisait supposer qu’elle représentait un danger. Bref, il n’y avait rien de paranoïaque dans ce type de raisonnement : il n’y avait rien de plus normal au contraire.

« Du tout, faites comme chez vous. »

Pris-je la peine de lui répondre histoire de ne pas lui donner l’impression que j’étais méfiant. Faire croire que j’étais plus naïf que j’en avais l’air, c’était le meilleur moyen de découvrir ce qu’elle manigançait – dans le cas où elle avait vraiment un plan en tête. Faisant mine de ne plus m’inquiéter, je m’approchais du feu tranquillement et me saisis à mon tour d’un poisson. Tout en grignotant mon poisson qui était grillé comme il le fallait, j’observais cette jeune femme qui était loin d’avoir le physique d’une aventurière. Elle était bien trop fine pour pouvoir survivre seule dans cette forêt d’ailleurs. Le fait qu’elle n’ait pas tout de suite répondu quand j’avais demandé s’il y avait quelqu’un me poussait à penser qu’elle n’était ni stupide, ni naïve : elle savait très bien ce qu’elle faisait en traînant dans cette forêt. Maintenant, elle devait aussi savoir qu’en traversant cette forêt, elle ne pouvait être sûre à 100% qu’elle ne serait pas attaquée par une créature du coin. Conclusion : elle savait se défendre. Bien entendu, il était possible qu’elle soit venue accompagnée mais bon, je préférais me dire qu’elle savait se défendre plutôt que le contraire histoire d’éviter les mauvaises surprises. Au vu de son physique, je supposais que la magie devait être son moyen de défense : c’était l’hypothèse la plus raisonnable. Quant à savoir quel genre de magie elle utilisait, j’avais vraiment la flemme de chercher. Maintenant que j’avais toutes ces suppositions en tête, il était clair que je ne pourrais baisser ma garde tant qu’elle resterait dans les parages.

Elle ne tarda pas à reprendre la parole. Sa remarque me fit sourire car j’avais complètement oublié ce détail sur le coup. Elle prit carrément la peine de rouler mes affaires en boule pour me les balancer. Je rattrapai le tout d’une main et la remerciai avant de placer mon poisson entre mes dents pour pouvoir enfiler mon pantalon. En me rapprochant du feu, j’étais parvenu à sécher un peu, je pouvais donc me rhabiller sans craindre de tremper complètement mes vêtements. Toujours sur mes gardes, je fus soulagé de constater que je n’avais subi aucune attaque pendant que je mettais mon pantalon. Quant à ma chemise, je l’avais enfilé oui, mais je ne l’avais pas boutonné. Je n’en voyais pas l’intérêt pour l’instant. De plus, mieux valait qu’elle reste ainsi ouverte, je pourrais ainsi la retirer en vitesse si le besoin de me transformer se faisait sentir. Je posai quand même mon béret sur ma tête et repris bien sagement la dégustation de mon poisson. Quelques secondes plus tard, je lui jetai un nouveau coup d’œil par-dessus le feu qui nous séparait pour lui faire remarquer quelque chose.

« Donc, si j’ai bien compris, le fait que je sois nu ne vous dérange qu’après avoir été surprise en pleine séance de voyeurisme, c’est ça ? »

A première vue, c’était exactement ça. J’étais arrivé ici il y avait un petit moment déjà. Je ne l’avais pas vu grimpée sur cet arbre ce qui voulait dire qu’elle était dessus avant que je n’arrive. Or, elle ne m’avait pas fait savoir qu’elle était là durant tout le temps où j’avais été là. Elle m’avait donc observé sans éprouver la moindre gêne pendant que je me reposais, pendant que je me déshabillais, que je pêchais, que je cuisinais et que je me baignais ! Et là d’un coup, elle se préoccupait de ma température corporelle ? Bon, je voulais bien être distrait parfois, mais il y avait des limites quand même. Je reconnaissais une voyeuse quand j’en voyais une ! Et elle, avec ses yeux rouges et sa cape de sorcière, c’en était définitivement une ! D’un autre côté, si telle était vraiment son truc, pourquoi s’était-elle mise à rire suite à ma provocation ? Cela n’avait aucun sens. Je me devais donc de trouver une explication à tout ça. En mettant en commun tout ce que j’avais pu observer chez elle, j’étais certain d’en apprendre bien plus sur elle et sa présence en ces lieux. Tout d’abord, il y avait ce petit rire. Après, il y avait cette volonté de masquer sa présence que je n’avais pas compris. Si elle était vraiment innocente, je ne voyais pas l’intérêt à moins bien sûr qu’elle n’ait cherché à se cacher de moi. Si ça se trouvait, elle avait eu peur que je sois dangereux… Instinct de préservation ? C’était plausible. Ensuite, il y avait l’agilité dont elle avait fait preuve pour se rattraper alors qu’elle tombait. Ajouté à tout ça, il y avait aussi le fait qu’elle s’était de suite jetée sur mon dîner pour le piquer comme une voleuse !

« Mais oui ! J’aurais dû le voir tout de suite ! » – déclarai-je tout à coup. Mon regard s’était carrément illuminé alors que je découvrais enfin la vérité sur elle. Me grattant l’arrière de la tête d’une main, je poursuivis d’un air à la fois curieux et impressionné – « Woaw ! Dites-moi, est-ce que tous les Leprechauns parlent le langage des humains ou vous êtes la seule ? »

Vous l’aurez remarqué, ce n’était pas sa taille que je remettais en question ici, c’était bel et bien le fait qu’elle pouvait parler ma langue ! Or, quand on savait qu’un Leprechaun ne mesurait pas plus de vingt centimètres, on pouvait se demander comment je pouvais sérieusement croire que cette femme – qui mesurait plus d’un mètre – en était un ! Pour ma défense, je n’avais jamais vu de Leprechaun de ma vie. Je savais simplement de quoi ils étaient capables (vol, agilité, rires) et qu’on pouvait en trouver dans cette forêt. Jamais il ne m’était venu à l’idée qu’ils étaient généralement bien plus petits que ça. C’était le problème qui se posait quand on tombait toujours sur des créatures plus grandes que soi ! On partait ensuite du principe qu’une petite créature était juste légèrement plus petite que soi… A côté de ça, elle correspondait complètement au profil ! C’était la raison pour laquelle je m’étais gratté l’arrière de la tête d’ailleurs ! J’étais gêné ! Je n’arrivais pas à croire que je m’étais comporté ainsi devant une telle créature ! C’était limite malsain ! Pour moi, ça revenait exactement au même que d’accuser un T-Rex pyromane de voyeurisme ! Cela ne se faisait pas si on tenait un minimum à la vie ! Bon, j’espérais quand même m’être rattrapé en montrant à quel point j’étais impressionné de voir que ce Leprechaun pouvait parler notre langage – à nous les humains. Je ne réalisais pas du tout que j’étais à côté de la plaque, et pourtant la soirée ne faisait que commencer.
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MessageSujet: Re: Bonfire Night [PV: Melodia]   Dim 9 Fév - 5:32


Tobias
Étrange. Ce fut le premier mot qui me vint en tête pour décrire cet énergumène qui se promenait en simple caleçon. Est-ce que tous les aventuriers de la forêt de Waas acceptaient aussi facilement qu'un intrus se jette sur leur poisson ? La réponse la plus probable aurait sans doute été négative. Ce jeune homme semblait pourtant très sain d'esprit pour quelqu'un qui venait de me faire sortir de ma cachette. Certes, ses répliques étaient douteuses, mais il fallait admettre qu'il avait un certain humour. Il m'avait bien fait rire en croyant qu'une dame de ma trempe irait jusqu'à l'observer en douce alors qu'il prenait un bain au pied d'une cascade au milieu d'une forêt pleine de dangers. Il réussit à m'échapper un second rire, d'ailleurs, en me questionnant sur une potentielle séance de voyeurisme. Je ne me considérais point comme une personne perverse dans le sens où je ne m'exaltais pas devant l'apparence physique du sexe opposé. Même s'il possédait un corps qui méritait d'être touché, ce genre d'attention n'était pas de mon ressort, voir que de telles pensées se trouvaient si loin de mes ambitions actuelles que je ne me sentais pas gênée le moins du monde par la scène. C'est ce que ma raison chuchotait et c'est ce que j'essayais de croire.

En effet, il en était tout autre, d'autant plus qu'un regard ardent semblait analyser chacun de mes mouvements, chacune de mes pensées et chacune de mes émotions. Les réactions chimiques qui se produisaient à l'intérieur de moi n'étaient pas les bonnes, d'où mon empressement à lui rendre ses vêtements. S'il comprenait bien le langage féminin, il saurait que cette situation me gênait quelque peu. Évidemment, je ne l'aurais jamais avoué à qui que ce soit, même sous l'effet de la torture. Alors mieux valait paraître insensible et prévenante. Il mettait son pantalon et sa chemise, il se réchauffait, il était un bon garçon. Néanmoins, l'ambiance chaleureuse qui entourait le petit feu de camp avait quelque chose d'irréel. Comme s'il était impossible que je me trouve réellement en compagnie d'un mage officiel à grignoter du poisson grillé. La chair tendre de ce repas n'avait toutefois pas le goût du rêve et la chaleur des flammes était palpable, je ne rêvais donc pas. Alors comment ? Comment une scène pouvait-elle avoir lieu sous les yeux de cette toison étoilée ? Si les autres me voyaient à l'instant, ils me trouveraient indignes d'être mage noire. Peut-être même qu'ils se foutraient de ma gueule. J'aurais dû simplement contrôler ma surprise et rester cachée pour pouvoir mieux tuer le jeune homme. Sa mort aurait ainsi contribué à m'offrir un joli feu et trois poissons. Cela m'étonnait presque que je n'aie pas penser faire pareil plus tôt. Je me disais que les créatures du coin allaient être tentées de s'aventurer là où il y avait de la lumière et de la vie. Voilà pourquoi je me retrouvais assise près de bûches enflammées, les jambes repliées vers ma poitrine et ma tête appuyée sur mes genoux. J'avais chaud, j'étais bien. Je n'avais pas envie de bouger. J'aurais grignoté mon repas en silence indéfiniment si une voix ne s'était pas élevée à ma droite.

Haha. Il avait compris que j'étais mage noir juste en m'observant ? Un coup d'oeil en sa direction et je sus que ce n'était pas ça. Les traits de son visage n'auraient pas été aussi détendus si cela avait été le cas. Au contraire, l'inconnu paraissait impressionné au point de s'en gratter la tête. Étais-je un sujet d'étude si intéressant ? J'avais du mal à y croire. Il allait me sortir un truc louche à coup sûr. Je n'attendais plus que l'instant fatal, cela où j'aurais à le mettre en pièces parce qu'il en savait trop. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu'il me prit littéralement pour un Leprechaun, ces petites créatures mesurant à peine une vingtaine de centimètres et prenant plaisir à voler autrui tout autant que moi. Dit ainsi, il était vrai que j'avais quelques ressemblances avec ce peuple, mais il ne fallait tout de même pas me prendre pour une bête de cirque ! Il était con ou quoi, ce type ? Je ne possédais point le gabarit relatif à un Leprechaun. Cependant, il me fit réaliser quelque chose d'intéressant... est-ce que ces créatures pouvaient parler le langage humain ? Si elles étaient capables d'émettre un rire, elles devaient pouvoir émettre des sons semblables à des mots pour aligner une phrase. C'était mon opinion, mais sur le coup je crus bon d'en faire part à mon interlocuteur.

« Nous p'vons parler. Sauf que y'a très peu d'humains qu'peuvent nous comprendre. »
Oh oui, j'avais envie d'entrer dans le jeu qu'il venait de présenter. Jouer le rôle d'un Leprechaun, ça allait être marrant ! Pour appuyer mes dires, je fis un petit sourire en direction du jeune homme avant de prendre une autre bouchée de mon poisson.

« L'est délishieux vot' poishon ! Ch'fait longtemps queuh vous pêchez ? »
Parler la bouche pleine et savourer son air curieux, la soirée n'aurait pu être plus divertissante. Soudain, je me rappelai les rumeurs qui circulaient sur les Leprechaun. On racontait que chaque créature connaissait l'endroit où était entreposé un chaudron rempli d'or. J'avais drôlement envie d'abuser de la crédulité de ce type pour m'en débarrasser. Prenant une dernière bouchée de mon poisson, je mis mon idée en place.

« Oh oh ! Vous v'lez qu'je vous montre le tréjor ? »
M'exclamai-je avec engouement alors que je pointais le haut de la cascade.

Tobias Grant
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MessageSujet: Re: Bonfire Night [PV: Melodia]   Dim 16 Fév - 15:36
Elle avait de nouveau ri lors de ma seconde remarque sur ses conduites voyeuristes. En même temps, toutes les preuves étaient contre elle puisqu’elle n’avait jamais daigné me faire savoir qu’elle était dans le coin alors que je me promenais en boxer. A côté de ça, elle n’avait pas répondu quand j’avais demandé s’il y avait quelqu’un. Puis, dès lors qu’elle était découverte, elle s’empressait de me rendre mes vêtements comme pour se protéger de ma vision. Yep, il y avait définitivement quelque chose qui clochait avec elle. Ses comportements se contredisaient sans qu’elle ne le réalise. Bon, il était vrai aussi que je me posais beaucoup trop de questions sur des actes qui n’avaient peut-être rien de suspect dans le fond. Si ça se trouvait, j’étais la seule personne à voir autant de significations dans si peu de choses… Si tel était vraiment le cas, mieux valait que je me calme histoire de ne pas passer pour un fou. Cependant, je ne devais pas trop me calmer non plus parce qu’il était toujours possible que je sois dans le vrai. Or, si j’avais raison, cela voulait dire que cette jeune femme représentait un danger pour moi. En attendant d’en savoir plus, je continuerais mes observations tout en mangeant. C’était mes poissons après tout. C’était moi qui les avait pêchés et cuisinés à ma façon. Il était donc normal que je les savoure aussi. Tout en mangeant, je poursuivis mes réflexions et mis en lien tout ce que j’avais pu observer chez elle. J’avais en tête chaque mouvement, chaque parole et chaque son qu’elle avait produit. J’en arrivais alors à la conclusion suivante : elle était un Leprechaun.

Non, ce n’était absolument pas tiré par les cheveux comme raisonnement. Toutes les preuves y étaient. Les rires, le côté pique-assiette, l’agilité dont elle avait fait preuve pour atterrir en tombant de cet arbre, et la petite taille. Il n’y avait qu’un seul argument – que je voyais – contre et c’était son langage. Oui, elle parlait la même langue que moi. Pourtant, je n’avais encore jamais croisé de créatures capables de communiquer ainsi avec les humains. Il y avait des personnes capables de comprendre le langage des diverses créatures du Royaume, mais je n’avais encore jamais assisté à l’inverse. Là, en l’occurrence, j’y assistais. La preuve vivante était là devant moi. Cette Leprechaun pouvait me parler et me comprendre. Je pouvais lui parler et la comprendre. Comment était-ce possible ? Curieux, je lui demandais tout simplement après lui avoir fait savoir que j’avais découvert sa véritable nature. Elle ne parut pas surprise par mon affirmation. Quand bien même elle l’aurait été, elle ne l’avait pas montré en tout cas. J’étais carrément impressionné pour le coup, mais également embarrassé. Comment avais-je pu me permettre de m’adresser ainsi à elle ? Franchement, on n’avait pas idée de traiter une Leprechaun de mateuse ! J’avais complètement perdu la tête en faisant ça ! A croire que je me trouvais si irrésistible que même les créatures se voyaient forcées de baver devant moi… Oui, il me manquait clairement une case ! Une énorme case je dirais même ! J’étais persuadé d’avoir misés juste en tout cas. Mes raisonnements étaient rarement erronés. Par contre, quand ils l’étaient, je me retrouvais complètement à l’ouest !

Apparemment, je ne m’étais pas trompé puisqu’elle venait de me confirmer que son espèce pouvait bel et bien parler. Par contre, d’après elle, il était rare que les humains puissent les comprendre. Cela voulait-il dire que je disposais de quelque chose en plus – comme un sixième sens – qui me permettait de la comprendre aussi aisément ? Possible. Je n’avais jamais vraiment cherché à communiquer avec la faune du Royaume, surtout que j’avais tendance à tomber sur les cas les plus dangereux, soit les moins susceptibles d’accepter de bavarder. C’était donc sympa d’apprendre que j’avais un don pour comprendre, et même reconnaître, les Leprechauns. Elle me sourit alors et repris une bouchée du poisson qu’elle m’avait piqué avant de me complimenter sur mes talents de cuisine et de de pêche. Le premier était sous-entendu puisqu’elle avait dit que mon poisson était délicieux. Je notais au passage qu’elle avait une étrange façon de parler. Cependant, je le mis sur le compte du fait qu’elle n’était pas humaine. Ainsi, il était normal que son langage ne soit pas à 100% identique au mien. Cette nouvelle information me confortait encore plus dans ma conclusion : elle était bien ce que je pensais qu’elle était. Elle ne devait donc pas être dangereuse pour moi. Au fond, je m’étais trompé sur les raisons de sa discrétion : c’était dans sa nature de ne pas se montrer à n’importe qui. En fait, dès le départ, le danger venait de moi et non d’elle. C’était de moi qu’elle avait dû se méfier en me voyant me promener ainsi dans cette forêt en toute insouciance. Elle vivait dans cette forêt elle. Quelque part, c’était moi l’intrus. Rectification, j’étais l’intrus point.

«Oui, ça doit faire au moins 10ans qu’on m’a appris à pêcher. Au début, ça me prenait des heures, mais plus maintenant comme vous avez pu le constater. – lui répondis-je avec un sourire. Je me sentais parfaitement serein maintenant que je savais qu’elle n’était pas une menace du tout. J’ajoutai alors – C’est auprès d’un mage de ma guilde que j’ai appris. Vous connaissez Lamia Scale ? »

Je me sentais si en confiance que je me fichais complètement de lui livrer des informations sur moi. Elle était un Leprechaun, pas un T-Rex Pyromane ni un Scorpilon Fatalis. Je n’avais donc rien à craindre d’une créature pacifique comme elle qui ne cherchait qu’à voler quelques trucs en toute discrétion. Je n’avais rien de valeur sur moi techniquement, mis à part mon béret qui avait une valeur sentimentale à mes yeux. Le truc, c’était qu’elle n’avait aucune raison de s’y intéresser normalement. Il ne brillait pas et elle ne pourrait rien en faire. C’était vraiment rassurant de savoir que je pouvais me détendre et non plus m’attendre à être poignardé dans le dos par des complices sortis de nulle part. Je pouvais enfin souffler. Soupirant de soulagement, je terminai mon premier poisson et attrapai le second pour l’entamer à son tour. Au vu de la taille de celle qui mangeait à mes côtés, j’avais estimé qu’un seul poisson suffirait largement à remplir son estomac. D’ailleurs, je ne l’avais pas entendu ni vu réclamé le dernier. Et si tel avait été son désir, j’étais certain qu’elle l’aurait pris sans se poser de questions. C’était vraiment sympa de manger ainsi avec quelqu’un. J’avais limite oublié à quel point ça pouvait l’être à force de voyager seul pour effectuer mes missions. Certes, je faisais de nombreuses rencontres en chemin mais bon, je prenais rarement le temps de profiter avec eux d’un bon repas autour d’un feu comme je le faisais là.

Malheureusement pour moi, aussitôt après avoir chassé le naturel, celui-ci revint au galop ! J’étais tout bonnement incapable de ne pas sur-interpréter la moindre parole. J’avais beau être convaincu de la nature pacifique de mon interlocutrice au vu du fait qu’elle était une Leprechaun, cette dernière question venait de fissurer cette bonne impression. En effet, j’étais repassé en mode suspicion. Je ne le montrais pas cependant. Je conservais le petit sourire que j’affichais depuis un petit moment déjà. Je n’avais nullement l’intention de lui montrer que la méfiance était de retour et à plein régime ! Je m’étais laissé aller momentanément, mais c’était fini maintenant. Honnêtement, qui proposerait au premier venu de venir voir son trésor ? Pour ma part, je ne voyais personne. Un trésor, c’était personnel et super important. Il était donc capital de garder son emplacement, et même son existence, secrets. Et qu’est-ce qu’elle me sortait elle ? Elle me proposait comme ça, sans même que je ne fasse mention d’un potentiel trésor, de me le montrer. Je voulais bien être insouciant de temps à autre, crédule parfois, voire carrément niais, mais il ne fallait pas me prendre pour un Mad Rabbit non plus !! Là, c’était ce qu’elle semblait faire pourtant ! Et elle pointait le haut de la cascade du doigt en plus. J’avais presque envie de pleurer là, comment avais-je pu croire que ma malédiction ne me frapperait pas ici, dans cette forêt ? J’étais si maudit que j’avais réussi à faire passer un Leprechaun – créature joueuse mais pacifique – du côté obscur de la Magie.

Méfiant ou pas, c’était de ma faute maintenant. Oui, je l’avais affecté par ma présence. Résultat, j’avais éveillé en elle de mauvais désirs, dont celui de s’en prendre à moi depuis le haut de cette cascade. J’en étais certain. Je méritais donc d’en subir les conséquences. Oui, je me devais d’assumer ma malédiction jusqu’au bout. Le Take Over Satan Soul était une magie puissante, mais – d’après moi – elle avait également des effets secondaires. Et ces effets secondaires faisaient que j’attirais les ennuis là où il n’aurait jamais dû y en avoir. L’avantage, c’était que ces ennuis étaient toujours dirigés contre moi, sauf quand j’étais accompagné. Là, j’étais seul, et c’était tant mieux. Je pourrais donc laisser les choses se faire sans avoir à m’inquiéter pour un autre que moi. En guise de réponse donc, je feignis l’enthousiasme en écarquillant les yeux et lui répondis avec un grand sourire.

« J’adorerais ! On y va ! »

Je la suivis alors tranquillement et sans discuter. Intérieurement, je me demandais vraiment ce qui allait m’arriver une fois là-haut. Pourtant, je continuais de suivre sans me plaindre. Avec un peu de chance, le fait de me laisser piéger lèverait la malédiction et la ramènerait du bon côté une fois qu’elle aurait agi contre moi. Vous l’aurez compris, j’étais en plein délire ! Non seulement, je prenais cette humaine pour une Leprechaun, mais en plus je la croyais sous l’emprise de ma malchance ! Autant dire que je devais être le pire cauchemar de tout télépathe bon dans son domaine ! Personne ne devrait avoir à entrer dans ma tête. D’ailleurs, je souhaitais ça pour personne. Avis à tous les télépathes du Royaume donc, n’utilisez jamais vos pouvoirs sur moi. Vous le regretteriez ! Finalement arrivé en haut de la cascade, je me tournai vers celle que je pensais être une Leprechaun et lui demandai alors :

« Alors ? Où est-il ce trésor ? »

Je sentais que j’allais regretter d’assumer mes bêtises.


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Melodia Shūhebi

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MessageSujet: Re: Bonfire Night [PV: Melodia]   Sam 5 Avr - 1:03


Tobias
Il semblait y croire dur comme fer, à mon histoire. Difficile de ne pas en rire lorsqu'on se fait carrément prendre pour une créature magique d'à peine quelques centimètres. Au moins il avait le mérite de me faire passer le temps. Seule à la noirceur lugubre du lieu, ç'aurait été... beaucoup plus amusant. Il m'avait offert ce petit repas très peu équilibré et sophistiqué, il m'avait fait rire, il s'était rhabillé, maintenant il pouvait mourir. Je n'allais pas passer toute la nuit à jaser de trucs et autres avec un pur inconnu. En fait, pas si inconnu puisqu'il était un mage de la guilde de Lamia Scale. Ah cette bonne guilde. Dirigée par nul autre que Johanna, la maîtresse du Temps. Je me serais présentée à sa guilde pour y foutre le bordel juste pour la voir en pleine action ; admettons que personne ne m'aurait mis les menottes avant qu'elle ne débarque. Lamia Scale, ce groupe dont faisait également partie la petite Kalindra. Elle me manquait cette jeune fille... innocente à un point tel qu'elle en était mignonne à croquer ! Je me demandais si elle se portait bien depuis notre dernière rencontre. J'espérais que non. Un esprit aussi simple que le sien se devait d'être complexé par le remord d'être faible, ou mieux, la peur de se faire tirer les cheveux une seconde fois par moi. J'aurais bien pu amener le sujet Kalindra avec cet énergumène, mais je me retins, préférant plutôt exagérer mon hochement de tête pour lui démontrer que je ne connaissais pas cette guilde. Un Leprechaun qui se tenait au courant des évènements d'une guilde officielle éloignée de la disposition de sa forêt, ça aurait ruiné ma couverture.

L'énergumène au béret sembla très enthousiaste par mon idée de lui montrer l'emplacement du « trésor ». À le voir, on aurait juré qu'il partait en expédition pour quelques jours. Trop d'énergie, cela pouvait m'être dangereux si je me le mettais à dos. Je me levai donc de mon siège en bois sur lequel je m'étais assise quelques minutes plus tôt pour déguster mon poisson. Tentant de paraître aussi enthousiaste que mon interlocuteur, je sautillai pour me rendre en haut de la cascade. Tout au long de la marche, je ne cessai un seconde de parler, vantant la magnificence et la beauté de mon trésor. Si ce type me croyait vraiment, il n'allait certainement pas être déçu par la vue ! Je le menai au sommet de la cascade et admirai le paysage nocturne pendant cinq secondes. Il était sublime, surtout avec la faible luminosité du feu de camp qui créait des ombres par-ci par-là. Je serais bien restée immobile encore deux trois heures, à profiter de la quiétude du lieu si ce n'était de l'homme qui se trouvait à mes côtés. Respirant un grand coup, ma poitrine se souleva pour pointer le ciel avant de retomber lentement à sa position d'origine. Un soupir, le dernier.

« R'gardez. »
Je pointai l'horizon avec mon doigt gauche. De ma gestuelle, j'essayai de paraître la Leprechaun la plus sérieuse du monde. Une fois que je sentis que l'on ne me regardait plus, ma main droite se tortilla légèrement pour prendre contrôle du buisson à gauche du monsieur au béret. Hayashi no kugutsu. Tout ce dont j'avais besoin, c'était d'un moment d'inattention de la part du jeune homme. Le moment où ses muscles seraient tellement contractés qu'il ne réussirait même pas à retrouver son équilibre si une main venait à le pousser dans le vide. Il n'y avait rien de bien dangereux en bas de cette cascade, juste de l'eau aussi inoffensive qu'une feuille d'arbre. Sauf que si un gigantesque golem de pierre venait à vous tomber dessus en même temps, la situation deviendrait bien différente. C'est ce que j'entrepris de faire.

Si ce plan fonctionnait, je n'aurais qu'à me laisser tomber avec le golem avant de sauter sur un arbre aux environs. Ma cape ne devait pas être bien loin, je n'aurais qu'à la mettre et je disparaîtrais dans les méandres de la nuit. Pour toujours. Sans même me mouiller les cheveux. En espérant qu'il ne soit pas rancunier ou qu'il n'ait pas trop de bons réflexes, sinon bah... je pratiquerais mon endurance et la technique de la course en forêt la nuit.



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Tobias Grant
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MessageSujet: Re: Bonfire Night [PV: Melodia]   Lun 21 Avr - 21:51
Il était vraiment sympa de pouvoir discuter tranquillement autour d’un feu avec une Leprechaun. Sincèrement, je n’aurais jamais pensé pouvoir un jour bavarder avec une créature du Royaume de Fiore. Après tout, la grande majorité d’entre elles ne pouvait parler, ou plutôt communiquer avec nous autres humains. Certes, j’avais entendu dire que certaines personnes étaient naturellement capables de comprendre et de parler avec les créatures qu’elles croisaient. Le hic, c’était que je ne faisais pas partie de ces personnes. C’était la raison pour laquelle j’étais vraiment content de pouvoir le faire là, avec mon interlocutrice qui parlait manifestement ma langue bien qu’elle ne soit pas humaine. Lorsque je lui avais parlé de Lamia Scale et demandé si elle connaissait cette guilde, elle avait hoché de la tête pour me faire comprendre que sa réponse était négative : elle ne connaissait pas ma guilde. Bon, ce n’était pas si grave que ça. Après tout, ça aurait été bizarre qu’un Leprechaun de la Forêt de Waas soit capable de se renseigner sur les guildes et sur les mages de Fiore. Généralement, les créatures non volantes n’étaient pas du genre à migrer d’une zone à une autre. Ils étaient plutôt du genre à rester vivre au même endroit toute leur vie. Autrement, les chercheurs auraient beaucoup de mal à situer les créatures si celles-ci se déplaçaient constamment selon leur humeur. Bien entendu, ils ne naissaient pas tous au même endroit. On pouvait trouver les mêmes espèces dans différents lieux du pays. Il n’y avait pas qu’une seule forêt, tout comme il n’y avait pas qu’un seul désert, une seule montagne, etc… Bref, tout ça pour dire que je trouvais normal qu’elle ne soit pas informée sur ce qu’il se passait en dehors de cette forêt.

Malheureusement pour moi, j’étais repassé en mode méfiant dès lors qu’elle m’avait invité à voir son trésor. Et une réflexion en entraînant une autre, j’en étais arrivé à la conclusion que c’était de ma faute et que je me devais d’assumer les conséquences de ma malédiction. Je la suivis donc en direction du sommet de la cascade. La voir sautiller comme ça me donnait presque envie de croire que je me trompais et qu’elle avait vraiment juste envie de me montrer son trésor. Ce n’était pas comme si j’étais méchant en plus. D’ailleurs, je n’avais fait qu’être sympa avec elle. Je l’avais laissée manger l’un de mes poissons grillés et on avait un peu bavardé tous les deux. Durant cette conversation, elle avait bien dû voir que je n’étais pas dangereux du tout. Bien au contraire même, j’étais un mec plutôt cool en fait. Ainsi, il était possible que je me sois fait des films encore une fois. Tout en gardant cette éventualité à l’esprit, je restai méfiant tout de même. Mieux valait que je reste sur mes gardes au cas où je ne me tromperais pas. Je serais donc prêt au pire tout en espérant le meilleur. Arrivé en haut, je jouai son jeu et lui demandai où se trouvait son trésor. Je vis alors qu’elle était en train d’admirer le paysage. Je suivis donc son regard et fis de même. Il était vrai qu’il faisait beau ce soir, je comprenais mieux pourquoi elle prenait le temps de l’observer. Sa voix se fit entendre et je regardai aussitôt l’endroit qu’elle m’indiquait. Je ne vis rien d’autre que l’horizon. Était-ce là son trésor ? Cette vue magnifique était-elle ce à quoi elle faisait référence en parlant de son trésor ? Si tel était le cas, je m’étais vraiment méfié pour rien du tout… Légèrement rassuré, je fixai mon regard droit vers l’horizon, oubliant presque le fait que j’étais accompagné d’une Leprechaun.

Soudain, je sentis du mouvement sur ma gauche et me raidis aussitôt. C’était moi ou le buisson était vraiment en train de bouger !? Par réflexe, mes muscles se contractèrent à l’instant même où j’imaginais que j’étais sur le point d’être attaqué. Le problème, c’était que je m’étais préparé à une attaque en provenance de ma gauche. Or, l’offensive en question arriva par derrière. En effet, je fus simplement poussé dans le vide. Une action toute simple, mais ô combien efficace sachant que je ne m’y étais pas du tout attendu à celle-là ! Je ne m’étais donc pas trompé, c’était bien la Leprechaun qui venait de m’attaquer. Elle avait bel et bien été contaminée par ma malédiction qui l’avait rendue maléfique en quelque sorte. Après avoir été poussé, je me laissai donc tomber tranquillement. Je n’avais aucune raison de m’inquiéter puisqu’il y avait de l’eau en dessous et non de la pierre. De plus, je pouvais toujours me transformer et m’envoler si j’avais vraiment peur de me blesser. J’avais dans l’intention de me laisser faire par cette créature. J’avais décidé d’assumer tout ça, non ? Eh ben, ce serait comme ça que j’assumerais, en la laissant me pousser d’une cascade. Franchement, ce n’était rien ça. Elle aurait pu faire bien pire. Ah ? Ce n’était pas terminé apparemment. Yep, j’avais pensé trop vite. Bien sûr que ce n’était pas encore fini. En effet, il me suffit de jeter un petit coup d’œil au-dessus de moi durant ma chute pour voir que je serais forcé de faire un minimum d’effort quand même si je voulais éviter de graves blessures, voire la mort. Ainsi, lorsque je vis ce qui ressemblait à un gros bloc de pierre tomber dans ma direction, j’entrepris de réagir aussi vite que possible afin d’éviter d’être littéralement écrasé par ce machin ! Je retirai en vitesse ma chemise – que j’avais laissée ouverte quand je m’étais rhabillé – et libérai aussitôt ma magie, prenant alors la forme du Démon Amy, l’artificier des enfers.

Déployant mes ailes par la même occasion, je parvins à ralentir ma chute quelques mètres avant d’atterrir dans l’eau. Dans le même temps, je tendis ma main droite droit devant moi en direction de ce truc en pierre qui semblait limite vivant. Hmm… Maintenant que j’y pensais, ça ressemblait énormément aux genres de trucs qu’effectuait Kali lorsqu’elle utilisait la magie. Yep, je ne me trompais pas : c’était bien la magie des pantins ! Bizarre. Vraiment bizarre. Depuis quand les Leprechauns utilisaient-ils autre chose que la Fairy Magic ? Que se passait-il ici ? Soit, j’avais fait la pire déduction de ma vie en prenant une mage pour une Leprechaun, soit il y avait quelqu’un d’autre dans le coin qui m’avait balancé ce monstre de pierre ! La deuxième option était préférable pour moi. Pourquoi ? Question de fierté, c’était aussi simple que ça. Bah oui, il faudrait être complètement stupide pour confondre un mage avec un Leprechaun ! Il était donc évident que je n’avais rien confondu du tout et que c’était bel et bien avec une de ces créatures que j’avais parlé tout ce temps. Conclusion, il y avait quelqu’un d’autre dans le coin. Et ce quelqu’un d’autre cherchait à m’écraser avec sa magie des pantins ! C’était aussi simple que ça. La main toujours tendue, je générais une sphère de feu – avec le Dan En – de taille moyenne dans le but de repousser ce golem. N’ayant pas mis assez de puissance, je parvins juste à le repousser suffisamment pour pouvoir rétablir ma position. Battant des ailes, je maintenais ma position au-dessus de l’eau et reculai juste assez pour laisser au golem la place d’atterrir à son tour. Malheureusement pour lui, il n’avait pas d’ailes. Il tomba donc directement dans l’eau. Juste avant que celui-ci ne tombe à l’eau, je pus voir la Leprechaun – qui s’était installée sur ce truc – bondir de celui-ci pour atteindre un arbre et fuir ensuite. Supposant que j’avais été attaqué par quelqu’un d’autre, je la laissais partir puisque pour moi elle ne faisait que fuir un danger. Pour moi, sa réaction était donc parfaitement naturelle.

Je savais que c’était elle qui m’avait poussé. Cependant, je ne lui en tenais pas rigueur sachant que – d’après moi – j’avais été à l’origine de cette offensive. J’étais persuadé que la malchance, qui me frappait depuis que j’avais assimilé mon premier Démon, était responsable de son passage momentané dans le côté obscur de la Magie. En ce qui concernait sa fuite, je partais du principe qu’elle avait retrouvé sa véritable nature. Il était normal pour une créature de fuir le danger. La lutte n’était choisie que lorsque la fuite était impossible. Là, en l’occurrence, il semblerait que j’étais la cible de cette attaque. Elle avait donc raison de profiter de cette occasion pour s’éloigner le plus possible de la zone. Je comptais me charger de cet assaillant personnellement de toutes les façons. En plus, cet ennemi inconnu utilisait une magie que je connaissais plutôt bien. Le problème, c’était que je ne savais pas du tout où il se trouvait. De plus, il faisait nuit, je n’aurais donc aucun moyen de le trouver avant que le jour ne se lève à moins de foutre le feu à toute la forêt bien sûr. N’ayant nullement de recourir à de telles mesures, le plus simple était de détruire le monstre de pierre pour commencer et d’attendre de voir comment il réagirait ensuite. M’élevant un peu plus dans les airs, je concentrai de nouveau ma magie dans ma main pour produire une nouvelle sphère de feu que je projetai droit sur le golem ! Cette boule était plus grosse que la précédente et parvint à venir définitivement à bout du problème. Entre-temps, la Leprechaun avait complètement disparu. Quant à moi, je m’envolai carrément dans les airs afin d’observer les environs depuis le ciel. Il serait bien plus simple pour moi de trouver cet assaillant comme ça.

Quelques heures plus tard, j’étais de retour au bas de la cascade. J’avais passé une petite partie de ce temps à chercher cette personne en vain depuis les airs, avant de retrouver ma forme humaine pour poursuivre les recherches sur la terre ferme. Malgré tout ce temps passé à le traquer, j’avais été incapable de le retrouver surtout qu’il n’avait plus rien tenté suite à sa première tentative à travers le monstre de pierre. J’en étais arrivé à la conclusion qu’il avait dû fuir. Naturellement, je ne pus m’endormir pour autant. M’attendant à être attaqué à tout moment, je restai éveillé toute la nuit, les oreilles aux aguets. Quand le jour se leva, je récupérai mes affaires et partis en quête d’un endroit plus sûr pour m’installer. Après tout, j’étais venu ici pour m’entraîner à la base.
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Bonfire Night [PV: Melodia]

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