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 Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]

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Sasaki Omura
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MessageSujet: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Sam 29 Déc - 17:32
Ce regard qui se portait par delà la mer, cherchait à échapper à l'odieuse malédiction d'une moire plus infâme qu'elle. Elle sentait son existence approcher de son terme, d'une finitude qui ne saurait être prononcée. Serait-ce la fin de son calvaire, lorsque la faucheuse indicible viendrait la prendre à son tour ? Ou serait-ce une nouvelle ère toujours plus stupéfiante que la mue qui l'avait précédée. Elle n'y songeait guère du reste, des voix lui ayant éclatés le crâne à coup de beaux discours. Leurs harangues si épiques soient-elles ne lui avaient rendu la flamme dévorée. Sa lueur qui reluisait en cet instant, n'était rien de plus que le reflet des myriades d'astres de la ville. Portées jusque sur la grande mare noire, image dont-elle s'éprit bien vite. Se comparant à cette onde paisible sans remous. Mais qui sait ce qui pouvait bien se tapisser là-dessous, une Hydre aurait si vite fait d’émerger et de ravager Carmina. Cette cité aux miles chants l'avait vraisemblablement attiré, tel un marin égaré de sa navigation vers les récifs. Alors la voilà qui demeurait pour le moins paisible. Enivrée de tant de saveurs, qu'elle avait pu s'oublier un peu. La noble bête siégeait sur une haute toiture donnant sur une rue déserte de festival. Tous devaient probablement assister à un concert ou un galas de bourgeoisie. N'en ayant que faire, la Dame Dragon restait le regard perdu sur l'horizon. Invisible par cette nuit que trop sombre, nul clair de lune pour éclairer un voyageur égaré. Du reste elle s'était assurée que personne d'autre quelle ne puisse percer à jour le manteau de la nuit. Ayant brisé, ça et là, dans tout le quartier menant au port, lanternes et lacrymas d'éclairage public (des lampadaires). Pour demeurer invisible à quiconque, pouvant grogner contre la lune si elle venait à la dévoiler. Pour se préserver également à la seule contemplation de l'astre insaisissable.

Soudain elle murmura sa funeste pensée, crachant contre la joie des hommes non loin. Car de son ouie si fine elle percevait un peu ces dires, rires et notes. « Allez viens c'est bientôt la fin ... De ce monde qui n'entend rien ... » La petite rengaine lui trottait souvent et pour une fois qu'elle l'eut laissée évader, elle le fit sans foi ni goût à la chansonnette. Elle qui jadis aimait à faire entendre sa douce voix cristalline et angélique. Son temps semblait révolu. pour qu'alors elle viennent comparaitre devant un bourreau invisible. Mais elle n'irait jamais supplier quiconque. Frappant en foudre du poing sur cette majestueuse toiture. Le subtil fracas de tuiles brisées et enfoncées, quand bien même infime, déchira le silence des grillons. Pour qu'en un dernier soupir grommelé, elle abdique de son trône chauffé. Et d'une démarche incertaine, tanguant vers le précipice de l'autre rive de tuiles, elle vint à s'échouer à nouveau. Le postérieur niché inextrémis sur la fin de la corniche. Les jambes lourdes pendant dans le vide, sans la moindre pulsion machinale. Le détritus se sentit infructueux sur le moment. Incapable de savoir vers quoi porter son adage pernicieux, ses ailes funestes de la perditon. Alors elle ravala sa bile amère pour que ces phares puissent choir des flots inquiétants à la ruelle et aux toits. Ceux-ci forts aguichants une fois la nuit supplantée en ce monde de pleutres. Pour qui sonne le glas viendrait la tempête. A sa pensée, il n'y avait qu'un moyen de rendre un semblant de dignité aux pêcheurs originels. Faisant voleter une griffe dans la froideur de la nuit, elle se la glissa à la poche. Demeurait là une fidèle marque de sa lutte contre la fin. Terré dans le ventre d'une peau de cuir tanné, dans cette sacoche d'écrivain résidait son ultime trésor. Son ouvrage inachevé, un roman au contenu inconnu. Dont la quatrième de couverture se révéla tout à fait banale. Épais feuillage digne des contes des mile et une nuits. Le tout était de savoir son contenu, vierge ou bien remplit ...

Totalement absorbée par sa frêle lecture, ses iris étincelèrent à nouveau. Il fallait croire que ces mémoires romancées avaient le pouvoir de lui rendre son cœur ... « My Diary of Eden. The vestiges of my death love. Where is my place now ? Future is an odd worring ... » Après coup d'y songer, elle referma brutalement son ouvrage. Pour dans sa solitude, le serrer contre sa poitrine. Comme si cet amas sacré de lignes contenait véritablement son cœur. Ainsi sa pulsation cardiaque sembala à peine, loin de frôler la tachycardie. La vérité était que celles qu'elle fut par le passé, avait été sauvegardées à l'intérieur du livre. Par crainte de perdre encore plus sa raison et surtout pas sa mémoire. Voilà sa crainte quant au future qui pourrait révolutionner à nouveau son être. Phénomène qu'elle ne pouvait concevoir qu'en disgrâce nouvelle. C'est alors qu'elle rendit à son ventre de cuir son précieux manuscrit. Pour pencher son buste en arrière et plaquer ses griffes de même manière, sur des tuiles froides. Elle quitta lentement ses facéties, reprenant son attitude ordinaire. Tel un mourant figé dans le temps, son dueil l'ayant diablement achevée jadis. Un semblant de mort imbuvable dans le regard éteint. Celui-ci allant se poser une dernière fois dans la ruelle, devenue malfamée. Mais qu'elle était cette impudente qui s'amènait ? De sa vue perçante elle dénota cette splendeur de feu, une robe (chevelure) rousse flamboyante, bondissant dans les cieux pour les embraser. Sa vision devint un couloir rougeoyant, seule focalisée sur la noblesse s'y aventurant. Son ouie acclimatée d'une frêle enivrence romantique, fit raisonner en elle le bruit de ces pas.

Et comme de juste, d'une vive griffe, elle s’empressa de prendre son petit calepin. De sa plume crayonnée, une simple mine peu grasse, elle transcrivit ces envolées lyriques la submergeant. Paraissant alors toute absorbée en sa tâche, elle se leva de terre pour bondir sur les pavés. Bien sûr après que la jeune femme soit déjà passée, pour l'interpeler à deux pas. Son calepin au crayon accroché, sous la patte. « Pardonnez-moi mademoiselle mais je n'ai pu m'empêcher de vous captiver du regard. Seriez-vous mannequin ? En tout cas vous feriez exquise muse pour quelque autre artiste. Du reste je vous redoublerai la mise en garde que l'on me fit. Le quartier n'est pas sûr ce soir. » Pour paraitre plus sympathique et humaine, elle affichait le rictus de ces bonnes grâces. Passant bien pour une journaliste amateur ou une simple jeune femme attentive à sa plume. Marquée d'une esthétique forte et d'une pointe d'alambisme au cœur de sa démarche. La voici apparue sous un voile despotique de délice. Enfin elle aurait essayé si sa compagnie la rejetait. En ce cas bien précis elle n'aurait d'autre choix que de l'agresser, l'enlever et la séquestrer pour obtenir sa finitude d'inspiration. Avant de l'achever bien entendu. Ainsi la voix tue dans l'ombre, elle attendit premier discours.

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Melodia Shūhebi

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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Ven 4 Jan - 4:28
Sasaki
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La douce quiétude du soir n'était possible à atteindre que par ce dédale de ruelles sombres.
Une jolie promenade au creux de ce trou empli de ténèbres permettait de s'enfuir loin des mélodies rocambolesques, loin des pas de danse, loin de la vie. En ce but, une petite silhouette s'y avançait sur des bottes bien hautes, la démarche confiante. Ses yeux rougeoyants n'arrivaient pas à discerner les objets se trouvant à plus de trois pas, et pourtant ils continuaient de guider la jeune femme vers une destination inconnue. Melodia Shuhebi ne redoutait pas la noirceur ; les ombres immobiles au coin de chaque bâtiment ne lui avaient jamais fait de mal. Ce que les humains qualifiaient comme quelque chose d'«effrayant» se révélait plutôt être tous les secrets qui pouvaient s'y cacher. Le monstre sous le lit des enfants, le couteau dans la poche des assassins, le sadisme en le coeur de certains mages. Il ne fallait pas craindre le noir, mais ce qu'il y avait à l'intérieur.

Continuant de s'aventurer plus profondément en ce monde silencieux, la jeune fille recensait tous les évènements qui s'étaient produits depuis la séparation avec sa génitrice. Elle avait suivi un cours d'eau pour apprendre la confection et l'enchantement d'instruments de musique auprès d'un vieil homme, qui lui avait également appris une deuxième magie. Elle avait traqué les membres de la guilde d'Oracion Seis jusqu'à Hosenka, où elle était repartie bredouille. Elle avait fait la rencontre du Dragon Slayer du Métal sur la plage d'Akane Beach et obtenu une lettre qui l'invitait sur l'île Gehenna. Elle avait voyagé des jours pour rencontrer Nusty Florem et Akira Kain, ce dernier étant le maître de la guilde qu'elle recherchait. Elle était devenue l'un des six généraux et avait débuté son règne en duo. Et quelques jours plus tôt, elle avait tenté de voler la récompense d'un concours de musique tenu à Carmina. Cette ville pleine de bruits et de musiciens, Melodia ne la connaissait que trop. C'était son rêve ; terni et impossible, mais son rêve tout de même. Elle allait jusqu'à se demander si en détruisant le monde, elle ne pourrait pas épargner ce lieu empli de richesses insoupçonnées. La réponse était négative. Rien ne devrait plus exister lorsqu'elle en aurait terminé. Pas même sa propre personne.

Sur ces pensées, la dame chantonnait une petite balade en marchant toujours d'une allure calme. Elle eut cependant tôt fait de remarquer un bruit sourd qui ressemblait étrangement à des tuiles s'écrasant sur le sol en pierre. Quelqu'un s'amusait-il sur les toits des édifices ? Ce devait être de jeunes innocents ou des bandits. Melodia ne s'y intéressa pas plus, même si elle se demanda si les malfaiteurs avaient un lien avec les lampadaires brisés qu'elle avait croisés sur son chemin. La mage noire ne s'inquiétait pas de croiser des bandits, car de toute façon ce serait eux qui seraient les plus terrifiés. Croiser le fer avec elle, ou plutôt croiser son regard méprisant, n'était pas une bonne idée. Néanmoins, une malheureuse entreprit un premier contact.

Melodia ne l'avait pas remarqué, aussi lorsqu'elle l'entendit s'adresser à elle, elle s'arrêta dans son mouvement. Cette étrangère sonnait faux. La sympathie dont elle avait imprégné ses propos lui laissait un arrière-goût amer en bouche. Par ses dires, elle semblait être une journaliste cherchant l'inspiration pour un article intéressant au Sorcerer Magazine. Melodia n'avait aucune envie de s'attarder en ce lieu ni de le traverser en mauvaise compagnie. Se retournant doucement, elle fit un sourire malicieux à l'inconnue.

« Qui vous a permis de m'appeler mademoiselle ? »

Le doute qui suivit cette réplique amena un silence entre les deux jeunes femmes. Melodia put ainsi tenter d'analyser l'apparence de la fille qui se tenait devant elle. Jeunesse et beauté émanaient du visage de la jeune dame, qui paraissait avoir vécu un nombre de printemps identique au sien. Ses habits étaient difficiles à distinguer, leur teinte sombre ne s'agençant que trop bien avec les ténèbres qui les entouraient. Malgré tout, plusieurs rubans blancs laissaient imaginer un corps svelte derrière ce rideau noir. Plus précis encore, un tissu clair mettait l'emphase sur une poitrine bien garnie. Cette fille n'avait pas à chercher un mannequin, elle n'avait qu'à se contempler dans un miroir. Sa taille faisait paraître Melodia un poil plus petite qu'à l'accoutumée. Ce ne fut que lorsque leurs regards se croisèrent que la marionnettiste put donner un nom à cette créature des ténèbres. Maintenant la disparition de la lumière s'expliquait ! Deux perles dorées, un style vestimentaire en contraste, une chevelure atypique et un langage soutenu : le zombie du Tartare.

« Tiens. Serait-ce Darkness's Fangs ? »

Elle avait entendu parler de cette jeune femme aux pupilles d'or, parce qu'en plus d'avoir un caractère singulier, elle était connue comme étant le Dragon Slayer des Ombres. Un pouvoir impressionnant coulant dans les veines de ce corps si chétif. Pour peu, la Shuhebi aurait considéré la mise en garde transmise par la petite dame. Sauf que le danger semblait plutôt émaner de cette même petite dame...




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Sasaki Omura
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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Mer 9 Jan - 12:53
Quelle audace décidément. Voilà une perle rare que venait de rencontrer la Dame Dragon. Enfin rencontrer c'est peu dire. Elle n'avait fait là que provoquer le destin dans sa chute infernale. Pour bousculer cette ravissante créature à la langue empoisonnée. Elle releva la griffe ensérrant son petit bloc note blanc, pour ne serait-ce qu'y gratter deux trois nouvelles envolées tandis que l'autre l'épiait en bête curieuse. Soudain c'est le drame, le choc retentissant dans sa personne creuse. Un tintement qui lui demeura rare de déguster. Navrant, sa muse venait de proférer là un odieux patronyme. Celui la caractérisant pour le sale système humain. Aussi lâchant son doux sourire d'angélique prometteuse, elle plia le buste rotatif. Dans l'idée de fourrer à nouveau son calepin dans son sac en cuir à lanière pour sortir mollement un papier gras. Une feuille d'une envergure saisissante. Pour contempler le papyrus érodé par le temps. Une affiche d'avis de recherche, mandatée à son nom. En d'autres mots d'autres que le Destin, ces grands pontes humains, ces rois de pacotilles, avaient primés sa ravissante tête. Un arbitraire rageant et on ne peut plus exécrable. La laissant montrer les crocs sous ses belles lèvres. « Darkness's Fangs ? Ne proférez plus devant moi ce fétide patronyme, je suis la Dragonne des Ombres Omura Sasaki. Apprenez que j'en suis fière et qu'il pourrait vous en coûter amèrement de me provoquer. » Elle avait jeté à bas ce torchon dégoûtant aux pieds de cette impotente pour croiser les bras et tenter de réfréner son mal-être. Pour éteindre sa lueur de rage dans les yeux et voiler sa dentition sous les traits d'un ange. « Alors qui êtes-vous vous ? Un exécrable maraud assoiffé de justice, voulant ma tête ? Une cervelle pleine de sadisme rangé du même bord, je parle de Baram ? Ou encore un de ces illuminés accusateurs qui ne verra pas cette dernière aube ? »

Elle ne rouvrit qu'un seul œil, sans la moindre méfiance ni malveillance à l'encontre de cette demoiselle. Elle avait toujours ce petit plus attendrissant. Une majesté et une flamme qui la rendait extérieure à la sphère humaine dans ses puits d'or. Alors quoi, l'Omura se ferait-elle de vieux os ? Non que diable, ce cadavre en avait juste assez de la laideur de ces années. Et alors qu'elle attendait de disparaitre, totalement consumé par son brasier impie, elle avait trouvé une flamme à adorer. Une humaine certes, mais une muse avant tout. Et depuis le temps elle avait rangé dans le même sac toute forme de vie. Tous dégoûtants, elle leur en voulait à tous. Ce monde n'avait été que trop loin dans l'abomination. Les humains avaient même avilis ses frères écailleux. Elle s'était navrée de le constaté, elle n'avait donc personne en ce bas monde. Tant mieux, elle n'aurait donc aucune hésitation à le balayer. Soudain sa rêverie l'emportant trop loin elle la chuchotta malgré elle entre ses crocs. « ... Pour que de la ruine monde naisse la splendeur perfectible. Le vent du paradis soufflera à nouveau dans ta robe Lie ... » Et se reprenant, son deuxième iris se rouvrit, l'autre reprenant sa flamme colérique. Elle devait faire vite pour corriger son erreur. Eiryû no Dasshutsu. Alors se tapissant dans le manteau de la nuit sans lune, entre temps des nuages étaient venu exhausser l'oraison de la damnée; elle vint lui tourner autour. L'insaisissable Dame Ombrage dans les ténèbres dansait, pour que ses griffes aillent flirter avec la chair vivace de sa comparse enchanteresse. Son rire porté au murmure du bruissement de feuille pouvait donner une légère amertume à son entente, légèrement parasité par son funèbre éloge. « Je constate que sous ce joli minois de poupée se tapisse une abomination du temps passé, une chose que les hommes semblent avoir oublié. L'odeur de sang souillerait presque cette peau délicate et pourtant vous avez su vous préserver. Quel est donc ce secret d'éternité ? Pourquoi votre beauté n'est elle pourrie ? »

Soudain, comme piqué au vif. Elle stoppa sa fougueuse lancée déplaisante. Cessant de cracher son haleine mortifère dans le cou de la nymphe pour se volatiliser tout simplement. Grognant légèrement sa pensée. « Un vermine approche ... » La mort allait frapper, sous les traits d'un ange, qui se faufilant gracieusement dans cette obscurité, parvint au manant qui traversa à une vingtaine de mètre un nid de verre. S'en plaignant il dévoila sa nature d'homme simplet, un garde peut-être ou tout juste un idiot qui ne craignait pas ce coupe-gorge. Hélas pour ce fieffé sot, elle lui tomba dessus pour l'écraser avec sa force de bête. Son arcane de dissimulation s'était estompée. Enfin c'est vite dit, elle reparut plutôt dans son dos et le projeta à terre pour rouler et se briser les os. Un simple coup de pied pour une précision toujours chirurgicale. Là elle bondit à son chevet, le regard fou pour le saisir à la gorge d'une serre et le soulever hors de terre. Le regard de l'âme perdu devint versatile, tentant de balbutier et d'implorer. Seulement il l'avait reconnu et avait proféré cette horreur de surnom notoire. Pour cela sa sentence fut vivement décochée, sans un mot, la mort le prit. Elle avait enfoncé ses serre dans la gorge pour la broyer et avant que ne retombe sur elle la moindre bouffé de rosé putride, elle l'avait projeté. Jetant ce déchet pour qu'il aille se fracasser à nouveau sur la façade d'une bâtisse endormie. Et lui crachant un regard de misère, elle se rit presque de ce nouveau forfait macabre. Puis s'en lavant les mains elle tendit l’oreille une seconde. Pour finalement susurrer à sa compagne d'infortune. « Derrière toi. C'est à croire que ces larves se sont passé le mot ... » Alors oui des bruits de pas revinrent du port, possiblement un homme saoul, au vu d'un rythme irrégulier de foulements terrestres. Arrivant bientôt dans le dos de l'autre femme, peut-être l'Omura aurait-elle droit à une démonstration sanglante elle aussi ...




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Dernière édition par Sasaki Omura le Sam 4 Mai - 10:23, édité 1 fois
Melodia Shūhebi

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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Dim 13 Jan - 22:11
Sasaki
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Un surnom est une appellation utilisée afin de reconnaître une personne ; doit-on s'affoler pour si peu ? Il semblerait que la dame aux yeux d'or le doive, elle. Dès que ces trois petits mots, que ces trois petites syllabes furent prononcées, le sourire qui éclairait son visage disparut derrière un rideau d'impassibilité. Voilée d'une nouvelle émotion qu'il était possible de prédire comme étant du dégoût, l'inconnue sortit une feuille de papyrus d'un sac qu'elle paraissait porter au niveau du bassin. Le papier, vieilli par le temps, ne devait avoir que très peu d'importance pour la propriétaire qui le contemplait d'un air songeur. Et rageur. L'animosité de son regard fut transférée à ses paroles, fixant l'erreur que Melodia avait osé faire en la nommant d'un surnom qui ne lui plaisait guère. Son identité revenait à deux simples noms : Omura Sasaki ; être humain élevé par le Dragon des Ombres. Peu importait ce que cette dernière pouvait en dire, elle restait une personne aussi mortelle que tous ceux qui vivaient sur cette terre. Elle était loin de prétendre au titre de dragonne, toutefois son caractère en avait quelques traits. Ainsi, plutôt que de répondre directement à la menace la Shuhebi se contenta d'un faible étirement des lèvres.

Cette petite avait une prétention hors du commun qu'elle déguisait en des phrases d'une exquise beauté. Journaliste aurait été un boulot parfait pour elle, jumelant curiosité et créativité. Curiosité parce que là voilà qui posait des questions au sujet de la créature qui se tenait devant elle. De nombreuses questions auxquelles les réponses pouvaient être plus courtes qu'un simple « bonsoir ». Melodia ne résista pas à l'occasion de rendre la situation ambigüe.

« Et si j'tais tout et rien à la fois ? »
L'oeil qui la zieuta semblait avoir dissiper toute méchanceté pour laisser place à ce qui ressemblait étrangement à de la ... curiosité. Entourée du halo rouge vif que formait son cuir chevelu et de yeux malicieux, qui aurait résister à l'envie d'admirer quelques instants cette mystérieuse déesse ? Celle qui possédait un calme olympien, celle qui croisait les bras en une provocation subtile, celle qui désirait s'amuser avec ce nouveau jouet à l'âme violentée.

« Aujourd'hui t'vois l'royaume sombrer dans l'avarice, d'main tu l'verras s'perdre dans le néant. »
L'Enchanteresse était intéressante, mais elle n'arrivait pas à la cheville de la dragonnette. Celle-ci sembla réfléchir aux paroles de son interlocutrice, tellement qu'elle en plongea cinq secondes dans la divagation. De faibles murmures traversèrent les murs de sa bouche, que Melodia ne comprit pas entièrement. Ruine monde ... perfectible ... paradis ... ta robe Lie ... qu'est-ce que cela pouvait bien signifier ? Seule la jeune fille des ténèbres le savait et il sembla lui traverser l'esprit qu'une inconnue l'avait entendue ; et donc savait. Une technique de dissimulation plus tard, il n'y avait que la dame rouge dans la rue. Pourtant un drôle de nuage lui tournait autour tel un prédateur le ferait avec sa proie. Les ténèbres avaient envahi sa vision et elle pouvait presque sentir la caresse du vent sur sa peau. Nulle cicatrice ne parsemait son corps, nulle goutte de sang ne lui tintait les mains. Une beauté satisfaisante et surprenante pour une mage noire oeuvrant toujours pour le compte du revers de la pièce. Des assassinats ? Elle en perpétuait régulièrement, la seule différence avec les autres était qu'elle usait du coeur plutôt que du couteau. C'est ainsi qu'elle préservait son enveloppe corporelle ; en forçant ses pauvres victimes à agir avec humanité. Le secret était bien connu, les sentiments étaient ce qui guidait les choix d'une personne. Et la cupidité des humains allait être ce qui les guiderait vers la destruction.

Cependant, avant que Melodia n'ait pu répondre aux interrogations posées au creux de son oreille, un bruit sourd vint les interrompre. Sasaki grommela un mot qui fit rire la rouquine ; elle détestait vraiment les humains. Il s'agissait d'un garde de la ville, le son de son armure et le tintement de son épée contre sa ceinture le confirmaient. Un innocent qui suivait les ordres d'un gouvernement corrompu, et pour cela il aurait droit à la punition ultime : la mort. La marionnettiste se doutait que la Dragon Slayer le laisse partir sans au moins le faire souffrir. D'ailleurs, cette dernière s'était volatilisée. Loin devant, deux ombres se rencontrèrent. Il suffit d'un simple nom pour rendre le verdict final, la mort qui prit le bonhomme suite à une démonstration d'un grand sadisme. Melodia avait eu la chance de rester vivante après cet affront, mais pas le pauvre homme. La zombie du Tartare ne la traitait donc pas sur le même pied d'égalité que ces bêtes créatures qui peuplaient le monde. Cela fit sourire la dame, qui allait se rapprocher de l'Omura avant d'entendre la phrase qui cherchait à la prévenir. Au milieu des ténèbres, le silence qui régnait avait le pouvoir d'améliorer l'ouïe de tous, ainsi même si elle n'avait pas la capacité exceptionnelle des Chasseurs de Dragons, Melodia entendit les pas irréguliers qui venaient dans son dos. Elle sut que c'était un ivrogne lorsqu'il la percuta et qu'il s'appuya sur ses épaules garder l'équilibre. Curieusement, il ne sembla même pas la remarquer et continua son chemin, sa bouteille vide à la main. Il se serait dirigé vers la dragonne si une paire d'aiguilles ne lui avaient pas tranché la gorge, sectionnant net la trachée et les cordes vocales. D'un air impassible, la tueuse observa le corps tanguer vers l'arrière, avant qu'il ne s'affale sur lui-même. L'alcool était une invention puérile des humains, mais elle aidait à percevoir leur véritable nature : un organisme formé d'une stupidité accrue et réagissant aux pulsions. Si Melodia n'avait pas amené l'homme saoul à éprouver de l'indifférence, il se serait peut-être intéressé de trop près à elle. Les humains ressemblaient beaucoup aux bestioles lorsqu'il buvait de grandes quantités d'alcool. D'une façon, c'était amusant de les voir se ridiculiser ! Et de les voir mourir.

« L'secret d'éternité, donc ? Hm ! Si j'vous l'disais, ça n'en s'rait plus un. Elle agrandit son sourire, contente de pouvoir réengager une conversation avec un être qui semblait avoir des motivations semblables aux siennes. Tout c'dont vous d'vez vous rappeler est ceci : je s'rai la déesse qui détruira c'monde corrompu. De l'intérieur. »

Elle laissa un énième silence plané, avant de reprendre.

« Mon tour à présent. Pourquoi un dragon s'cache-t-il dans les ténèbres ? N'peut-il pas voler ? »



Dernière édition par Melodia Shūhebi le Dim 31 Mar - 3:12, édité 1 fois
Sasaki Omura
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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Jeu 17 Jan - 14:58
La diablesse lui résista. Enfin l'on ne pourrait croire à un interrogatoire de la par de cette dame si sympathique en cette heure. Loin des fers, des geôles et des passages à tabac, l'Omura n'irait pas défigurer cette beauté pour obtenir réponse à ces éloquences. L'idée d'abîmer cette harmonie, glissée entre ces iris de groseilles et cette robe (chevelure) flamboyante, ne lui effleura jamais l'esprit. Invoquant pour cette douceur tordue, le délire de l'artiste enivré par une parfaite muse. La part d'écrivain ravivée des abysses, la jeune créature ne manqua pas une miette de l'autre macabre démonstration. Une véritable beauté fatale, aussi belle que perfide et efficace dans ses machineries infâmes cachées sous sa beauté angélique. Elle en ressorti aussi fraiche que jadis, cette enchanteresse là ne pouvait être souillé de quelque éclaboussure que se soit. Admirable élégance d'une autre faucheuse, elle gagnait des points dans l'estime incompréhensible de la Bête. Celle-ci l'ayant laissée s'avancer à elle, les bras croisés sous sa poitrine pour la toiser. L'air de dire qu'elle en voulais beaucoup plus. Et rien de telle qu'une madone alambique et meurtrière artistique pour stimuler sa créativité. Seulement elle fronça ses sourcils fins et mauves, ainsi que ses paupières puis montra les crocs sur le simple mot décoché de la catégorie divine. Là elle décroisa ses pattes aux griffes un tantinet nerveuses et frétillantes dans le vide. Pour presque adonner en répondant un juste grognement. « M'es indiférent que vous soyez l’engeance de la vermine humaine car je vous vois au delà et appréciable. Cependant même si j'adule cette carcasse de poupée et ces dédains de Moire, je ne peux tolérer que vous empruntiez l'empreinte noble du divin. Pour en avoir côtoyez un de près, le Sky God Leïto Kotoryû, je refuse d'entendre un telle élégie personnelle décochée de la bouche d'un humain. Soyez seulement cette Enchanteresse qui transcande les vers de ce monde, mais n'osez pas vous élever d'avantage et prendre des titres fâcheux. »

Elle aussi se montra bien outrecuidante, elle le savait mais irait jusqu'à la violence pour lui faire entendre raison. Elle prépara même une arcane, prenant une profonde inspiration pour une petite seconde après cracher son souffle draconique noir. Eiryû no Hôkô. Difficile à percevoir en ce manteau d'ombrages de la nuit. Ce torrent de puissance semblant à des flammes qui ne brûlent pas, fusa à la vitesse de l'éclair, d'une bien longe portée autant sur sa trajectoire rectiligne que latérale. En effet plus on s'éloigne de sa source, l’égout doré servant de gueule, plus le souffle prend de l’ampleur. Pourtant elle ne pouvait la rater, ne la voyant que trop bien de sa vision de spectre maraudeur. Alors pourquoi avoir délibérément visé à côté. Tout simplement pour meurtrir sans vergogne un nouvel arrivant qui accourait depuis le port. Ses pas lourds d'homme en armure, assurément un chevalier runique. Ne se relevant pas après l'explosion du souffle, elle en conclut qu'il avait passé l'arme à gauche. Là elle se détendit à nouveau, rivant son regard sur la muse écarlate. Se moquant qu'elle eut été touchée par sa petite rage de l'instant. Au moins elle avait pu voir de ses propres yeux la puissance d'un Dragon. Elle réfléchirait bien à ses paroles futures à présent. Et s'esquissant un sourire peu accueillant, elle prit une bonne impulsion pour bondir dans les cieux. Où elle passa encore pour invisible, enfin presque, l'éclat de ces micro éclairs dorés rebondirent dans les cieux à la manière d'étincelles. « Je suis l’engeance des Ténèbres, je ne suis plus que ténèbres. Je ne m'y cache pas, j'y vit, mon monde est d'ombres, celui des vivants est celui de la lumière. Aussi il y a longtemps que j'eusse porté de bonnes ailes. Aujourd'hui je ne sens plus que cet immonde adage des ailes de la perdition. Celles-ci traitres, elle peuvent me laisser m'écraser d'un coup. Et puisque nous partageons la même ambition à savoir l'épuration de ce monde vomitif, pourquoi ne pas nous entendre ? »

La Dame Dragon s'était posé en sentinelle sur le toit d'une maison, atterrissant en douceur sur ses tuiles. Cependant le boucan de la rue délabrée attira les regards. On vint aux fenêtres, la lumière naquit à nouveau pour percer les ténèbres du faux-bourg. Certains jetant en contre-bas leur affolement, leur stupeur de voir une célébrité mondaine. Ainsi l'Omura apprit de la bouche d'un homme subjuguée, par la beauté de la Reine Ecarlate, son doux nom. Melodia Shūhebi alias Athéna. Donc une mage noire réputée, il ne lui manquait qu'à découvrir son affiliation de guilde, si elle était d'une des trois grandes guildes de l'Alliance Baram, alors elle ne pourrait lui mettre une raclée si elle l'énervait. Pourtant elle sentait qu'elle apaisait son mal-être en donnant toutes ses vérités. Trouvant chez la belle un idéal qu'elle n'était. Une beauté meurtrière mais sans son agonie dévorante. Mais cette Dragonne bornée n'admettrait jamais cette éventualité d'avoir là un désir d'être. Fabulant alors sur son devenir prochain, l'Autre si elle était comme cette femme, Athéna, peut-être qu'elle pourrait achever ses travaux. Se jalousant cette pensée, elle prit le ton de la foudre aux pas étouffés, pour courir sur ses toits et se diriger vers un lieu plus tranquille. « Suis moi Athéna, si tu veux découvrir le moyen de parvenir à tes fin et pour ne pas te faire attraper. » Pour être perçue au milieu des ombres, elle agit en bon phare et guide. Délivrant l'éclat d'une destinée pernicieuse au travers de la luminescence dune pierre. Un fragment de lacryma pur qu'elle avait gardé de son escapade à la mine de Kunugi. Elle se disait en sa chevauchée sauvage, bondissant sur ces toits, que la belle pourrait au moins dénoter cet astre éclatant qui s’enfuyait ...

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Melodia Shūhebi

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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Lun 28 Jan - 0:06
Sasaki
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Quelque chose avait changé ; le regard s'était voilé, laissant l'ombre d'un doute planer au-dessus des têtes des deux demoiselles. Loin derrière le rideau de ténèbres, Melodia ne percevait que les deux billes à la dorure céleste de son interlocutrice, qui dégageaient une impression de mécontentement. Ni les sourcils froncés ni les crocs sortis ne parvinrent jusqu'à la dame toute de rouge vêtue, car elle voyait très mal au milieu de la ruelle sombre. Malgré tout, elle entendait mieux que quiconque les propos énoncés à son égard. Les nombreuses métaphores qu'utilisa la zombie du Tartare ne lui plurent guère, cependant une certaine allégeance semblait se promettre parmi ce flot de paroles pittoresques. Alors la dragonne ne tolérait point l'usage de titres divins chez les humains ? Ou plutôt, elle n'acceptait pas le fait qu'une personne d'origines dites « normales » piétine allègrement sur la descendance des Dieux. Ces derniers avaient disparu depuis bons nombre d'années, abandonnant le peuple inférieur à leurs propres problèmes. Il en était de même pour les dragons. Toutes les créatures mystiques et divines avaient peut-être existé, sauf que leur temps était révolu. Aujourd'hui les Dieux sont les êtres en lesquels la population croit plus que tout, que ce soit en bien ou en mal. Rien d'autre. La Shuhebi pouvait parfaitement prétendre au titre de déesse, puisqu'elle en avait la renommée nécessaire ainsi que l'égocentrisme suffisant pour s'élever sur un piédestal légèrement supérieur aux autres. La mage noire avait une opinion différente de sa consoeur, mais il y avait un danger à argumenter à ce sujet : une aura noire et meurtrière qui commençait lentement à se forger et dont il était presque possible de ressentir le potentiel magique. Par réflexe, Melodia s'éloigna jusqu'à trébucher sur un objet métallique à l'odeur peu alléchante. La vision emplie uniquement de noir, elle n'avait pas remarqué la petite poubelle qui traînait sur le chemin de pierre. Elle eut tout juste le temps de tomber vers l'arrière qu'un souffle opaque et tranchant lui effleura le crâne, ébouriffant ses cheveux au passage. Elle venait de faire l'objet d'une attaque de Dragon Slayer dont le pouvoir destructeur ne pouvait être pris à la légère.

La rouquine se surprit à penser que sa position actuelle, autant que sa peur transcendée en de faibles tremblements, n'était pas digne d'une déesse. Ce qui la ramena brusquement à soulever moult questionnements sur un propos lancé par cette Sasaki Omura un peu plus tôt. Sky God, une magie qui lui sonnait étrangère malgré que le nom associé lui dît vaguement quelque chose. De ce qu'elle savait, Leīto Kotoryū était une figure montante de la guilde Grimoire Heart, connu pour posséder une magie rare et puissante. De ce qu'elle avait vu, ce type était doté d'un tempérament taciturne et de capacités de soins remarquables. Peut-être que si elle avait appris un ou deux sorts de soutien également, elle ne se serait pas éraflé le pourtour des mains sur le parterre sale. Cette magie des cieux, elle ne devait pas seulement être liée à celle beaucoup plus élémentaire qu'était le contrôle des vents. Soigner les blessures physiques était don d'une extrême rareté que seuls quelques mages possédaient, raison pour laquelle Nusty Florem était précieux pour Oracion Seis. Le maître connaissait la capacité spéciale du Vampyr, étant l'unique général à détenir un pouvoir de guérison ; bien que la façon de s'y prendre était totalement dégoûtante, rien de semblable à la démonstration qu'elle avait observée à Hosenka.

Melodia se gardait une petite réflexion sur le sujet, elle pourrait y réfléchir une autre fois parce qu'un Chevalier Runique semblait avoir quitté le monde des vivants suite au cri de mort qu'il avait poussé. La jeune femme conclut que Darkness's Fangs ne l'avait pas visée personnellement, mais elle s'était bien fichée de la voir cramer au milieu des flammes obscures. Joli caractère. Il ne fallait pas s'attendre à un traitement de faveur de la part de la criminelle, toutefois il aurait été apprécié qu'elle prévienne avant d'agir. On pouvait laver des mains et peigner des cheveux, la vie, elle, était impossible à redonner. Sur ce dernier point, la marionnettiste se faisait un devoir de contrôler la colère qui l'animait puisqu'en plus de s'en prendre à sa magnifique chevelure, la dragonne avait porté atteinte à sa survie afin de lui transmettre l'ultime message de ne jamais chercher à discuter du sujet de la divinité. Un moyen tout aussi efficace que celui de convaincre un enfant d'enlever sa main d'une plaque chauffante de cuisine. Melodia ne reviendrait pas sur le surnom qu'elle portait, au contraire elle tenterait de mieux maîtriser son vocabulaire et écouterait la dame des ténèbres avec un respect feint. Il n'y avait aucun dragon dans les environs, seulement il était préférable d'éviter la fureur de Sasaki Omura. Ce qui commençait par une tentative de compréhension de sa petite personne. Qui était-elle ? Une morte-vivante. Elle le décrétait elle-même sans remords, comme si cela eût été logique. Une fille déchirée par les évènements de son passé, voilà en d'autres termes ce qu'elle était. Elle portait le fardeau des ailes de la perdition, semblait-il. Détester la race humaine au point de la traiter en vermine et vouloir en détruire toute forme quelconque, cela caractérisait bien une vie emplie d'horribles tortures mentales. Décidément, l'Enchanteresse était tombée sur la perle parfaite pour cette rencontre aux allures de bataille, où les sentiments représenteraient les pièces sur son échiquier et où Sasaki serait le Roi qu'elle devait faire tomber, ou le Roi qui la ferait tomber.

Pourquoi ne pas nous entendre ? s'entendit-elle murmurer. Cette question la prenait au dépourvu plus qu'elle n'aurait osé le croire. Melodia n'avait jamais réfléchi, en tissant son plan de destruction du monde jour après jour, à s'allier avec des personnes autres que les membres de sa guilde. L'Alliance Baram était un pacte de non-agression plus qu'une alliance, mais n'était-il destiné à n'être que cela ? Un pauvre triangle faible reliant trois guildes noires qui resteraient toujours cachées parce qu'elles ne pourraient pas prendre le contrôle sur les mages officiels ni les civils de bonne foi. Un autre débat à mettre de côté, malheureusement ! Le bruit amené par le dernier meurtre perpétré avait suffi à réveiller quelques maisons dont les lumières intérieures s'allumaient déjà. La mage noire s'était relevée et époussetée depuis un petit moment lorsque les regards la reconnurent enfin. En réponse aux nombreuses rumeurs qui fusaient en sa direction, elle décida de se la jouer théâtrale et fit une jolie révérence au milieu de la rue. À tous ceux qui la contemplaient, elle leur assurait d'un sourire impeccable que son ombre veillerait éternellement sur eux afin de les punir de leur humanité. Laissant une poubelle au contenu étalé sur le sol ainsi que trois cadavres, elle prit sur ses meilleures aptitudes physiques pour grimper sur le toit d'une maison en des gestes qu'elle aurait imaginés élégants mais qui ne l'étaient pas du tout. Suivre le conseil d'une mage noire ? Mauvaise idée. Suivre le conseil d'une dame qui avait eu la délicatesse de l'appeler par son surnom et qui lui promettait une réponse ? Bonne idée. Elle se retrouva donc à courir sur les toits, comme elle l'avait fait des années plus tôt avec son frère. Carmina, cette ville pleine de musiques et de souvenirs... finalement, ce devait peut-être être le premier endroit à disparaître sur la carte.

Le souffle devenu court et quelques gouttes de sueur perchées sur la peau, Melodia tentait de suivre le rythme d'une course effrénée. La dame devait bien avouer qu'elle avait de la difficulté à suivre la lueur cristallisée qui vacillait devant elle, n'ayant pas une condition physique très développée. Lorsque les deux jeunes femmes furent suffisamment loin de toute l'agitation de la ruelle, celle qui dominait la marche s'arrêta et sa poursuivante put enfin la rejoindre. Cette dernière nécessita une vingtaine de secondes pour reprendre une respiration normale, mais une fois que ce fut fait, elle réussit à reconnaître l'endroit dans lequel elle se trouvait. Il s'agissait d'un vieil entrepôt à l'écart du quartier ouvrier ; de la rouille parsemait le toit et les murs en métal, mais il ne devait y avoir aucune bête vivant à l'intérieur. Au loin, on apercevait l'opéra de Carmina, rayonnante de mille et une lumières. Le silence des alentours offrait une ambiance tranquille et propice à la discussion.

« Dis-moi, Sasaki Omura... qu'entendais-tu par l'moyen d'parvenir à mes fins ? »

La jeune femme préférait oublier les évènements survenus plus tôt, parce que remettre le sujet sur la table n'aiderait en rien au développement d'une relation saine avec la Dragon Slayer. Melodia voulait découvrir l'histoire de la dragonne, ce qui se cachait derrière son caractère mélancolique et les raisons qui la poussaient à haïr profondément la race humaine. Cependant, la prétendue Athéna était également intéressée à connaître le moyen que lui proposerait Sasaki pour réduire la vermine à néant.



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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Mar 29 Jan - 22:13
Un silence de mort s'était abattu sur la place. Noyée dans la brume qui flottait en ces vieilles taules, elle tenta de prendre appuis contre une poutre miteuse. Un filet de sang s'évadant de ses lèvres. Des gouttes putrides ruisselant sur son faciès pour venir entacher sa poitrine sous le tissus. D'autres s'éclatant à terre poussiéreuse, sans le voir Athéna pouvait certainement percevoir ce bruit distinct. Comme une fuite du robinet allant à intervalle régulier frapper le fond de levier en fer. Ceci produisant en cette lande fantomatique, un fracas dérangeant. Sa carcasse pourrie commençait à la trahir, ses forces l'abandonnant encore. Elle se retourna dans la nuit, choquant son dos au bois crachant. Pour se laisser glisser et s'affaler toute épuisée d'un mal inconnu. Laissant ses jambes molles trainer là sur le sol, de même que l'un des ses bras alla les rejoindre, dans la poussière. L'autre, bien cachée dans la brume la dévorant, elle vint se toucher les lèvres. Frémissant en sachant son heure venue, sa vue allait en déclinaison. Et sa griffe traitre, lui écorchant la lèvre déjà sanglante, alla se briser au plus bas, sur la pierre. Si ele avait écouté son interlocutrice, elle voulut lui livrer plus de réponses que la belle muse ne lui aurait posé de questions. Alors lui soufflant d'un timbre de mourant d'approcher, sa dépouille ne pouvant plus l'effrayer en reposant sous la brume. Elle parvint à extraire un papier jaunâtre de son ventre de cuir, une note fort intrigante. Une écriture pourpre et un doigté de maître de plume. Peut-être Athéna se demanderait-elle si ces envolées étaient de l'Omura. Mystère truculent qu'elle pourrait emporter avec elle. Dans la froideur des Ténèbres, en une tombe où elle rejoindrait deux autres vies. S’imaginant une colline verdoyante et fleurie, nue juste pour elles et lui. Pour reposer ensemble et attendre patiemment que l'Autre ne vienne les rejoindre et achever cette malédiction. Ainsi jeta-elle la feuille volante devant elle, celle-ci allant se poser sur le sol légèrement brumeux. Sous une lueur d'éclairage inopiné. Une vieille lampe que l'on aura trouvée et ravivée. « Le secret pour perdurer et grandir c'est la Haine ... Un poison vorace dévorant de l'intérieur son maître pour lui offrir force et nouveau but d'une vie laminée ... Lis et tu comprendras tout ... La réalité et la fiction sont autant vivables et réelles ... Si l'une m'a tout pris, l'autre me garde ces ruines ... »

Extrait du Diary of Eden, The rampage nightmare.

« La nuit s'annonçait longue et difficile, pour elle comme pour le bourg. Celui-ci assourdit, chacun s'eut terré dans un silence de mort. Moult ouïes éclatées par un cri d'horreur. En ce sacro saint jour de dimanche l'on avait subit la plus grande déchirure ...

Au petit matin de ce jour, l'attente de la fiancée s'acheva. A l'horizon été parut l'objet de son adoration. Arrachant Lieselotte à son arbre, ses sabots enracinés se soulevant, elle fondit au cavalier dans le soleil. Hélas ce n'était là qu'un mirage. Celui-ci envolé, sa toile d'espérance se déchira. Elle compris tout et trébucha sur un cailloux. Ses lèvres froides allant embrasser la terre, y fracassant son corps de verre. Elle se mit à trembler comme la poiscaille échouée sur le rivage. Mais ce cachalot là était plus dans une convulsion violente, suite à une frappe psychologique la rendant amorphe. Des cascades lui noyèrent le visage boueux, tandis que des rivières pourpres lui crevaient le cœur. Un immense marcheur vint à lui faire grand ombre. Un pas lourd foulant la terre, faisant sautiller les cailloux du sentier. Un fort masticage et un soupir lourd la figea. C'était un cheval de guerre. Tirant une charrette, lui apportant sa désolation. Le cavalier en bon prince, vint la ramasser et la soutenir. Et l'épauler pour affronter cette épreuve. Elle put alors fondre en larme et hurler pour la seconde fois. Puisque sa fausse couche l'eut foudroyée en plein vol. La dépouille de son aimé, le sieur Velad lui fut rendue. Le cadavre éventré avait été glorifié et nettoyé avant de venir ici. Pour que son dernier voyage soit célébré par sa femme, à son dernier vœu elle fit supplique, d'avoir des noces funèbres. Hélas son souffle s'était perdu, elle était seule sans force. Accablée mortellement, ne voulant plus que le trépas pour union ...

La veuve épleurée veilla le mort puissant, lui allongé sur leur lit conjugal devenu lit de mort, elle à son chevet. Ses genoux brisés au plancher, l’angélique sans halo ni lumière semblait éteinte. Des formes creusent rongeant sa beauté d’antan. Sous sa nuisette transparente, l'on pouvait tout voir. Tout déplorer et se navrer de cette perte de radiance. Elle n'était plus qu'un morceau de viande, la peau tendre avait moisie, la bonne chair s'était enlaidie. La nuit devint éternelle dans ses yeux devenus aveugles. Les ténèbres s'engouffrèrent dans son cœur pour la dévorer toute entière. Le mal pénétrant sa pureté, souillant son innocence et s’immisçant dans ces viscères pour la faire pourrir. Elle subit les pires vomissements, autant de sang que de glaires. Pour inonder la chambre et y mijoter. De ses dernières forces elle parvint à se désembourber. Pour se hisser sur le lit. Allant se lover à son cher et tendre, tout aussi froid qu'elle, et ainsi l'épouser une ultime fois. Se glissant sous ses draps pour lui dérober un baiser si longtemps désiré. Quoique putride et mortifère sur l'instant, elle ferma les yeux pour s'éteindre à ses côtés. Main dans la main elle l'eut rejoint, le sourire aux lèvres. Le sort en était jeté ...

Le cœur de la beauté dépouillée s'arrêta de battre quelques secondes paraissant éternité fracassante. Un nouveau souffle s'éleva de ses entrailles, le souffle des ténèbres. Ces iris dorés se rouvrirent sur un ton sans étincelle. De son égout doré s'éleva un murmure monstrueux, une malédiction. Cette oraison d'outre-tombe devint un commandement impérial. La carcasse se détacha alors de l'époux, pour le laisser reposer en paix. Comme sortie d'un oeuf, la couche nuptiale, pour aller patauger dans la mare. Elle traina les pieds dans cette mixture nauséeuse puis releva les yeux vers les poutre du toit. Soudain émergea un hurlement strident, cri plus atroce encore que tout précédent. Ce hurlement fut si puissant qu'il fit voler en éclat les carreaux des fenêtres. La bâtisse elle-même frémit de terreur. L'effroyable cri de la Banshee acheva les noces funèbres. Ce fut la naissance d'un avatar démoniaque, l'Omura, forte de ces pouvoirs draconiques retrouvés, s'en irait décimer ses concitoyens ...

Une ère de ténèbres s'abattit, une brume malfaisante jetant le voile sur une nuit inoubliable. Tant par l'horreur qu'elle eut inspirée, que par le maléfice qui fut à l’œuvre. Si l'on se massait aux fenêtres pour la voir, on frémit à sa suite. Le murmure d'une peur sans nom ni visage. Une créature aux airs de cadavre se trainant dans la rue, toute crasseuse et souillée de sang. Son sang, Lieselotte n'était plus, un démon s'était emparé de son corps. Lui commandant de s'évader du bourg. Tout de blanc paré, ce cavalier apparu comme un spectre vengeur. Venant l'enlever sans la moindre résistance. L’emmenant à sa dernière demeure, une tombe où elle vomirait son âme pour s'offirir aux Ténèbres. Célébrant alors, en un cri toujours plus atroce, le soulèvement d'une malédiction. Qui bientôt frapperait la terre entière. Voici le fléau, voilà l'Omura qui sur l'autel de sa perdition échange son humanité contre le pouvoir d'une bête hideuse. Se recouvrant d'écailles, celle-ci se métamorphoserait pour qu'une aube rouge se lève en ces terres ... »


Pendant ce temps de lecture, la belle fut prise de convulsions étouffées. Une griffe vint se loger à sa poitrine. Appuyant fortement pour réprimer son malaise. Du sang s'évadant toujours plus de sa bouche, si peu mais lui offrant les prémices d'une douloureuse fin. Puis un première douleur énorme vint la faire trésaille. Comme si une chose voulait sortir d'elle, faire éclater son cœur déjà enserré d'une étreinte funeste. Comme si une bête voulait lui percer de l'intérieur la cage thoracique. Elle déglutit cette fois devant elle, toussant fortement dans l'acte. Pour se reposer en arrière, retombant lourdement contre la poutre et haleter. « Fuis Athéna ... Elle arrive ... Les Ténèbres arrivent ... » Sa vision devint flou, elle verrait presque ce cavalier cauchemardesque de sa fiction venir la prendre ...

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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Lun 4 Fév - 4:49
Sasaki
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Toute histoire avait une fin, qu'elle fût bonne ou mauvaise.
Celle du monde en aurait une à la hauteur de ses péchés, Melodia allait s'en assurer.
Détruire les zestes de ce royaume humain et par conséquent corrompu, chaque habitant le ferait un jour ou l'autre, petit à petit. Ce n'était qu'une question de temps. Malheureusement, les minuscules perles du sablier ne s'écoulaient pas assez vite, voyant par là même la naissance de personnages à la volonté sombre et sinueuse désirant plus que tout provoquer le déclin de Fiore. En faisait partie la dame connue sous le nom d'Athéna, au même titre qu'un nombre incalculable de gens tombés au seuil du désespoir. Raser les brins d'herbe, enflammer les forêts, couper les têtes dirigeantes du Conseil... il existait tellement de moyens pour planifier une fin du monde quelconque mais abominable. Melodia s'était toujours demandé lequel elle choisirait et lequel réussirait. Peut-être qu'un jour prochain, elle verrait le fruit de ses manipulations, assise derrière le rideau de sang qui s'amoncellerait en un seul fleuve écarlate ; alors la dernière goutte de sang versée serait la sienne.

En voilà que de sombres pensées qui martelaient la tête de la jeune femme, et pourtant elles étaient porteuses d'espoir. Celui de voir un rêve se réaliser, d'assister à la conclusion d'une pièce de théâtre à laquelle on avait accordé la majeure partie de sa vie à en faire l'écriture. Ce qui pouvait conduire les gens à acheter un tel billet de spectacle ? La haine. La vraie et pure haine envers le monde, autrement dit les hommes, les femmes et les enfants. Ces derniers étaient responsables de la génération présente, dont les actions avaient conduit vers une époque plus chaotique. Mais plus que la haine, c'était les sentiments qui poussaient les humains à anéantir toute forme de vie, comme ils les poussaient à la créer. Cercle vicieux ou heureux hasard ? Tout dépendait du point de vue. Par contre, la seule chose dont on pouvait être sûr était que la mort attendait chaque bambin au bout du tunnel. En ce sens, il était possible de dire que la vie n'avait qu'un objectif : préparer la mort.

S'il fallait y réfléchir, Melodia ne saisissait point l'intérêt de lire une page jaunie d'un journal intime. Comment une encre pourpre pouvait lui faire comprendre quoi que ce soit ? Quand bien même l'écriture s'alignait joliment sur le papier pour former le fragment d'un passé oublié, ces mots n'appartenaient qu'au registre d'une inconnue à l'état déplorable. Les filets de liquide rougeâtre éparpillés sur le sol poussiéreux et la robe en tissus noirs flanqués de part et d'autre du corps frêle de la jeune fille lui enlevaient toute la prestance dont elle avait fait preuve un peu plus tôt. Sa crédibilité en tant que dragonne en prenait un coup, car il était impensable qu'un être portant un tel pouvoir puisse paraître si vulnérable. Les ténèbres pouvaient la cacher, la ronger ou la nourrir, le résultat final n'en resterait pas moins affreux. Ce qui avait enclenché cette subite maladie avait cependant eu le mérite d'attirer la curiosité d'Athéna, qui se mit à lire le texte à la lueur d'une vieille lanterne. Au fil de la lecture, son visage transfigurait l'émotion sensiblement présente au sein de la page. Il s'agissait d'une autobiographie remaniée à la façon d'un conte, où par malheur il n'y avait aucune fée ; seulement la dure réalité.

En résumé, le texte relatait la dernière nuit d'une fiancée en attente du retour de son amant. Celui-ci avait été jouir de la guerre, parmi un escadron de guerriers qui avaient douloureusement assisté à sa mort. Revenu au village dans son plus bel ensemble, il semblait avoir célébré un mariage funeste avec la jeune fille de ses rêves, sur un lit froid et morne. Des phrases si belles racontaient un destin si tragique. Il y avait un certain talent d'écrivain entre les lignes que Melodia pouvait lire, un talent précieux qui conservait les souvenirs de l'existence d'une humaine. La mage noire comprenait maintenant la coupure bien évidente que la Dragon Slayer s'obligeait à mettre entre elle et les autres ; elle était devenue une bête ayant perdu toute envie de vivre, forcée à offrir son âme charitable en échange d'une puissance monstrueuse consumée uniquement par la haine. Son humanité avait disparu, bien qu'il en restât quelques fragments dispersés ici et là sans lesquels la dame des ténèbres n'aurait pu survivre dans ce monde infesté des pires maladies, des pires vices. Mais se lancer dans de nouveaux discours philosophiques n'était plus au menu, car il était l'heure de retourner à la réalité.

À travers l'obscurité, le regard d'Athéna perçut de légers mouvements devant elle. La bête semblait s'activer de façon bruyante, du moins en comparaison à l'atmosphère silencieuse qui les entourait. Qu'est-ce qui pouvait la faire réagir ainsi ? Il était impensable que sa condition physique eût été affectée par la petite course sur les toits puisqu'une dragonne de sa vigueur devait largement dépasser le niveau de Melodia, femme très peu active. Cette dernière n'avait couru qu'en de rares occasions, qui pouvaient sûrement se compter sur les doigts de la main. Se justifier par des situations « urgentes » tel qu'un fou qui prépare un lancé de dagues, voilà une bonne raison pour prendre la poudre d'escampette. Dans ce cas-ci, seule la curiosité poussait la dame en rouge à s'approcher de la créature de l'ombre. S'agenouillant à quelques centimètres près, elle cherchait des yeux les deux prunelles dorées qui l'avaient affrontée un peu plus tôt afin d'en découvrir les secrets. Savoir ce qui se passait à l'intérieur, dans le coeur presque broyé par l'étreinte de la jeune fille. Comme si elle allait fuir cette perle bouillonnante qui s'ouvrait gentiment à elle ! Melodia le pressentait : si elle partait, elle manquerait un spectacle important. Téméraire ou bienveillante ? Impossible de le deviner, même avec le faible sourire éclairant son doux visage.
« Yorokobi. »
Elle désirait voir comment la bête réagirait si l'on exigeait à son coeur de ressentir de la joie. Jouer avec les gens avait toujours été le boulot de Melodia et ce n'était pas parce qu'une dragonne avait des motivations identiques aux siennes qu'elle allait arrêter son jeu. Au contraire, la manipuler se révélerait assurément avantageux, si toutefois elle se laissait emprisonner par les toiles de la Shuhebi. Plus les secondes s'écoulaient, plus l'Omura devenait étrange, comme si une autre personne prenait possession de son corps. Les changements se voyaient presque à vue d'oeil. Melodia était sceptique et repensait à la précaution orale qu'on lui avait faite. Si les Ténèbres arrivaient vraiment, alors il fallait leur offrir un éveil digne de ce nom ! Prudence et respect, serait-ce suffisant ?

« Dis-moi ... si nous f'sions les présentations à nouveau ? »

Premier pas : définir l'identité de l'interlocutrice. Tout portait à croire qu'une double personnalité avait fait surface en la personne de Sasaki Omura, et pour s'en assurer il fallait se présenter.

« J'suis Athéna, enchant'resse de Fiore au service du mal. J'me d'mandais ce qu'une jolie fleur comme toi f'sait ici. Aurais-tu b'soin d'un enchantement ma belle ? »
Deuxième étape : connaître les raisons de la présence de l'interlocutrice. Si elle se souvenait de Melodia, cela confirmerait le plan délicat que préparait la rouquine, soit celui de cogner fermement la tête de la fille contre la poutre pour la faire tomber dans les pommes. Ainsi elle n'aurait aucunement besoin d'expliquer son attitude de vieille grand-mère. Inversement, si Sasaki avait compris - même avec un esprit légèrement embrouillé- les paroles sans se rappeler celle qui les avait dites, il n'y avait pas de meilleures conditions pour débuter la manipulation ! D'une façon ou d'une autre, Melodia Shuhebi allait confronter cette nouvelle ombre et tenter de l'apprivoiser. Que la fin en soit bonne ou mauvaise.




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Sasaki Omura
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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Mar 12 Fév - 13:42
A la levée du linceul du mensonge, un condor se penche à cette carcasse. Le royal charognard désire d'une soif inextinguible le voir ... Cet avènement abominable qui se trame. Qu'importe la mise en garde, l'Omura craint de ne voir déchiqueté cette enchanteresse si belle encore. Elle portait en regret, nourrissant la fable d'une décapitation sanglante, celle de la muse. Qu'adviendra t'il de cette inconsciente ? L'Omura ne peut que laisser frémir ses lèvres à sa pensée moribonde, la discorde ou le carnage. Elle craint l’ascension d'une bouchère pire encore, un Dragon sans visage dépeçant ses frères et toute chose. Une bête chaotique comme ce Dragon légendaire et tristement connu comme étant le Destructeur, un petit Acnologia. Elle n'ose rien, juste à se pencher sur cette dépouille. Cette mortelle que trop arrogante essuiera le courroux du malin. En attendant, la poitrine de la belle agonisante se soulève, toujours plus éprouvante. L'haleine fétide, au rythme saccadé, des gouttelettes d'une sanglante rosée venant à s'élancer dans le vide. Comme ces astres qui font félonie au cosmos, elle voit s'échapper ses forces. Soudain, il prit un petit temps à s'exalter celui-la, un sourire s'étire contre son gré. Une saveur morte lui laboure les tripes et l'envahit tel une décharge. Elle frissonna à son malheur que plus infâme, sous le coup de cette soudaine joie elle souffrit tellement plus. Gémissant en se mordant la lèvre de ses crocs de smilodon. Faisant ruisseler nouvelle rivière pourpre éparse. Dans son esprit un écho impur se relançât en boucle, celui du frottement d'écailles contre des fers rouillés, la véritable Bête se débattait comme un beau diable pour faire exploser sa prison et enfin débrider sa réelle puissance et instinct furieux. Ainsi l'on pouvait dire que l'Autre, Bakusui Kemono la bête endormie était le vrai Dragon mais aussi l'entité la plus ancienne créchant en un cachot inaccessible. Un martellement que trop puissant l’assomma, lui fracassant le crâne, une chimère d evie bien entendu. La faisant taire, ce sal porc couinant. Sa tête tomba lourdement en avant, plus aucun spasme. L'Omura sembla s'être enfin éteinte. Son esprit creux buvant les grotesque dires de la sirène. Soudain, lorsque cette dernière eut fini, une brutalité molle déchira ce silence enivrant et doux. Un revers de poing dans la face pour faire tomber cette idiote et l'écarter de son désir pernicieux.

The Nightmare Rampage ! (play list)

Proférant en juste retour un murmure, d'une voix faible et aride, se déchirant les cordes vocales pour presque crier. « Misérable cancrelat je t'ai dit de déguerpir ! Soit si tu veux donc mourir, admire le sacre hérétique d'une horreur sans visage ... » Elle prolongea l’effort sur-humain, n'ont pas qu'elle n'avait pas cette force, sa psyché était juste malmené, son cerveau subissant une illusion tellement cru qu'elle s'exécuta. Sinon elle serait pleine de vie, mais le cerveau lui croyait vraiment à cette mort alors la vécue pour la satisfaire. Elle se jeta en avant, allant presque embrasser la terre, fracassée à quatre pattes dans la brume. Sa traine mauvâtre laissant ruisseler ses dernières boucles d'or dans la poussière. Elle elle cracha une dernière gerbe putride, mélange de sang et de rejet viscéral. Puis elle trembla et son aura grandit sur les fil des secondes. Comme prêt à exploser. « Des fers brisés le cauchemar s'élève, hurlant son hymne de gloire macabre ... And the rest is silence ... » Dernière énigme de l'Omura car à ses dires son aura explosa, s’emballant à en faire trembler sa cage d'acier. Sa magie l'avais recouverte d'une fausse barbe de flamme s’étendant au tour d'elle en océan de noirceur, avalant la brume albâtre. Soudain elle se mit à suivre un rythme inquiétant de respirations, dans l'excès, par trois fois. La dernière s'achevant par un redressement total du cors, à genoux. Pour libérer le souffle des ténèbres lui brûlant presque la gorge. Plus puissant et dévastateur qu'auparavant, l'Autre ne briderait pas sa puissance comme l'avait toujours fait Omura. Ainsi s'éleva dans les cieux son Eiryû no Hôkô, balayant la brume et explosant le toit de l'entrepôt pour aller se fondre dans les étoiles. Athéna saurait donc que le Dragon des Ombres était encore vaillant et assurément plus dangereux que l'être torturé en la qualité de Sasaki Omura. Lorsque le souffle draconique s'eut estompé, elle se releva toute entière, léchant son propre sang, aux lèvres, d'un coup de langue bien lent. Puis elle fit volte-face, Athéna pouvait bien trembler ou tenter de s'enfuir, elle comptait la tailler en pièce. Avec une barbarie sans nom. « Avant de t'envoyer dans l'outre-monde je veux bien répondre à tes interrogations. Je n'ai besoin de nom puisque je ne suis personne. Et en même temps je suis celle qui incarne cette bête appelée Dragon. Ainsi tu peux m'appeler Darkness's Fangs ou pourquoi pas Lie. Juste Lie, prends grade à ne pas écorcher ces appellations. Well the game can begin, and you little rat you should run. »

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Melodia Shūhebi

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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Jeu 21 Fév - 3:57
Sasaki
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Le visage est une partie importante de l'anatomie d'un être humain, car il permet de l'identifier et de l'associer à une image ou un symbole qui le représente bien. Pour Athéna il était inconcevable que l'on puisse s'attaquer à sa peau de porcelaine avec un poing. Pourtant, cela se produisit. Sasaki l'envoya valser quelques mètres plus loin d'un coup ferme et précis qui lui décrocha le nez. Quelques gouttes de sang s'étendirent sur le plancher crasseux du vieil entrepôt, traçant le passage de la rouquine. Ses vêtements s'infectèrent de toute la saleté présente sur la portion de sol sur laquelle elle roula. Sa coiffure déjà un poil ébouriffée empocha les pelotons de poussière, alors que son visage paya les douloureux frais d'une curiosité mal contenue. La dame se releva tout de même avec énergie, n'appréciant guère le fait que l'on s'en prenne à sa magnifique chevelure rougeâtre. Cette dernière était le prémisse d'un symbole représentant une facette particulière de la déesse qui se faisait appeler Athéna, soit celui de la noblesse. Y toucher signifiait porter atteinte à son existence en tant que divinité ; sans compter que pour une raison toute simple (une mauvaise expérience du passé), elle détestait être sale.

La colère d'un dragon était impressionnante, autant par la puissance magique qui se rassemblait discrètement autour de celui-ci que par les mots d'une certaine vexation qu'il prononçait. Crancrelat, déguerpir, mourir et horreur sans visage étaient toutes des expressions d'un langage qui en disait long sur la pensée du locuteur. Pensée inutile puisque Melodia n'allait pas s'enfuir, ayant une petite vengeance à accomplir suite à l'échec cuisant de sa tentative de manipulation. Lui crier des invectives et des menaces, cela pouvait toujours convenir... mais la frapper en plein visage alors qu'elle faisait preuve de pitié était un acte impardonnable. Gâcher une telle beauté au profit d'un dessein aussi sombre que l'avènement d'une nouvelle créature des ténèbres, c'était contrevenir à la nature même des choses. L'Enchanteresse se préparait à lancer une offensive lorsque le corps frêle de son adversaire tomba à ses pieds. Une souris emprisonnée à l'intérieur d'un rêve dont la fin ne pouvait qu'être la mort. Sasaki ne remarquera jamais le mouvement de la déesse, qui avait tenté de lui défoncer la gorge à l'aide de l'une de ses aiguilles fines.

Au contraire, la jeune femme se sera perdue dans une phrase n'ayant aucun sens réel pour son interlocutrice. Elle aura préféré utiliser sa magie pour se protéger, en s'imprégnant des zestes de ténèbres présents dans le périmètre de son aura malfaisante. Dissuadant par le fait même Athéna à agir de façon violente et meurtrière, la laissant s'écarter du monstre toujours en piteux état sur le sol de l'entrepôt. Tout juste timing parfait lui permettant de plier légèrement sous le vent provoqué par un souffle dragonnier. L'attaque détruisit une partie du toit du vieil immeuble, dans un bruit sourd qui devait avoir été entendu des habitants de Carmina vivant tout près, si habitants il y avait.

« Eiryû no Hôkô ... j'm'en souviendrai. »
Melodia avait murmuré ces paroles à l'instant où la Dragon Slayer se relevait. Une énergie neuve semblait guider ses mouvements, pourtant elle n'avait retrouvé ni conscience tranquille ni souvenirs. Son appellation avait changé, parce que cette personne prénommée Lie acceptait que l'on utilise Darkness's Fangs pour la citer. Se jouait-elle de la marionnettiste ou avait-elle réellement accueilli une nouvelle personnalité en son corps ? La Shuhebi lui aurait bien posé la question, mais cela aurait été inutile puisque la réponse ne pouvait être détenue par l'entité elle-même. Oui, Sasaki Omura alias Lie ne se souvenait plus de leur rencontre à peine quelques minutes plus tôt. Et oui, Melodia allait lui faire regretter ses paroles ainsi que tous ses antécédents maléfiques envers sa personne. Elle n'avait nulle peur dans le regard, seulement de l'appréhension mêlée avec une touche de détermination. Même si son corps tremblait face à la puissance éparse de la jeune femme, le sourire qu'elle affichait sur ses lèvres démontrait bien sa joie de combattre une bête si dangereuse et si intéressante à manipuler. Elle commençait tranquillement à user de sa magie des pantins pour invoquer les petits arbrisseaux qu'elle apercevait à l'entrée du bâtiment.

« Hm ! T'as pas ta langue dans ta poche, ma p'tite. »
Doucement, bougeant imperceptiblement des doigts sous le réflexe, Athéna ordonna à trois porteurs de bois de s'avancer de quelques pas sous les simples paroles du Hayashi no Kugutsu.

« Mais j'aime pas les rats, alors si on inversait les rôles ? »
Soudain, des bruits de friction se firent entendre derrière Lie. Ces pauvres arbres feraient du bruit pour détourner l'attention de la demoiselle, cela offrirait peut-être une chance à la dame en rouge de placer une bon coup de pied sur les omoplates de cette prétentieuse qui croyait pouvoir la réduire au silence en un clin d'oeil. Quand bien même ce plan se révélait inutile en sachant que les Dragon Slayer étaient dotés d'une ouïe et d'un odorat plus développés que le commun des mortels, Melodia n'avait que cette idée en tête : surprendre, puis attaquer. Elle n'avait pas la magie pour combattre longtemps une telle puissance mythique, mais en usant des sentiments elle pouvait peut-être modifier la tournure du duel en sa faveur.




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Sasaki Omura
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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Lun 25 Fév - 14:24
Afin de rendre cet instant des plus macabrement épique(s), le couronnement de cette bête cauchemardesque quémandait attroupement. La belle rose rouge ne lui suffisait plus comme public, et quel public outrageant du reste. Sa mise en scène lourde en théâtralité et en boucan n'avait pour objectif que d'ameuter le populisme endormi de la cité. Le Dragon fou avait scellé ses iris foudroyants, dans l'idée non pas d'apaiser sa fureur intestinale, mais bien plus de se concentrer. Une investigation portant sur son ouïe seule, dans l'idée de repérer toute cible approchant au loin, comme ces habitants affolés par le vacarme d'une explosion. Mais c'est sans comptez sur la friture parasitant affreusement sa ligne, son radar avait un voix en trop, celle de ladite rose. Une saleté de flore à teinter de vermeille, gorgée de son propre sang, cette grognasse finirait bien par se taire. A jamais serait un soulagement personnel. Aussi s'enveloppant frêlement de son manteau de ténèbres, ces flammes ébènes ne brûlant pas, elle proféra un murmure. « Brandissez fourches, jetez la flamme aux torches et venez voir l’infamie qui se trame pour y périr ... Ici il n'y a qu'un public odieux qu'il faut dégager ! Subis le courroux des Ailes de la Perdition, Eiryû no Youkugeki !!! » En entamant sa palabre énigmatique, pour l'incipit, la Dragonne entama une rotation sur elle-même. Sa révolution, portée en manœuvre défensive contre l'agression de la belle, transféra sa magie à ses seuls bras prenant l'aspect de longs fouets. Alors au nom de son arcanes de destruction, Lie relâcha cette puissance pour au cours de son tournoiement balayer ces arbrisseaux vengeurs. Les réduisant en miètes, fracassant aussi sur une large zone les structures du hangar pouvant alors le rendre instable et dangereux pour une autre. Cette dernière qui pouvait avoir pris cher cette fois-ci.

Voilà le châtiment prononcé et et effectué, Lie pouvait se reposer un peu en attendant l'attroupement de l'imbécile masse. Bondissant alors en arrière, sur un monticule de caisses et autres machineries démolies. Sur un piètre trône elle s'était posée. Jouissant d'une vision de désolation partout, autour d'elle comme en dessous. Bien sur-élevée, elle pouvait prendre des airs de tyran. Cependant la domination ne l'intéressait nullement, mais la désinformation et le laisser croire à tous serait utile. Dans le sens ou personne ne parviendrait à découvrir ce qui était vérité noyée au marais du mensonge. Car la fourbe entité savait user de toute bassesse afin de demeurer inviolable et de rester imposante en toute heure et devant toute gens. Elle laissa à nouveau résonner sa voix à demi rauque en ce dédale de ferrailles dispersées par l'ouragan. Ses iris à demis clos, semblant tant hautains que las de sa condition. « L'on est et demeure ce que la naissance nous daigne offrir. Restes à ta place humaine et je me montrerai peut-être clémente. Maintenant prépares-toi au carnage, le populisme enhardie arrive. » Sur ces mos achevés, elle ferma les yeux. Laissant faussement croire qu'elle était une cible facile. Pourtant sa fureur déferlerait au moindre assaut impotent. Toutefois son aura pestiférée continuait à se répandre dans l'air, envahissant bientôt la lande fantomatique. Donnant l'illusion que son corps projetait un manteau de ténèbres. Triste résultat de la torpeur indicible qu'elle encrait en ces victimes. Donc ci Athéna n'avait pas sombré dans la terreur, elle ne le vivrait pas telle chimère illusoire. En attendant elles pouvaient se ressourcer en paix pour quelques minutes. Sauf si l'enchanteresse toujours haineuse voulait à nouveau en découdre. Elle avait ses chances puisque la Dragonne avait bien entamé ses réserves de magie. Mais elle ne le laissait et laisserait transparaître. Laissant planer cette suprématie volage. Car le chaos neuronal de ces gens était pour elle sa plus terrible arme.

Elle laissa donc un petit temps à Athéna de se remettre de la violence du choc, si par malheur elle n'en avait réchappé. Daignant également lui offrir un temps de parole non négligeable d'au moins cinq bonne minutes. Prenant tout son temps pour s'adapter physiquement à sa métamorphose d'outre-tombe ou plutôt cachot. Lie demeurera silencieuse, pouvant boire le pire comme le meilleur niveau discours. Elle n'avait pas forcément en tête d'exterminer plus d'humain que cela, ne savant pas encore si Melodia finirait au menu. Oh ça oui elle avait faim, cette bête enragée quémandait du sang en offrande et de la chair en infâmes victuailles. Et si se repaitre de ceci pouvait choquer, jadis elle l'avait déjà fait. Se le remémorant déjà, la salive aux lèvres. Pouvant dégobiller ce liquide corrosif ... Splendeur des blés maculée de substance vermeille, une horreur sans nom s'était produite. Gisait à terre un mauvais garçon qui avait jeté la pierre sur la belle innocente. Forte de sa petite jeunesse, d'un aspect vétuste et vomitif, elle effrayait la chronique populaire. Ses airs de sauvage et de bête lui avait rendu visites alors qu'elle ne voulait que fuir la mauvaise graine humaine. Si tôt de bon matin, un fieffé gredin des bacs à sable l'avait harcelé à l'extrême, la battant alors qu'elle demeurait douce et pacifique. Jusqu'à ce que par inadvertance, Lisette laisse s'échapper son Démon intérieur, Lie la possédant pour la première fois. Ce qui suivit, fut une telle boucherie qu'aux premières lueurs de l'aube, en découvrant le cadavre écharpé l'on ne comprit rien. Ne savant ni qui fut l'assassin, ni qui avait été la victime. En vérité, c'est que la bête cauchemardesque avait ouvert à vif les entrailles de la rascasse pour y plonger ses griffes. Elle avait fini par se repaitre de ses mets exquis, le Dragon Fou avait dévoré en grande partie la chair de ce cadavre. Ainsi lorsque Lisette revint à elle, se baignant dans une rivière pour se laver de sa souillure, le rire retentissant de la Démone la laissa trembler. Comprenant qu'inconsciemment elle était charognarde et anthropophage. Voilà la bête qu'elle scella définitivement après ça. La maudissant pour être si vile et monstrueuse. Clamant que jamais elle ne devrait être libérée, sans quoi l'humanité aurait affaire à un fléau aliéné (impossible à comprendre et à raisonner).

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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Lun 4 Mar - 22:10
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Pendant que la dragonnette bavassait toute seule, Melodia s'était approchée dans le but de lui placer une droite bien méritée. Elle allait y arriver, il ne lui restait qu'un mètre à franchir avant d'atteindre du bout des doigts la chevelure teintée de mauve qu'une légère brise portait en sa direction. Les muscles des jambes bien tendus, les poings serrés et le regard colérique, la petite dame s'apprêtait à user de toute sa force pour lui faire mordre la poussière ; et pourtant, elle se fit littéralement balayer par de larges cordes fabriquée par les ténèbres du pouvoir du Dragon Slayer. Sa piètre tentative n'avait évidemment eu aucun résultat parce que son odeur, bien que mêlée de poussière et de gouttes de sueur, était repérable à dix kilomètres à la ronde. Cela dit, elle se réceptionna sur le ventre dans un coin de la pièce, où un morceau de métal vint lui tomber dessus. Ironie du sort, ce lourd choc venant sûrement du toit put la protéger du reste de l'attaque de Sasaki, nouvellement surnommée Lie. Celle-ci n'y allait pas de main morte pour faire un vacarme assourdissant en claquant de son Youkugeki chaque surface métallique, produisant une cacophonie qu'il était impossible de confondre avec la douce quiétude du soir. On entendait déjà au loin des gardes et de simples habitants se précipiter à l'orée de la forêt où leur petite « cachette » se trouvait. Il n'y aurait bientôt plus de secrets quant à la présence de deux mages noires au sein de la ville de Carmina. Darkness's Fangs savait-elle ce qu'elle faisait ? Oui. Cette femme avait conscience des gestes qu'elle posait et recherchait un public auquel se présenter, du moins était-ce ce qu'elle avait semblé dire un peu plus tôt. Comme quoi la folie pouvait mener à de grands spectacles !

Un peu courbaturée par la vive chute effectuée magistralement quelques secondes auparavant, Melodia usa de deux bonnes minutes avant de se soustraire au poids de la plaque de métal qui la couvrait tout entière. Époussetant sa tenue et replaçant sa coiffure déjà ébouriffée par les précédents évènements, la dame observa un moment les débris qui se situaient ici et là pour former un ravage digne d'une violente tempête. Ses arbrisseaux avaient disparu, leurs écorces dispersées à travers l'endroit sombre. En fin de compte, ce bout de métal lui avait épargné plusieurs contusions et écharpes. Un goût de sang amer en bouche la poussa à cracher une écume rougeâtre à ses pieds. Dans le feu de l'action, sa lèvre inférieure s'était fendue pour laisser un faible liquide s'écouler jusqu'à son menton. Avec ce look de réveille-matin, Melodia dégageait une étrange impression de solitude, son regard mauvais n'étant pas pris en compte. L'avant-bras porté à sa bouche, elle scruta des yeux les environs à la recherche de son ennemie. Elle la trouva au moment où un lot d'infimes paroles lui furent adressées, paroles qui la firent sourire.

« Si j'suis née... enchant'resse, dit-elle après une certaine hésitation, alors j'me dois d'enchanter tous ceux qui désirent être com' toi. »
Elle avait levé la tête pour que sa réplique atteigne l'ouïe de la dragonne qui se tenait tout en hauteur, dans un manteau de ténèbres qu'Athéna n'osait traverser. Cette personnalité, au même titre que la précédente, avait une opinion dégradante envers les humains alors qu'elle faisait également partie de cette catégorie. À l'entendre s'exprimer, Lie était une déesse qui surpassait tous les autres grâce à... grâce à quoi ? Sa puissance magique, son aura maléfique ou ses propres rêves ? Il faudrait bien démystifier les mille et un mystères qui entourait la Dragon Slayer de l'Ombre. Son passé avait été troublé par la perte d'un amour, mais cela ne pouvait expliquer toute une existence. La jeune Shuhebi devenait curieuse, mais cette curiosité avait un but bien différent de celle retrouvée chez deux adultes qui se plaisent ou un enfant en quête de camarades pour jouer. Au contraire, elle s'intéressait à Lie ou Sasaki par pure désir de vengeance. Un jour, le serpent réussirait à délier les liens d'un caractère si brutal et inexplicable ; et ce jour était arrivé. Prenant sur elle pour escalader agilement un premier mur, Melodia se retrouva derrière son ennemie en s'assurant toutefois d'être légèrement plus basse vis-à-vis le piédestal de cette dernière. L'aura imposante la fit frissonner, mais ce n'était pas le moment d'en ressentir de la peur ou de l'admiration. Elle avait environ cinq minutes pour mettre ses facultés de manipulation en valeur. Que le jeu commence !

« Ma chère Lie... j'dois t'concéder que t'as un pouvoir intéressant et très unique. Elle y allait doucement dans ses mots, car la bête pouvait bien être exténuée tout comme elle, cela ne garantissait pas qu'une paire de griffes ne lui lacéreraient pas le visage. N'vois-tu pas toute l'étendue d'tes pouvoirs ? C'que tu p'rrais accomplir si tu m'faisais l'honneur de te guider, d'enchanter les autres pour toi. Alors t'aurais plus rien à t'soucier que la déflagration d'ton pouvoir et d'ta violence sur c'monde infesté d'humains insignifiants. Elle laisse un silence plané quelques secondes afin de faire avaler à Darkness's Fangs tout ce que ses propos sous-entendaient, soit la permission de se tenir à ses côtés lorsque le carnage allait débuter. J'dis pas qu'j'suis plus spéciale qu'un autre, parce que l'humanité m'rattrape aussi. Cependant, j'peux t'promettre que mon p'voir à moi ne t'décevras jamais. J'suis destinée à m'tenir avec les dragons, à les aider à détruire le royaume... n'es-tu pas d'accord ? »



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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Jeu 7 Mar - 10:45
Retranchée dans sa patience seule, le cerbère enragée se contenait d'exploser. Assise à l'écart, en hauteur sur sa montagne de déchets en ferraille, elle sembla en sommeil. Une fausseté pouvant perdre la belle rose grimpant jusqu'à elle, se faufilant au plus prêt. Etait-elle fascinée par une telle férocité ? Ou bien séduite par son aura si noire ? Lie n'y songeait guère, n'étant pas du genre à penser. Sauf à ce qu'elle aspirait à détruire, tuer ou dévorer. Ainsi elle ne s’embêtait avec rien, surtout pas la raison. Puisque aliénée elle était, en tant que bête. Les humains la diraient folle mais il fallait voir le Dragon sous cette peau dégueulasse d'humaine. Aussi entendait-elle sans envie le discours de cette sangsue. Retenant tout de même, et le rageant, cette première palabre. Aussi laissa t'elle couler l'affaire avant d'y souffler mot. Pour répondre dans le désordre, histoire de faire sa chieuse. Elle rit même entre ses dents, une petite minute avant d'en découdre, lançant en arrière une lueur de détraquée, foudroyante. « Je suis un Dragon Fou, je chasse en solo et dévaste tout sur mon passage. Mais comme disait l'autre, mieux vaut être le bras droit du Destructeur que de se retrouver sur son passage. Ton désir de servilité est si drôle ... » Puis taisant son odieuse langue, elle bondit de son trône grinçant pour fondre en contrebas. Le sourire carnassier illuminant son faciès démoniaque. La griffe tendue la première pour écraser à terre la face d'un gueux intrépide, lui fracassant la caboche au béton. Elle se tenait accroupie, sur la gauche de ce cadavre étalé, se léchant les lèvres. Puis se relevant avec lenteur, faisant dos à Athéna, elle se mit à rire comme une folle. Trouvant le temps de souffler sa verve crue et barbare au cœur de la mêlée. « T'es conne ma pauvre, t'es aussi sur mon tableau d'chasse. Les humains vont déferler et tous crever, tu s'ras la suivante. Rien à foutre qu'tu sois spéciale, pareil pour moi. C'qui compte c'est que j'me fasse péter la pense ! » Sur ces mots elle s'était laissée encerclée, le hangar commençait à être submergé par un raz-de-marée populaire. Des fumistes de paysans et des tocards en robes. On se croirait en plein carnaval, en tout cas c'était pour cette survolté un vrai festival, de sang. « Allez v'nez bande de couilles molles, v'nez me nourrir ! » Elle pouvait bien en frapper un par-ci ou par-là que les autres étaient pas très vaillants. Elle voulait les pousser à bout, sans quoi le jeu déjà facile serait une vrai perte de temps. Quoique, elle n'était pas cette autre déchue, juste une bête qui cherche à se nourrir. Bref elle sauta à la gorge d'un chevalier runique. Quel nom pourri, où était l'armure ? Juste une robe de moine et un bâton de pèlerin. Ainsi ce gus monial s'en pris plein la poire, projeté au sol pour se faire rouer de coups de boules. Ceci la laissant rire et délirer. « Alors tu la ramènes moins comme ça hein ?! Quand le faible courtise la mort, il en devient la victime !! »

Cette rascasse était bougrement tenace, le monial fracassé à terre du prendre une multitude de coups frontaux pour passer l'arme à gauche. Enfin elle avait du chalenge, peu puissants certes mais au moins durables pour son plus grand plaisir. Mais elle n'eut le temps de se relever qu'on la rouait déjà de coups de bâtons, déposant sur elles leurs malédictions scellant sa magie. Elle n'en savai rien, sentant juste la douleur. A dire vrai elle aimait ça, se sentir en vie. Voilà tant d'années qu'elle avait passée à ne pas ressentir cela, juste la froideur d'une grotte, le baiser des fers et la morsure du feu qui avait tant grandit en elle. Qu'était-elle, pourquoi existait-elle, avait-elle un but à assouvir ? A tout cela elle répondrait avec violence, n'aimant se triturer le cerveau attardé. Au fond elle ne semblait pas si dénuée de sentiments, juste que la haine avait tout absorbé. Et maintenant elle s'effritait pour laisser émerger ces choses englouties. Son nom signifiait mensonge, puisque sa propre existence l'était. Elle parlait de vengeance mais elle n'avait rien, une coquille vide sans désirs. Une bête paresseuse et enragée, c'était tout ... Bref la voilà qui se fait éjecter de la dépouille fraîchement brisée, d'un coup de pied emplit de haine, lui offrant un fugace vol plané. La laissant rouler sur le ventre, ses griffes portées à la poitrine, délivrant toujours plus de chaos dans son propre mystère. Une attitude aliénée, un mode de pensée primitif et une vie dépouillée. Le tout condensé donnait une entité plus proche de l'animal que l'humain, aussi refusait-elle d'être appelée Dragon Slayer. Se pensant en véritable Dragon, Fou certes mais reptilien avant tout. Que pouvait bien penser Athéna de cette créature se laissant atteindre ? Elle gardait le silence, le regard même calme avait en lui toujours cette foudre bestiale. Si bien qu'il virent en juges et bourreau s'attrouper, tendant leurs sceptres sur son corps, lui assénant une violence harmonieuse. Pourtant elle vint agripper de ces serres ces bâtons, un mince filet de sang aux lèves qu'elle savoura. « Hélas misérables larves, vous n'avez la force de me terrasser. C'est donc que je suis le Destructeur et que pour votre impuissance je dois vous exterminer ! » A ce raisonnement de maraud, elle tira sur ses prises pour tout en forçant ces insectes à embrasser la terre, se hisser vers les nuages. Enfin debout elle prit nouveau coups de sceptre, un dans le dos. Grognant à cela, elle les souffla tous tels des fétus de pailles. Evitant la furie des bâtons pour en se portant accroupie, exécuter un mouvement lourd de balayage avec une jambe. Et bondit en arrière. Trouvant comme point d'ancrage, pour son regard, la dame en rouge. « Pas b'soin de magie pour ces minables. Restes en vie poulette, j'voudrais pas perdre mon dessert. »

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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Sam 30 Mar - 1:45
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Le discours de la rose sembla n'avoir eu aucun effet, la bête s'étant tapie dans un silence profond et inquiétant. Il aurait été vain de croire qu'elle réfléchissait à la proposition, parce que le tintement soudain de son rire raisonna contre les parois métalliques du bâtiment afin d'en faire un écho fort simple mais tellement sinistre. La pensée maléfique était palpable avec ce seul son, amplifiant par là la folie du regard projeté en direction la dame en rouge. Celle-ci n'eut vécu plus étrange expérience que subir l'attention de deux billes à la dorure parfaite appartenant à un dragon fou. Ne sachant pas s'il allait lui sauter à la gorge, la brûler de ses flammes noires ou l'accepter en tant que compagne de guerre. Il fallait avouer que l'aura de la créature n'avait rien de rassurant et pour peu, Melodia aurait ravalé sa salive. Sauf que le destin inconnu, bien que les péripéties lui échappaient, se révélait agréable à traverser, à vivre. Quelque chose au fond de l'être remuait face à l'imprévisible, se tortillait derrière l'anxiété et s'extasiait de découvrir ce qui allait se passer. La Shuhebi pouvait aimer contrôler les gens ainsi que les évènements de l'existence, depuis son aventure sur l'île de Gehenna elle se passionnait pour l'incontrôlable. Cela la fâchait toujours autant d'échouer une manipulation, comme elle venait de le faire avec Sasaki, mais le fait d'être confronté à l'inattendu et à la mort lui procurait un plaisir étrange. Il lui était donc impossible de masquer le faible sourire qui éclairait son visage au fil du discours de la dragonne. Heureusement que les dix-huit années passées avec sa mère lui avaient apprise à ne plus craindre les scènes entre mages noirs, parce que face à des paroles qui annonçaient sa mort, Melodia n'esquissa qu'un plus large sourire.

D'accord, le dragon ne chassait qu'en solitaire ; cela ne signifiait pas pour autant qu'il ne nécessiterait pas un coup de pouce de la part d'un allié humain, animal ou autre. Par contre, l'Enchanteresse avait bel et bien désiré être le bras droit du « Destructeur » plutôt que son déjeuner. Cela s'appelle-t-il être lâche ? Non, puisque le terme judicieux est plus approprié dans ce cas-ci. La jeune femme faisait un choix éclairé et un compliment à Darkness's Fangs, ne doutant pas une seule seconde que malgré son état elle réussisse à réduire en bouillis chaque personne sur son chemin. On entendait doucement les pas d'habitants alarmés au loin, le bruit de leur colère s'approchant de minute en minute. Melodia n'avait pas réagi en voyant l'autre faire son numéro de sadique. Écraser la tête d'une personne et arrêter net ses souffrances alors qu'il y avait tant de tortures possibles à exécuter avec le coeur, voilà bien du gâchis. La plupart des mages, gentils et méchants, ne saisissaient pas la beauté qu'était l'art de manipuler les sentiments. Sans doute leur éducation avait-elle eu des manquements. Bref, tout cela pour dire que la marionnettiste avait enfin cerné le caractère du nouveau dragon. Fort, brutal et idiot. Il semblait prendre goût à la baston et au sang, au même titre que Nusty Florem et sa folie passagère. Sauf que contrairement à ce dernier, Lie paraissait conserver cette démence à toute heure du jour. Elle était loin de la Sasaki Omura dont la qualité du langage lui avait octroyé romance et sensibilité, penchant plutôt vers la dureté d'un forgeron et la petitesse d'esprit d'un paysan. Athéna aurait contemplé plus longtemps le combat qui faisait rage à ses pieds, si trois flèches ne l'avaient pas obligée à descendre du mur de ferrailles sur lequel elle était installée. Atterrissant au sol tel un félin, elle se releva juste à temps pour esquiver un coup de bâton qui était destiné à son estomac. En saisissant le manche, elle réussit à repousser l'arme en bois sur la tête de son possesseur, le faisant sombrer dans l'inconscience. Le chétif garçon couché par terre ne devait pas avoir plus de treize ans.

« Eh bah ... »
Elle s'apprêtait à le tuer, mais un Chevalier Runique s'interposa. Il faisait partie de la mêlée qui s'était déplacée pour voir ce qui se passait à l'orée de la forêt ; le cri d'un dragon était un bon moyen d'attirer les foules, semblait-il. Bien que Melodia avait toujours les muscles endoloris par la précédente offensive du dragon, elle fit de son mieux pour tenir tête au membre du corpus chargé de la protection de la ville. L'homme tenta de lui apposer une rune directement sur la poitrine, mais elle plia les genoux dès qu'elle vit une lumière verte éclairer la paume du chevalier. Le sort la manqua de peu et elle fit trébucher son incantateur d'un coup de jambe. L'occasion idéale pour mettre fin à la vie des deux hommes et s'approcher du groupe qui encerclait Lie. Cette dernière faisait tout un remue-méninge en usant de violence contre les habitants, raison pour laquelle la majorité de ceux-ci convergeaient vers elle et non Melodia, qui malgré son accoutrement quelque peu fluorescent passait presque inaperçue dans la pénombre de la nuit. Cependant, il fallait bien que certains la reconnaissent et ne s'attaquent à elle avec des objets peu contondants. Esquiver aurait été aisé avec la lueur du soleil, mais l'obscurité du lieu, percée seulement par une ou deux lanternes, rendait les coups difficiles à percevoir. Surtout lorsqu'un mur se trouvait derrière et qu'un attroupement l'encerclait afin de la blesser d'une quelconque manière. Était-ce là une situation pour paniquer ? Évidemment que non, Melodia n'avait pas plus peur des armes pointées en sa direction que lors de sa rencontre avec Sasaki. Il suffisait de jouer de rapidité pour se faufiler derrière un habitant (ce que sa petite taille lui permettait), et de pousser ce dernier sur le mur pour qu'il soit bien sonné. La manoeuvre lui ayant entaillé légèrement le bras lorsque sa peau avait frôlé la lame d'une épée de Chevalier Runique, elle ne sentit point la douleur aiguë parce que son regard croisa celui du dragon fou. La phrase qui suivit lui était destinée, et elle n'apprécia guère qu'on utilise l'expression « poulette » et « dessert » pour la désigner. Malgré tout, ce langage était amusant et divertissant, tout comme la situation. Athéna ne put s'empêcher de répliquer :

« Vos désirs sont des ordres, m'dame ! »

Elle se concentra par la suite sur son propre combat, parce que l'animosité des gens de Carmina à son égard datait de bien plus loin que ce soir... dès l'an X780.

Elle avait onze ans et se promenait entre les kiosques des marchands. Son regard passait sur chaque objet de valeur avec une curiosité qu'elle avait apprise à rendre fausse. Parfois, elle s'arrêtait et demandait les prix des instruments ou bibelots intéressants. Une trentaine de minutes à déambuler dans la rue lui suffirent à trouver un plan. « Excusez-moi m'sieur ? - Oui, que puis-je pour vous ma p'tite demoiselle ? - Combien vendez-vous c'truc ? - Ce tambour ? 1500 yens, mais pour toi j'peux faire un spécial ! - Sérieux ?! Mais le marchand à l'autre bout d'la rue en vend un pareil à moitié c'prix. - ... » Voilà comment on débutait une rumeur, puis des rumeurs, ensuite des vols, pour finir avec une émeute violente : morts et blessés assurés.

Ce petit souvenir, couplé à plusieurs autres, n'offrait qu'une image malveillante de Melodia Shuhebi aux yeux des habitants de la ville. De ce fait, ils ne pouvaient qu'éprouver de la haine envers elle. Mais ce soir, elle n'était pas seule pour se défendre. Quand bien même elle l'aurait été, ces gens-là ne savaient pas combattre ni tuer. Elle, avait au moins les bases, et n'allait pas se priver pour les utiliser à bon escient.



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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Lun 8 Avr - 10:24
Les réserves de l'escadrille runique se vidait peu à peu. Bien que la masse déferlante soit innombrable, à elles seules, elles en venait à bout. Tout comme on extermine une infection virale ou une invasion de cafard, en les écrasant tout simplement. Le Dragon Fou ne le laissait transparaître mais ses mouvement avaient ralenti. La fatigue commençait à peser sur ses muscle mais ssa vision demeurait la meilleure en ces limbes noires. Elle sentit qu'on voulait la faire reculer, vers un coin éclairé par une lanterne, miraculeusement sauvée de cette pagaille. Elle aurait bien joué le jeu, se laisser acculer pour déchaîner un sortilège draconique. Seulement elle ne pouvait se payer le luxe de gaspiller plus ses précieuses forces. Surtout pour balayer pareils fétus de paille. Ces misérables en robes tentèrent à nouveau une percée, deux coups de bâtons portés en harmonie pour lui faucher les jambes. Elle se souleva légèrement de terre pour s'y esquiver. En un petit bond. Et voilà qu'un grand écart encastre ses bottes lourdes dans la face de deux andouilles. Un fracas des os est perçu, c'est une contre-attaque parfaite. Deux corps valdingues sur ses flancs. Attention Athéna, il pleut des cadavres ! Hélas l'assaut s'eut poursuivit, un homme plutôt bourru, un habitant de la cité. Il lui parvint au contact délicieux, non pour la courtiser mais bien pour lui porter coup. Elle ne le vit venir, elle était trop occupé par le quantique de derrière. Alors lorsque ce grand et ruste gaillard vint à lui imposer une étouffante étreinte. Que diable son ami, on ne pouvait enlacer une dame ainsi. Et le voilà qui récolte un toisement foudroyant accompagné d'un grognement et d'un coup de boule qui l'assomme. Mais malgré cela il lui reste cadenassé. Mazette, la voilà bien bête d'être immobilisé, une flèche lui rase la joue, saignant d'une crevasse minime. Alors elle force pour se libérer de cette pression, la fatigue l'affaiblissant là encore. Ne lui permettant de faire exploser ses fers à temps. Et dans son dos se pose une main douée d'une vilénie. Le lâche lui imposa une rune, scellant sa puissance magique. La belle affaire, il échoppa d'un coup de coude dans la figure, lui cassant le nez. Et tandis qu'il se reculer pour geindre elle eut fait volte-face. Il prit carrément une volée de coups de poings au cœur d'une rage hurlante. Elle avait beau avoir perdu ses sorts, elle allait le réduire en miettes et, moult os implosa sous son déchaînement.

Soudain paru la délivrance à cette infâme torture, le coup de grâce. Cinglant et décoché sous le menton, l'uppercut l'envoya s'écraser dans des débris de caisses et de ferrailles. Un nouveau coup de bâton, dans le dos où luisait la marque de l'autre empaffé, bien que trépassé, sa malédiction persista. Ainsi elle était devenue une cible facile, un phare pour tous ces enragés du populisme. « Trop d'monde tue l'monde. Va pas falloir décimer toute c'te bande de sagouins quand même. Parc'que j'me fais déjà chier. Et il me tarde d'aller grailler et feignasser. » Il est vrai que cette nuit avait été chargé en émotions et gaspillage de temps et d'énergie. L'enragée sans visage, fauchait à nouveau quelques têtes larvaires. Brisant bâtons et corps. Bien que sa puissance soit affligée d'un maléfice la dévorant et que son état de santé laisse à désirait, elle faisait tout pour tenir. Car s'il paraissait chez ces citadins qu'elle était meurtie, ils redoubleraient d'effror pour la faire captive ou morte. Et puisqu'elle n'avait envie de se fouler, elle se fraya un chemin jusqu'à la belle enchanteresse. Bondissant sur une de ses proies pour la lui ravir. « B'soin d'aide miss taupe ? E vites de t'faire marquer par leurs cochonneries d'runes. Ca nique les pouvoirs. » La voilà repartie, une foudre pour ces gens, flirtant bruyamment avec les ténèbres sans clarté. Allant empoigner un être belliqueux par la gorge pour le projeter à l'entrée de l'entrepôt. Cela ferait jeu de quilles sur les quelques misérables y demeurant et attendant leur tour pour s'insurger. Ne restait plus qu'à vider la place. Aux poings serrer ils brandirent sceptres, l'encerclant. Mais voilà que paru un homme tenant une lame enhardie contre elle. Un autre pouvant tiré une volée meurtrière sur la dame en rouge. Elle avait les nerfs à vifs. Exhaltant tant de crocs et se recroquevillant légèrement, elle se préparait à éradiquer ces restes. « Fais gaffe à l'archet, poulette ! J'crois qu't'as une touche avec lui. » La voilà prévenue, non dans un élan de générosité. La dame ombrage voulait seulement préservait chaud son repas. Si elle voulait faire royal festin en torturant Athéna, la dévorant encore vivante, il falait bien que cette bandante paire de gambettes reste en vie.

Et le mignon vint à elle, sa lame, elle la stoppa à deux mains. Frêles telles des feuilles et, en même temps si puissantes que d'ordinaire elle aurait brisé cet acier. Elle le repoussa d'un coup de pied porté au flanc. L'acculant mollement, juste assez pour qu'elle bondisse sur le côté. Esquivant le malade de derrière qui du voir s'effriter la rune. Sa charge aérienne d'épaule percuta de plein fouet de bonnes formes. Une femme au conseil, la surprise la ravit. Un met de choix bien tendre et garnit d'autres douceurs. Les coussins de la belle lui épargnèrent un fracas virulent. La faisant seulement tomber avec Lie. Mauvais calcul de cette bâte si fougueuse. Sa victime l'étreind pour la bloquer. Elle proféra un râle grondant tandis que l'autre chevalier se rameutait. Hors de question de prendre un tranchant d'épée dans le derrière ou d'avoir à subir à nouveau le joug d'une rune. « Désolée cocotte mais tu m'excite ! » Sans crier gare elle frappa de sa démence. Tout en roulant pour inverser les positions, elle n'était pas si faite que ça. Des lèvres ensanglantées virent se suspendre à celle d'une pauvre femme éprouvée. Un baiser torride s'il en était, le Dragon Fou avait retrouvé goût à son carnage. Était-elle en chaleur ? Un appétit sexuel sembla s'être glissé dans son esprit. La surprise fut de taille et sa machination efficace. La femelle détendit son étreinte. En même temps la lame du l'autre marteau s'était abattue. Dans l'ombre d'un fantôme, plantant le dos d'une innocente qui décolla d'un puissant coup de pied. Lie laissa exploser son rire dément tandis qu'elle se redressait, son regard plus fou que jamais. La bave aux lèvres. « J'crois qu'j'vais en garder un en vie finalement. J'ai soif de sang mais surtout faim de chair et de plaisirs charnels sadiques ! » Voilà des palabres bien inquiétantes, qu'allait en penser Athéna qui pourrait en devenir la cible. Eros et Tanathos étaient ici fondus en une seule volonté, celle de la jouissance au cœur de la destruction. Elle se frappa les poings, tout en reculant sous une lanterne mourante, inspirant grandement. Et relâchant finalement sur la multitude un ultime souffle des ténèbres. L'Eiryû no Hôkô aurait-ils décimé tous ces chiens ? Athéna allait-elle se carapater ? La victoire sanglante était-elle proche ?

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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Sam 20 Avr - 23:14
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Sur les aiguilles de l'horloge, le temps commençait doucement à se colorer de rouge. Au milieu des ombres s'agglutinant aux alentours de l'entrepôt, détruit en grande partie, de nombreuses gouttes de ce doux liquide connu pour être de l'hémoglobine s'amoncelaient sur le sol. Chaque seconde émettait son cri de haine, son râle de souffrance et son soupir de mort. Ces gens venus de la ville pouvaient se montrer violents et tenir à bout de bras des armes tranchantes, leurs aptitudes au corps-à-corps étaient loin d'être comparables à celles du Dragon ; même Melodia, qui n'avait jamais eu besoin d'appliquer la force pour se sortir du pétrin, réussissait à les déjouer. Leur stratégie se résumait à courir en direction du boucan et frapper à vue. L'obscurité était une faiblesse commune et la portée des coups en subissait la conséquence. Ce soir, il n'y avait que la lune ainsi que de rares lampadaires pour éclairer la chair humaine se faisant festin de tapes, gifles et estocades. C'en était ridicule à quel point le désordre régnait sur le champ de bataille. Il suffisait d'une esquive pour que l'un atteigne l'autre et d'un coup de chance pour que la victime meure suite à une perte de fluide corporel. Une haine féroce contrôlait les larves qui se démenaient à trancher les vêtements de la dame en rouge, cette dernière qui, à contre-courant, se plaisait de la situation. Elle n'avait jamais participé à un tel évènement et l'adrénaline coulait à flot dans ses veines, la peur de mourir lui octroyant une assurance physique inattendue. Ses poings n'avaient jamais brisé tant de nez ni de côtes. Cette violence gratuite la laissait souriante parmi ce déluge d'innocents aux sourcils froncés. Affrontant chacun des regards posés sur son être, Athéna combattait. Avec toute la prestance qu'elle était capable d'offrir à ce spectacle grandiose.

Il y avait trois acteurs sur la scène du premier acte. La rouquine, placée entre deux hommes habillés de robes grotesques qui leur enlevaient toute rapidité de mouvement. De longs bâtons gouvernés par des mains fétiches tentèrent d'asséner à la demoiselle de jolies contusions. La forme de l'offensive s'illustrait en des coups portés obliquement et à répétition, situation pour le moins prévisible pour la jeune femme qui en esquiva un pour mettre le pied sur l'autre et s'en saisir. Il n'y eut de nécessité qu'un coup de pied au visage afin que le moine lâche sa prise et recule en direction de la foule qui s'amassait derrière lui. Arme en main, Melodia put combattre le deuxième ennemi qui lui avait claqué le dos lorsqu'elle le lui avait tourné. Elle aurait flanché si ce n'était que de l'énergie débordante qui l'émoustillait à cet instant. Se relevant pour riposter, elle défia l'homme à un duel où tous deux se ruèrent vers l'autre, bâtons levés. Elle n'avait jamais eu l'occasion d'expérimenter un tel style de combat, ainsi elle fit tournoyer sa lance jusqu'à l'échapper un peu plus loin, sur la tête d'un des Chevaliers Runiques qui s'amenait vers eux. Il fut sonné, elle ria de son propre chef-d'oeuvre - non de sa maladresse - et l'autre l'attaqua sans présomption. Elle réussit à esquiver le superbe coup en diagonal pour se faufiler derrière l'adversaire et lui briser la nuque. Nul autre malotru ne la dominerait sur le champ de bataille.

Au moment où elle le pensait, une vague de citadins déferla sur elle. Devenue cible de moult coups de poing et coups de pied, la dame s'enterra dans la fuite. La poursuite fut écourtée par le rang de Chevaliers, qu'ils avaient pensé former pour la coincer. Ce plan aurait fonctionné si la bête n'était pas venue lui ravir une proie, la sauvant par le fait même de l'emprise d'une rune maudite. Comme si ce geste n'était point suffisant, Darkness's Fangs se permit de la ridiculiser oralement pour lui donner un conseil. Sous le joug de la mauvaise foi, Melodia tourna les talons afin de faire taire la foule qui pestait à leur encontre. Une dizaine de petites aiguilles déferlèrent sur les individus du premier rang, qui s'inclinèrent de douleur en rendant la course des autres difficiles. Il faut dire que la dame en rouge n'y était pas allée de main molle ; elle était colérique.

« Nan mais fermez-là ! »

En se retournant pour scruter les ténèbres de la nuit, la jeune femme aurait aimé apercevoir sa nouvelle amie pour la remercier en bonne et due forme de l'attention qu'elle lui avait portée. Dommage, elle dut se contenter de grogner des infamies incompréhensibles. À ses pieds trônait le corps de l'imprudent qui avait tenté de l'immobiliser, corps qu'elle piétina avec disgrâce lorsqu'une paire de mains vinrent saisir ses épaules. Il ne restait plus que trois Chevaliers Runiques dans le lot et l'un d'eux venait de lui sauter dessus sans plus de ménagement. Elle se retrouva face contre terre, les bras liés dans le dos, incapable de se mouvoir. Acculée comme elle l'était, même ses muscles ne voulaient plus s'efforcer à la maintenir en vie. Il devait avoir le double de sa masse, le petit gars. La situation s'intensifia lorsqu'un groupuscule d'habitants vinrent s'ajouter à la fête, l'écrasant de tout leur poids et empêchant les autres Chevaliers de lui apposer une marque. Ces vermines ne réfléchissaient jamais avant d'agir, au même titre que les guerriers mettaient de côté leur cerveau lors d'une bataille. Voilà une différence entre les simples humains et les magiciens ; ces derniers pouvaient utiliser corps et âme pour se défendre. Melodia se tortilla de tous les côtés pour sortir du tas grouillant au-dessus d'elle, la pression sur ses bras s'étant réduite. Si quelqu'un lui avait affirmé qu'un jour elle se roulerait sur un sol recouvert de saletés et de poussières, elle ne l'aurait jamais cru. Et pourtant, c'était ce qu'elle était en train de faire. Au bout d'un moment, elle parvint à se libérer grâce à une flèche qui ramollit le corps de la personne qui lui agrippait bras et taille. Parmi le noir total qu'était leur petit coin, Melodia ne remarqua rien, mais entendit la voix de Lie lui crier de prendre garde à l'archer. Génial, deuxième conseil de la soirée et un petit lâche qu'elle n'arrivait pas à localiser. S'appuyant contre le mur du fond, elle tenta de calmer sa respiration et éloigner la fatigue de ses muscles. Elle ne tiendrait plus longtemps, ayant à peine la forme physique du Dragon lorsqu'il était malade pour tenir tête aux habitants dont le boucan ramenait toujours plus de curieux. Bientôt ce serait une garde complète de Chevaliers Runiques qui s'amènerait, si évidemment elle n'était pas déjà sur place, à attendre à l'extérieur. Le théâtre avait été amusant, mais il était temps d'en finir.

La Shuhebi escaladait déjà le mur pour sortir du bâtiment, la fuite lui étant préférable. Que le dragon se débrouille seul, elle ne désirait point risquer sa vie une minute de plus. Sa vision était toujours réduite, même si ses pupilles rougeâtres s'étaient habituées à la noirceur. Au cours de son escalade, une arme pointue venue du ciel vint se planter dans son bras gauche. Elle réprima un cri de douleur, se mordant les lèvres jusqu'au sang. Avec haine, elle scruta les environs, cette fois-ci étant assez élevée pour avoir un aperçu global du champ de bataille. Elle ne repéra pas le malfaiteur, mais le petit manège de Darkness's Fangs ne lui échappa pas. Son rire dément parvint jusqu'aux oreilles de la demoiselle, qui choisit de passer outre la remarque dont elle espérait ne pas faire l'objet. De toute façon, elle quittait la scène parce qu'une menace cachée pouvait la tuer à tout instant et qu'elle n'appréciait guère ce sentiment de peur.

Une seconde. Il n'y eut besoin que d'une seule seconde pour que tout redevienne silencieux. Le souffle du dragon ravagea l'endroit en entier, faisant s'éclater les murailles de fer contre les corps des pauvres gens. Quand bien même la puissance magique semblait moindre, nombreux périrent sous la simple flamme noire ; celle-ci brûla férocement peau et os, créant un carnage à l'odeur nauséabonde autour de l'unique silhouette qui se tenait debout. Lie resplendissait dans ce tableau désolant, sa chevelure violacée brillant quelque peu sous le rayon lunaire, seul porteur de lumière. Tous les lampadaires avaient été éteints. Tous les survivants à l'extérieur avaient trouvé la mort face aux arbres qui les égorgeaient ou les écrasaient de leurs branches. Violence contre désespoir. L'archer devait être tombé également ou il s'était enfui, tout comme la dame en rouge allait faire. Suite à l'attaque, elle avait dû se carapater derrière un mur pour soigner sa blessure. Plusieurs grains de poussière s'étaient amassés sur ses longues mèches, qui cascadaient dans son dos. Le souffle du dragon avait eu la chance de la toucher au niveau de l'abdomen et des bras lorsqu'elle avait voulu se protéger. La structure sur laquelle elle s'était tenue avait flanché et elle était tombée derrière le bâtiment. Bâtiment où il ne restait plus que débris et... elle.





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Sasaki Omura
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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Sam 4 Mai - 13:29
Le calme était revenu en la lande fantomatique. Un silence de mort chantant à l'appel des esprits tombés au champ d'honneur. Et bien que ce dépotoir avec son amas de cadavre ne fasse grand portrait de sa victoire, le conquérant des ténèbres jubile. Frémissant de ce carnage frais et barbare, le Dragon Fou avait frappé un grand cou à peine éveillé. C'est donc que l'humanité ne pourrait rien y faire. Que l'âge des hommes semblait révolu. Et que ces destructeurs allaient surgir en lumière pour broyer ce monde. Elle pensait, et même riait entre ces crocs, cet âge de ténèbres. Possiblement s'avancerait-elle en semeur de mort le plus abouti. À ses bottes ensanglantées, gisaient une mer de dépouilles sauvagement déchiquetées. Des faciès devenus méconnaissables, des tissus en lambeaux, des taules en morceaux semblant gravas de la grande ruine, et des outillages brisés en miettes par ce saccage furieux. Nul matador ne put dompter et terrasser cette créature ce soir. Il ne lui prit qu'une envie en l'instant, en finir pour de bon. L'apothéose de sa résurrection devait en être un repas de chair et des plaisirs intimes avec une belle élue. Ce cauchemar avait depuis longtemps fait son choix. Son regard perçant les ombres, scruta le paysage macabre des rivières pourpres. Sa dépouille de rose impériale ne s'y confondait pas. C'est donc qu'elle était encore vaillante si ce n'est en cheminement d'une échappée discrète. Lie laissa faufiler bruyamment son rire grossier. Pour que sa proie l'entende et qu'une indicible torpeur se grave plus profondément en son esprit. Elle, en bon Dragon, bien qu'épuisée tint encore sur ses pattes arrières. Sa citerne était tarie, son feu malade et ses forces surmenées. Elle devrait faire une halte proche de là pour piquer un roupion et se requinquer. En attendant, il lui prit l'envie d'emporter un reste, à savourer pour la route. Elle se déporta donc à cette Macabée femelle, cette clerc qui avait le dos lacéré par une lame. Elle la souleva hors de terre pour la contempler. Moult filets de bave s'évadant de ses lèvres pour souiller la pureté de cette sainte.

Enfin elle se mit en marche, évacuant la place empestant mort et sang. Pour laisser retomber son dû, devant l'entrée. Un craquement dos lui parut folâtre mélodie tandis qu'elle trempait ses griffes dans une flaque vermeille. C'est avec un fou rire étranglé, entendu au creux de ce sourire dément, qu'elle repeint la façade de l'entrée. Couvrant le panneau de bois, d'écritures fétides et choquantes. Tartaros et Darkness's Fang vous remercient pour cette sauterie ! Une fois sa besogne accomplie, elle récolta tout ce délicieux nectar. Tout comme un félin l'aurait fait. Et dans son esprit elle pensa que ce coup de théâtre effroyable, parvenant aux oreilles de toute la cité et de ces pontes enhardis, ferait grand peur à la populace et ravirait le monarque sombre que l'Omura servait. Pour ce qui est d'Athéna, elle n'était point omise, car elle avait été apperçue dans ces rues. Ainsi Baram avait frappé les esprits et provoquerait vent de panique. En résumé, ladite créature aux airs aliénés aima à passer pour si bête. Ici démontrant une fantasque cruauté et machiavélique machination. Puis elle campa ses poings à ses hanches et admira le tableau. Un chef-d'oeuvre digne d'un détraqué de grande envergure. Elle huma à nouveau la piste olfactive qui la conduirait à une traque jouissive. hélas elle se questionna mollement. Pourquoi l'intensité de l'odeur n'avait-elle pas diminué ? Elle pensa alors qu'elle ne voulait se mouvoir, ou ne le pouvait tout simplement pas. Ainsi, d'un profond râle, elle revint dans les ruines de ce dépotoir. Farfouillant les sacs des gens qui étaient restés le plus en retrait. Se disant qu'au moins l'une de ces canailles avait sur elle une trousse de premier soin. Il fallait bien cela en cas de pépin puisqu'elle n'avait vu de mage soigneur. Elle en trouva une et Revin vers son jouet sans vie. Déposant le petit paquet blanc dessus ce ventre appétissant. Puis reprenant son encas avenir, la dame ombrage se remise en route.

Contournant l'entrepôt pour apparaitre à quelques pas de l'enchanteresse acculée. Devinant qu'elle reprenait ses forces en vue d'une fuite, Lie donna du mou à son cadavre dans les bras. Pour faire bondir la petite valise médicale devant elle, puis donnant frêlement un coup de botte, elle l'envoya cogner contre la taule et retomber à côté de Melodia. « Tiens la larve, pour qu'tu restes en vie. S'tu dois crever ce s'ra d'mes griffes. En attendant, j'te laisses tranquile pour un moment. J'ai trouvé un repas avec plus de chair et une pouffe à baiser qui a plus de formes que toi haha. Aller à la r'voillure poulette. » Sur ses dires blessants, où elle dénigrait totalement la superbe nymphe pour une dépouille amochée, elle venait d'atteinte à son image, comme quoi elle était moins désirable. Quel culot, mais c'était Lie. Et puis Athéna pourrait voir l'aube se lever. Un prétexte serait envisageable, qu'elle le pense importe peu, que Lie ne voulait mettre sa menace à exécution et qu'elle éprouvait de la compassion pour une autre ombre. Pourtant il était indéniable que la dragonne noire l'aurait fait si elle avait été plus vigoureuse, que le temps ne jouait pas contre elles et que son désir n'allait pas vers une morte bien garnie. En attendant, elle disparue en un rire désobligeant et dément. S'évaporant dans la nuit, fusionnant presque avec son univers qui faisait peur aux hommes. Elle ferait haltes successives au temple Amaterasu, à Pyrée et à la forêt Ancestrale avant de rejoindre le quartier général du Tartare. Mais d'ici là, la dépouille de la sainte aura déjà été violée et dévorée. Elle ferait son rapport de cette exaction personnelle, en tant que seconde du master, aimant vadrouiller partout en le royaume et faire parler d'elle. dans le seul but de s'amuser sous la couverture de remplir une mission, répandre le chaos au nom de Tartaros. Ainsi s'achevait une nuit houleuse et sanglante, nombreuses étoiles durent choir du ciel et une aube rouge se leva.

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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   Sam 11 Mai - 22:07
Sasaki
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On vit, on souffre, on meurt.
La douleur physique n'est qu'un pathétique complexe du corps, ce dernier étant trop faible pour combattre les lésions apportées par des objets matériels. Le sang n'est qu'une pâle excuse de guérison, il s'agglutine sur les coupures pour les rendre plus visibles, plus nuisibles. Les saletés sont les véritables ennemis de l'être humain, car ils portent en leur sein des milliers de bactéries et autres micro-organismes indésirables qui repeignent la peau avec leurs propres couleurs. Il n'existait nulle substance plus dégoûtante que la poussière, présente partout, suivant les pas de la dame en rouge telle une sangsue, attirée par le liquide chaud et rougeâtre qui s'écoulait de son bras gauche. Une flèche qui pénètre la peau, qui transperce chaque parcelle de chair jusqu'à rejoindre le côté opposé d'où elle est entrée, voilà une torture à laquelle Melodia n'avait jamais eu droit. Ne sachant pas comment s'y prendre, elle laissait l'objet en place et se mordait la langue, les joues, les lèvres pour penser à autre chose. Elle aurait pu rester toute la nuit dans cette position inconfortable, assise au milieu des débris de l'entrepôt, si ce n'était que de la créature qui rôdait. Les ténèbres ne lui avaient jamais fait peur et pourtant, elle s'évertua à respirer faiblement et faire le moins de bruit possible. Sauf qu'elle se souvenait qu'on ne pouvait pas tromper l'odorat d'un dragon, ainsi ce ne fut qu'une question de temps pour que Lie ne la retrouve.

Le tableau dut lui paraître désolant. Cheveux ébouriffés, vêtements déchirés, peau couverte d'une petite couche grise et brune, à laquelle s'y collait la sueur du précédent effort physique. Un lac d'hémoglobine se tenait à aux pieds de la demoiselle - qu'un enfant aurait tout aussi bien pu appeler « monstre » -. Malgré tout, Athéna arrivait à conserver une certaine beauté, une certaine élégance, dont ses yeux flamboyants en étaient la source principale. Deux pierres précieuses aux teintes rouges, enjolivées par un éclat de détresse, firent halte sur la personne qui leur lança une trousse de premiers soins. Sasaki Omura, Darkness's Fangs, Lie, la Zombie... tant de qualitatifs pouvaient se poser sur son doux visage, épargné de sa propre colère. Elle était puissante, il fallait l'avouer. Chanceuse de porter en elle le pouvoir d'un Dragon Slayer et terriblement vexante de choisir un cadavre mutilé plutôt qu'une déesse blessée. Même si d'un côté, celle-ci avait eu chaud d'esquiver un possible contact sexuel avec la jeune femme aux cheveux violacés. Ses crocs et son sadisme étaient mieux sur une morte que sur elle.

La Shuhebi préféra n'esquisser qu'un rictus en réponse aux propos du dragon. Elle attendit qu'elle soit loin, très loin avant de se soulever de terre pour débuter une marche vers le petit repaire où elle avait laissé Nusty avec un médecin de haut renom. Bien qu'il eusse été probable qu'elle retrouve ce dernier inerte au sol, elle avait dans l'espoir d'être prise en charge. Elle ne supportait plus la douleur à son bras ni les chocs électriques qui parcouraient sa colonne vertébrale à chaque pas. Était-ce cela que l'on récoltait après une bataille ? Si oui, alors elle les éviterait. Ou elle utiliserait des pantins. Sasaki, par exemple. Cette jeune mage ferait une jolie pièce sur son échiquier, il n'y avait pas de doute là-dessus.

« J'vais t'avoir. Un jour. »
La prochaine fois serait la bonne. Elle trouverait les mots exacts pour faire d'elle sa poupée. Une collection de Dragon Slayer, ça pouvait toujours être intéressant. Il en va de dire que celui qui les possédait tous devenait irrémédiablement un Roi. Ou une Reine, dans son cas. Sur ces agréables pensées, elle disparut derrière le rideau de ténèbres pour aller se reposer et revenir en forme pour l'acte suivant. Celui qui verrait se lever une aube rouge et des étoiles noires.



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MessageSujet: Re: Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]   

Le calme plat avant la tempête [PV Melodia Shūhebi]

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