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 Première rencontre.. [PV Aliénore]

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Ali Djinn
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MessageSujet: Première rencontre.. [PV Aliénore]   Mar 30 Mai - 14:36
Cela faisait deux ans que j'étais de retour à Crocus, et autant de temps que j'étais devenu un mage de la guilde de Sabertooth. Lorsque j'y pensais, je me rendais compte d'à quel point le temps passait vite, et la promesse que j'avais faite à Fû selon laquelle je deviendrais aussi fort que lui me tenaillait l'estomac. Mais je m'étais beaucoup entraîné et amélioré ces deux dernières années, et mon entrée à la guilde y avait beaucoup contribué. Nous n'étions cependant là pour discuter des raclées que je m'étais prises dans cette même guilde en me frottant à plus fort que moi. C'était une de ses journées où j'avais fait une légère pause dans ma carrière de mage afin de retourner me ressourcer auprès de mes parents. Cela faisait plusieurs mois que je ne les avais pas vu, et j'avais décidé de reprendre quelques vieilles habitudes en les aidant au restaurant familiale.

Enfin, restaurant familiale c'était beaucoup dire. J'étais l'unique fils de mes parents, et bien que j'adorais cuisiner et leur donner un coup de main de temps à autres, je ne comptais pas reprendre l'entreprise familiale pour autant. La vie enfermée derrière les fourneaux n'était décidément pas pour moi : j'avais besoin de voyager, de respirer l'air frais, de bouger, et de rencontrer des mages puissants pour le devenir à mon tour. Rien qu'à cette idée, un sourire joyeux et excité apparut sur mon visage. Et alors que je continuais à me perdre dans mes pensées, une odeur prégnante et peu commode commença à s’élever dans la cuisine du restaurant où je préparais du poisson frit. Autant dire que lorsque mon père, Baba Djinn, déboula dans la cuisine, c’était plus un poisson grillé qui était en préparation sous l’épaisse fumée qui commençait à emplir la cuisine. Ce n’est que lorsqu’il me bouscula pour ouvrir une des fenêtres afin de laisser la fumée s’échapper que je repris mes esprits. Réagissant toutefois au quart de tour, j’envoyai une bourrasque de vent pour faire sortir la fumée de l’habitacle pendant que mon père éteignait le feu. Il se retourna vers moi avec un regard sévère, et sachant déjà ce qu’il allait dire, je lui offris mon plus grand et beau sourire tout en m’excusant avec un petit rire gêné en lui promettant –sûrement pour la centième fois- que ça n’arriverait plus. Il soupira, avant de céder et de me renvoyer un petit sourire désespéré.

-Va prendre un peu l’air en salle, petit chenapant, je m’occupe du reste ici. Et profites-en pour apporter les cinq plats qui sont déjà prêts aux tables qui correspondent !

-C’est comme si c’était fait, Otôsan !

Je me hâtai de sortir des cuisines avant que la bonne humeur de Baba ne soit rattrapé par les faits qui s’étaient passés quelques secondes plus tôt. Prenant deux assiettes en main et faisant léviter les trois autres autour de moi grâce à mes notions en magie de télékinésie, je me dirigeai vers les clients. J’avais finalement accepté d’apprendre cette notion auprès de mes parents à mon retour de mon voyage d’entraînement à la magie du vent. Et j’étais peut-être tête en l’air, mais en l’occurrence j’étais bien loin d’être maladroit, au contraire. Avec la force de l’habitude je me déplaçais de table en table avec le pied léger, glissant presque comme une brise entre elles en faisant onduler ma longue tresse sans jamais toucher personne. J’en profitais pour offrir aux clients mon habituel sourire chaleureux, saluant les habitués par-ci, prenant des nouvelles des clients occasionnels par-là. Le restaurant n’était jamais bondé, c’était un lieu tranquille et convivial, et c’était sur une table légèrement à l’écart que je devais emmener ma dernière assiette qui s’avérait être un dessert.

-J’espère que le repas a été agréable et que nous vous reverrons bientôt ! Profitez de votre dessert, terminai-je avec un grand sourire.

Je n’avais jamais vu la jeune femme qui était assise à cette table auparavant, mais cela arrivait souvent. Ce qui attira mon regard fut son air strict et sa tenue tout aussi stricte –à la limite du militaire même. Peut-être était-ce parce qu’elle avait reçu une éducation ou un apprentissage tout aussi sévère ? Abandonnant une certaine forme de politesse pour laisser parler ma curiosité spontanée, je penchai la tête sur le côté avec un petit sourire innocent peint sur le visage tout en continuant à fixer la demoiselle. Sans préavis, je me lançai alors avec l’insouciance de la jeunesse.

-Onee-san, vous faîtes partie de l’armée runique ?

Je n’avais croisé que très peu de ses membres depuis mon retour, et autant dire que pendant mon absence de six ans je n’en avais croisé aucun. Et pourtant j’eus un léger doute. N’étaient-ils pas généralement vêtus de bleu, et non de rouge et doré comme l’était l’uniforme de cette demoiselle ?
Aliénore Delle Battaglia
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MessageSujet: Re: Première rencontre.. [PV Aliénore]   Mar 30 Mai - 20:25
Crocus, capitale du Royaume de Fiore, Mademoiselle Delle Battaglia aimait bien cette ville. Elle lui rappelait ces journées d’études et d’entraînement avec maître Potens. Le vieil homme aimait bien lui faire visiter la ville et l’emmener dans ces bibliothèques vieillissantes mais regorgeant de savoir. A contrario, Madame Delle Battaglia, la mère d’Aliénore, adorée cette ville car elle était vivante et pleine de toutes les nouveautés du Royaume. Il faut dire qu’Hargeon, bien que desservie par un port et une ligne de chemin de fer, restait dans la périphérie du pays et toutes les nouveautés mettaient un peu de temps avant d’atteindre la ville portuaire, au grand damne de la mère d’Aliénore. L’Alchimiste, elle, appréciait la ville pour les souvenirs qu’elle lui prodiguait. Elle n’avait peut-être pas eu une enfance merveilleuse, pleine d’amour et de tendresse, mais durant cette enfance, et dans cette ville, elle avait vécu de belles années, riches en rencontre, en savoir. Maintenant, voir le Domus Flau au loin lui rappelait aussi son combat contre Shi Tami. Le bougre, il lui devait toujours sa revanche malgré le fait que ce fusse un beau combat.

Malheureusement, c’était bien ce combat qui amenait Aliénore à Crocus. Maître Potens, lui qui se targuait de ne pas aller au Domus Flau, était présent lors du combat entre Aliénore et monsieur Shi et avait pris son temps pour envoyer une lettre incendiaire à son élève. Il y avait décrit toutes les actions, ce qui aurait dû être fait, pourquoi les transmutations utilisées n’étaient pas adéquates sur le plan physique et chimique, etc… La jeune femme n’était pas forcément contente de son combat à cause de certaines erreurs de sa part et avait travaillé dans son coin pour les corriger sur les conseils donnés par son maître dans cette lettre. Toutefois, cette première lettre fut suivie d’une autre, toujours de Maître Potens, qui lui demandait de se rendre immédiatement à Crocus pour qu’il corrige avec elle ces erreurs. Soit disant, il ne voulait pas qu’elle se corrige de travers. Il voulait surtout la sermonner de vive-voix comme il le faisait à l’époque. Le vieil homme n’avait plus d’élève et ça devait lui manquer de jouer les pédagogues, surtout avec une élève aussi disciplinée qu’Aliénore, souffrant toutefois de torts auxquels il n’avait jamais pu remédier.

Mademoiselle Delle Battaglia avait pu cette fois-ci user de l’appartement familial situé dans la capitale pour se loger. Elle y déposa ses affaires après son voyage et enfila son uniforme pourpre. Le rendez-vous était fixé vers 20h00 dans un grand restaurant de la ville. Naturellement, une telle rencontre devait se faire avec tout l’apparat nécessaire. Ce fut donc son uniforme complet qu’elle enfila : dorures, épaulettes, broche et shako marqué sur le devant des armes de sa famille et ayant les mêmes couleurs que sont uniformes. L’Alchimiste ne le sortait vraiment pas souvent celui-là. Il faut dire que ça la grandissait encore plus que d’habitude et elle faisait déjà assez l’objet de remarque de la part de ces dames sur sa taille pour en susciter de nouvelle. Mais que voulez-vous, une étiquette est faîte pour être respectée.

Elle sortit de l’immeuble où se trouvait l’appartement, le shako sous le bras et elle consulta alors sa montre à gousset. 12h32, c’était une bonne heure pour aller déjeuner. Un petit établissement devrait faire l’affaire pour laisser le temps passer jusqu’à l’heure de son rendez-vous. Elle aurait pu rester dans l’appartement et simplement attendre jusqu’au dernier moment. Mais avec le beau temps qui régnait en maitre, ce serait dommage. Même si la jeune femme savait qu’il y avait peu de chance qu’elle bronze. Après quelques minutes de marches, pendant lesquelles elle se procura un journal, l’Alchimiste se posa à la terrasse d’un petit restaurant et en attendant que sa commande n’arrive, se mit à lire sa précédente acquisition. Son shako, maintenant posé sur une chaise libre à côté de sa table, avait gardé le haut de sa coiffure net et, heureusement, sa longue tresse n’avait pas trop bougée. Son visage était d’une froideur égale à celle de ses yeux. Elle lisait tranquillement et ne s’arrêta qu’à l’arrivée de l’entrée. Un serveur lambda la servit et ce fut le même pour le plat. Il n’avait rien d’extraordinaire. Il était simple, poli et professionnel. De toutes les façons, elle s’en fichait un peu.

Toutefois, et elle ne manqua pas, la personne qui lui apporta son dessert n’était pas le serveur d’avant. Cette personne n’avait rien à voir avec le serveur d’avant. Cette personne était presque torse nu avec un simple gilet pur se couvrir, un pantalon monstrueusement grand et un air jovial trop exagéré pour être naturel. Mais là encore, elle s’en fichait un peu. Tant qu’il la servait et était un tant soit peu professionnel, elle n’avait rien à dire. Le jeune homme déposa son assiette devant et lui fit une formule convenue.


« Merci bien. »

Simple, clair, précis et sobre. Voilà qui correspondait à la jeune femme qui fut satisfaite de voir devant elle sa tarte au citron meringuée. Sa mère les faisait à la perfection et dès qu’elle en voyait sur une carte, elle ne pouvait s’empêcher d’en prendre une. Alors qu’elle allait savourer sa tarte, et ce quand bien même son visage n’avait pas changé entre l’entrée et le dessert, elle s’immobilisa et ses yeux se rivèrent sur le jeune serveur. C’est bien ce qu’elle pensait. Il n’avait pas bougé après l’avoir servi et il la fixait. Qu’est-ce qu’il lui voulait ? Il voulait déjà un pourboire ? Qu’il la laisse effectivement profiter de son dessert et après elle en jugerait. Ô qu’elle aurait aimé que ce soit cela qui retenait le jeune homme juste à côté d’elle. Par la barbe de Merlin, elle aurait préféré cette légère impolitesse là que cette horreur que venait de lui lancer à la figure le jeune homme. Lui demander si elle était une runique, elle ? Et en plus de ça l’appeler onee-sama… diable, avec quel type de singe s’était-elle encore retrouvée.

Mademoiselle Delle Battaglia posa ses couverts calmement, prit une profonde inspiration et regarda le jeune homme dans les yeux. Son visage était plus que froid et ses yeux étaient aussi glacials que l’or dont ils avaient la couleur. Sa voix transpirait l’irritation mais montrait une certaine tenue.


« Voilà une bien étrange façon de poser une question à une cliente. Mais remettons les choses aux clairs. D’abord, je ne suis pas ta onee-san. Tu peux m’appeler mademoiselle si tu veux et y adjoindre mon nom une fois que tu l’auras demandé. Ensuite, non, je ne fais pas partie de cette milice de parasites qui gangrène le royaume. Je suis mage à Blue Pegasus si tu veux tout savoir… Sinon prend une chaise et pose tes questions. »

Ce gamin était de toute évidence le genre à ne pas se laisser abattre par autant de froideur. Autant lui laisser poser toutes ses questions pour obtenir la paix à la fin.
Ali Djinn
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MessageSujet: Re: Première rencontre.. [PV Aliénore]   Mer 31 Mai - 3:19
Je m’étais en fait trompé sur une chose : elle n’avait pas seulement l’air stricte, elle l’était. Et bien plus que ça même. Lorsque j’arrivai pour servir la demoiselle de sa tarte au citron méringuée, celle-ci m’avait à peine accordée un regard, prenant le temps cependant de détailler rapidement ma tenue. C’était certes peu commun de se retrouver face à un serveur habillé ainsi, car contrairement au reste du personnel je n’abhorrais pas la tenue de l’établissement. J’étais vêtu comme d’habitude de mon gilet et de mon ample pantalon, comme je l’avais toujours fait même plus jeune quand j’aidais mes parents. J’avais toujours eu horreur de porter trop de vêtements, car je me sentais étouffer dans ceux-ci, mon corps incapable de capter l’air frais qui circulait. Et cette tendance s’était clairement affirmée avec le début de la maîtrise de ma magie. D’un autre côté, la plus parts des clients que nous avions étaient à présent habitués à mon accoutrement depuis le temps, et les autres ne s’en préoccupaient guère. Ajouté à cela que je n’étais en fait pas un employé de l’établissement et que je travaillais comme bénévole, mes parents avaient vite fait de comprendre qu’il était inutile de tenter de m’imposer ce code vestimentaire. Et jusqu’ici je ne m’étais pas non plus posé beaucoup de questions à ce propos. Mais comprenez bien que je me sentais quasiment nu devant la rigueur de la tenue de cette cliente, ces épaulettes et toutes ces choses qui me paraissaient superflues mais qui avaient certainement leur importance. Cependant je ne m’attardai pas bien longtemps sur le sujet, même lorsque la jeune femme expédia mes quelques paroles d’une rhétorique poliment indifférente. Quelle rudesse !

Ne me laissant pas intimider pour autant – et à vrai dire je n’avais rien remarqué sur le coup tant j’étais absorbé par son accoutrement -, je continuai de fixer la demoiselle d’un air curieux. Sentant mon regard persistant, elle s’arrêta en plein mouvement avant d’avoir pu entamer son dessert et releva le regard sur moi. Et la question que je lui posai ne sembla pas lui plaire le moins du monde au vu de la subtile et tout aussi brève crispation qui avait contracté ses muscles. Avais-je dit quelque chose de mal ? Repassant rapidement ma question dans ma tête, je cherchai vainement où était le problème avant de me résigner à attendre la réponse de mon interlocutrice. Elle reposa alors ses couverts sur la table, prit une profonde inspiration, et posa un regard glacial sur ma personne. Ses yeux, d’un doré saisissant, auraient pu être beaux s’ils n’apportaient pas la menace de me faire fondre sous le regard implacable de leur propriétaire. Et c’est avec une irritation à peine contenue qu’elle me répondit. Je commençai tout d’abord à prendre une moue boudeuse, et tournai la tête d’un air de gamin.

-Onee-san devrait apprendre à être moins rigide, ou elle finira vieille fille, maugréai-je dans ma barbe inexistante.

Mais face à la la suite de ses paroles, je repris mon air naturellement joyeux et lui offrant un grand sourire sincère, je répondis à mon tour.

-Moi aussi je suis un mage, Mademoiselle-san ! Je viens de la guilde de Sabertooth. Et ici c’est le restaurant de mes parents, où je viens donner un coup de main de temps à autres. Mais je ne fais pas parti du personnel à vrai dire.

Puis acceptant volontiers l’invitation de la demoiselle à m’asseoir, je vérifiai que tous les clients étaient servis avant d’attirer la chaise vers moi dans un mouvement fluide, la faisant pivoter sur un pied avant de m’asseoir face au dossier, en prenant appui avec mes bras sur ce dernier.

-D’ailleurs, je vous prierais de ne pas en tenir rigueur à mes parents de mon comportement, dis-je avec un air presque désolé. Puis reprenant mon air jovial à toute épreuve, je me présentai. Je m’appelle Djinn, Ali Djinn, et vous Mademoiselle-san ?

Réfléchissant quelques secondes de plus tout en étudiant mon interlocutrice, je me tâtai avant de poser une autre question qui me trottait dans la tête, tentant de trouver les mots corrects afin que ça n’ait pas l’air déplacé. Enfin à vrai dire c’était plus une supposition qu’une réelle question.

-Avec votre caractère rude et froid, vous devez certainement être une mage de la terre ou de glace non ? demandai-je d’un air pensif.

Eh bien tant pis pour la subtilité verbale, ce n’était que rarement mon fort à vrai dire. Comme j’avais pu le constater à plusieurs reprises, la magie de certains était à l’image de leur caractère. J’avais connu un mage de la foudre qui était une réelle pile électrique, tout comme je voyais mal un mage du feu d’un calme absolu en toute circonstance. C’était peut-être assez primitif comme raisonnement, mais c’était souvent le cas. J’avais bien évidemment rencontré des aberrations tel qu’un mage usant de la magie de la lumière et pourtant foncièrement mauvais, cependant ma théorie était plutôt véridique en général. Et quelque chose me disait que la magie de la demoiselle qui me faisait face requérait la discipline martiale et la maîtrise dont la mage de Blue Pegasus faisait preuve.
Aliénore Delle Battaglia
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MessageSujet: Re: Première rencontre.. [PV Aliénore]   Jeu 1 Juin - 23:09
D’abord il fallait qu’il continue avec son Onee-san. Ensuite, il dépassait légèrement les bornes. Ce n’était pas du tout respectueux envers une jeune femme de lui dire qu’elle allait finir vieille fille et surtout pour Mademoiselle Delle Battaglia qui avait bien l’intention à terme de ne pas finir seule. Ce quand bien même son caractère en avait fait fuir plus d’un ou limiter ses plaisirs à de simple nuits. Toutefois la jeune femme fit mine de ne pas avoir entendu, le ton qu’elle employait pour s’adresser au jeune homme était déjà suffisamment lourd de sens.

Et comme elle se l’imaginait, ni son ton, ni ses paroles ne découragèrent le jeune serveur. Enfin, serveur du dimanche selon lui. L’Alchimiste avait du mal à croire qu’un jeune homme… enfin un gamin au vu de sa propension à sourire bêtement et avec un air naïf à peine agaçant, comme lui pouvait être de Sabertooth. Cette guilde était connue pour forcer ses membres à donner le meilleur d’eux-mêmes. La loi du plus fort en somme. Dès lors, elle voulait bien considérer que s’il était toujours membre, c’est qu’il devait avoir une puissance magique suffisante. Toutefois, se convaincre que son caractère puisse être celui d’un membre de Sabertooth était une tâche bien plus difficile si bien qu’à cette affirmation, elle ne fit qu’un léger signe de tête tout en reprenant ses couverts pour manger sa tarte au citron.

Et puis, cette tâche pourrait se régler au cours de la conversation que semblait vouloir avoir le jeune homme. Il avait accepté l’invitation de l’Alchimiste et il n’avait pas tardé à se mettre à l’aise en face d’elle, usant certainement de la télékinésie pour amener la chaise qu’elle lui avait désignée sous ses fesses. Faire une remarque sur la posture de ce jeune homme ne servirait à rien. Elle n’était ni son tuteur, ni un membre de sa famille. Pour l’heure, ce qui importait c’était de faire en sorte qu’il soit satisfait des réponses données et ainsi qu’elle puisse finir son déjeuner en paix.

Elle voulut commencer à manger sa tarte, le premier morceau, soigneusement coupé avec couteau et fourchette était extrêmement proche de sa bouche et celle-ci sur le point de s’ouvrir quand le jeune mage enchaîna. Les plaisirs sucrés allaient devoir attendre le temps de sa réponse.


« Je ne suis pas une enseignante. De fait, je ne vais pas faire part de la façon dont tu parles à une inconnue à tes parents. Et de toute évidence tu sais déjà qu’il ne s’agit pas là de la meilleure façon de le faire. »

Mademoiselle Delle Battaglia faillit pouvoir mange sa part de tarte au citron mais venaient les attendues présentations. La jeune femme soupira à l’idée de devoir encore attendre pour manger sa part de tarte et reposa le tout dans son assiette, avec la délicatesse propre à son rang.

« Delle Battaglia, Aliénore Emmanuelle Delle Battaglia, deuxième héritière de Vittorio Delle Battaglia, chevalier de Sa Majesté de la Roy de Fiore. Mais tu seras aimable de bien vouloir m’appeler Mademoiselle Delle Battaglia. Je pourrais tolérer le Aliénore-san mais n’en abuse pas, Ali. »

Avant qu’Ali puisse enchainer d’une quelconque façon, Aliénore mangea sa part de tarte. Elle voulait bien faire la conversation, mais certainement pas plus longtemps au dépend de son plaisir sucré. Et par la barbe de Merlin il était bon. Certes cette tarte ne valait pas celle de sa mère. Cependant ça lui rappelait plein de souvenir de jeunesse surtout, avec ces tartes qui étaient un peu les réconforts après les entraînements que lui faisait subir son père. Une marque de douceur entre tous les maux de douleurs.

Malheureusement, le plaisir ne fut que de courte durée. Son visage avait dû se détendre un court instant avant de retrouver sa forme initiale à la question du mage de Sabertooth. Mademoiselle Delle Battaglia reposa ses couverts, se reposa sur le dossier de son siège et regarda profondément Ali. Si le visage de la jeune femme laissait apparaître l’énervement face à cette question, ses yeux la trahissaient un peu. Ils étaient moins froids et vacillaient comme si une pointe de malaise s’était glissée. Ce caractère, celui qu’on lui avait imposé, dicté par sa magie ? Elle n’arrivait pas à croire que l’on puisse avoir une réflexion aussi naïve.


« Je suis forcée de le dire, mais tu n’as pas ta langue dans ta poche. Mon caractère n’est pas dû à ma magie. Quand bien même l’Alchimie demande une rigueur bien plus importante que pour les mages élémentaires, quand bien même l’exécution d’une transmutation requiert d’une certaine manière le fait d’abandonner les fioritures de l’esprit, c’est surtout parce que pendant toute mon enfance, au lieu de virevolter comme n’importe quel gamin de ton genre, j’ai reçu des coups de bâtons pour m’endurcir et j’ai appris à servir mon pays et son peuple. Au lieu de venir importuner les gens, on m’a appris à rester à ma place, dans les rangs, à obéir et au moindre pas de travers j’ai été remise dans l’axe plus que nécessaire. On m’a appris à ouvrir la bouche quand on m’en donnait le droit, on m’a appris à marcher là où l’on me le demandait. On m’a appris à me battre à l’épée, à main nue comme si j’avais toujours eu cette forme physique et ça tellement de fois que tu ne pourrais même pas imaginer à quel point ton enfance était extraordinaire ! Alors non mon caractère ne vient pas de ma magie ! Il vient de ce qu’on a fait de moi ! »

Aliénore s’était sans s’en rendre compte levée de sa chaise, les deux mains posées sur la table, les yeux rivés sur Ali et le ton si stable depuis le début avait subi un crescendo imposant. Elle n’en était pas venue à crier, elle savait se tenir. Toutefois, la voix avait une force qui montrait que le mage de Sabertooth avait touché une corde sensible. La jeune femme reprit place dans son siège en constatant que les clients la fixaient. Elle calma progressivement sa respiration avant de revenir à Ali.

« Désolée. Je me suis emportée je n’aurai pas du. Tu ne pouvais pas savoir. Je te prie de bien vouloir accepter mes excuses avant de poursuivre… A moins que tu ne le souhaites pas. Auquel cas je comprendrais, mage dont la magie ne m’est pas connue. »
Ali Djinn
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MessageSujet: Re: Première rencontre.. [PV Aliénore]   Ven 2 Juin - 7:07
Avec un peu de chance, la mage de Blue Pegasus n’avait pas entendu ma vile remarque sur son avenir peu glorieux en matière de garçons. Et si jamais c’était le cas, elle n’en pipa mot. On m’avait souvent dit que je manquais de tact, mes parents les premiers. Moi ? Je ne voyais vraiment pas pourquoi la populace pensait ainsi. Selon moi, j’étais un model de subtilité. Non ? Bon j’exagérais peut-être un peu, mais quand même. Sortant de ma bouderie de quelques secondes, je me recentrai sur la demoiselle afin de faire les présentations, au détriment de sa tarte au citron méringuée. Je voyais bien que cela faisait plusieurs fois qu’elle tentait d’entamer son dessert, mais qu’elle s’interrompait à chaque fois pour me répondre. J’aurais peut-être dû lui dire de ne pas se gêner pour manger pendant notre discussion, mais j’imaginais qu’elle allait surement me faire une réflexion sur les bonnes manières. Et de mon côté je ne pensais que c’était valable seulement si son interlocuteur s’en préoccupait. Et une fois de plus, elle s’interrompit pour me regarder lorsque je mentionnai le nom de ma guilde. Mais comme son air était tout à fait impassible, je ne pus absolument pas deviner ce qui l’avait fait réagir. Mais encore une fois était-ce vraiment important ? Si ça l’était, je le saurai en temps et en heure certainement. Lorsqu’elle prit la parole, ce fut d’abord pour répondre à mes semblants d’excuses qui s’adressaient en réalité plus à mes parents qu’à cette cliente. Car j’étais venu lui apporter ce dessert au nom du restaurant de mes parents, et si jamais cette conversation tournait mal, je ne voulais pas que mes parents en prennent la responsabilité. Je hochai la tête face à sa remarque et attendis patiemment qu’elle prenne une part de son dessert avant de pouvoir lui répondre. Mais une fois de plus elle se résigna avec un soupir à attendre avant de pouvoir profiter de sa tarte et se présenta à son tour.

Mademoiselle…Quoi ? Alien…Bagatelle… Héritière de Victorio…Je restai une bonne minute à beuguer, tentant de me repasser tout ce que la mage avait dit, et petit à petit je parvins à remettre en place les différents noms qu’elle avait prononcé. Non sans mal. Aliénore Delle Battaglia. Penchant toutefois de manière perplexe la tête sur le côté, je réfléchis quelques secondes. Son nom était définitivement trop long, tout comme Mademoiselle Aliénore était trop long. Je trouvais même que son prénom était trop long. Mais la demoiselle semblait être à cheval sur cela, et je sentais qu’il ne valait mieux pas que je bafoue cette recommandation une fois de plus.

-Enchanté, Aliénore-san !

Elle finit enfin par goûter à sa tarte au citron, et pendant un instant je vis toute la rigidité de son visage fondre pour laisser place à une douce paisibilité. Mais lorsque j’ouvris ma bouche à nouveau, son visage revint à la bonne vieille froideur qui semblait gravée sur ses traits avec la finesse de l’habitude. La colère avait peint le visage de la Pégase, mais alors qu’elle s’adossait à son siège pour me transpercer de son regard, je décelai quelque chose dans le fond de ses prunelles. Quelque chose d’ancien remua, et je supposai sans mal que cette chose que j’avais réveillé ne mettait décidément pas l’Héritière à l’aise. Fronçant légèrement les sourcils, mais soutenant toutefois le regard de la mage, je me préparai à ce qui allait venir. Cependant ce qu’elle me raconta alors me déstabilisa à plus d’un niveau. Elle niait que son caractère eût à faire avec sa magie, et pourtant son caractère seyait parfaitement à la pratique de celle-ci. Je compris bien sûr par la suite ce qu’elle voulait me dire, et la vérité était que ce n’était pas sa magie qui lui avait donné ce caractère, mais que ce caractère qu’on lui avait inculqué de force lui avait néanmoins servi pour sa magie. Mais revenons sur cette dite magie. « L’alchimie » ? J’avais bien entendu ? Des transmutations ?! Que diable étaient toutes ces choses ? Je n’en comprenais pas un mot. Et pourtant elle en parlait comme si c’était monnaie courante. J’avais passé plusieurs années à voyager, étudier la magie sous ses différentes formes, j’avais rencontré bien des mages et mon mentor en avait certainement rencontré bien plus encore. Et pourtant jamais je n’avais entendu parlé d’une telle magie, ni par expérience ni par enseignement. Etait-ce l’une de ses magies qu’on qualifiait de « perdue » ? Les Lost Magics, tout comme celle des Dragon Slayer ? Ou était-ce encore quelque chose d’autre, une magie rare que peut de gens maîtrisaient.

Mais ce ne fut pas ce qui me dérangea le plus. Au « récit » de son enfance, je tressaillis légèrement face à la cruauté dont elle avait été victime. Enfin, il n’était peut-être pas exact d’appeler cela de la cruauté, néanmoins le traitement qu’elle avait reçu n’était pas digne d’un enfant de son âge à l’époque. Comme à mon habitude, je ne pus empêcher de laisser transparaître dans mes yeux la peine que je ressentais pour la jeune fille qu’elle avait été jadis. Pour toutes les épreuves qu’elle avait subi et qui l’avaient irrémédiablement marqué, aussi sûrement que l’aurait fait un fer chauffé à blanc. Des empreintes physiques qui avaient guéri, mais des blessures psychiques qui étaient restées gravées et qui l’avaient modelé en cette femme droite et rigide, toute en protocole. Une vague de culpabilité vint refroidir tout sourire que j’avais pu offrir auparavant, car j’étais conscient que j’avais touché là où ça faisait mal. A ce stade là, ce n’était plus une corde sensible seulement, c’était tout un arpège d’anciennes souffrances que j’avais éveillé. Et avant qu’elle ne s’en rende compte, sa voix –bien que toujours à un niveau sonore respectable- avait gagné en puissance, Aliénore-san s’était levée de sa chaise et avait à présent les mains posées sur la table. Son visage était le limpide reflet des émotions qui la parcouraient. De mon côté, je ne pipai mot, me contentant de la regarder à mon tour, un peu perdu et ne sachant pas vraiment quoi dire pour une fois. Mon visage reflétait toujours la tristesse, la culpabilité, et un brin de compréhension face à la réaction de la demoiselle. De leur côté, les clients s’étaient retournés vers nous pour voir ce qu’il se passait, mais je ne leur prêtai pas un seul regard. Ce qu’elle avait connu n’était pas correcte. Elle avait été privée –du moins en grande partie- de la légèreté et de l’insouciance de l’enfance. Une liberté dont elle n’avait pas profité, et dont j’avais profité à outrance. Se rendant compte qu’elle était observée, la Pégase se rassit et se calma progressivement. Puis elle reprit la parole pour me présenter ses sincères excuses, et pendant tout ce temps je n’avais ni bougé ni parlé car je réfléchissais à ses paroles. Lorsqu’elle eut fini sa tirade, un mince sourire étira mes lèvres et je hochai la tête pour accepter ses excuses. Il n’était certes pas aussi brillant qu’à l’accoutumée, cependant il restait tout à fait sincère. Et pensant soudainement à quelque chose, je partis rapidement en cuisine tout en m’adressant à la demoiselle.

-Ne bougez pas, Aliénore-san.

Moins d’une minute plus tard, j’étais de retour avec un autre morceau de tarte citron méringuée, emballée au cas où elle voudrait le manger un peu plus tard. Je n’avais pas manqué de remarquer qu’elle avait particulièrement apprécié ce met, et c’était ainsi une manière de m’excuser en même temps d’avoir réveillé ces douloureux souvenirs.

-Je ne doute pas de votre capacité à subvenir à vos besoins, cependant je tiens à vous offrir votre séjour ici comme un cadeau de la maison.

Je me rassis une nouvelle fois face à elle, posant mon menton dans le creux de mes bras pour l’observer et réfléchir à la fois. Mais les paroles ne tardèrent pas à venir, et avec un air sérieux qui me faisait enfin paraître à la hauteur de mon âge, je me lançai.

-Je le sais, que j’ai eu une enfance extraordinaire. Bien meilleure que bien des enfants. Je n’ai jamais eu à me plaindre de quoi que ce soit. Et je regrette sincèrement que ça n’ait pas été votre cas. Vous avez bon fond derrière cette façade stricte. Mais n’y voyez pas là de la pitié, loin de là. Seul un aveugle ne verrait pas que vous en êtes ressorties forte. Cela se sent rien qu’en vous observant.

Je ne mentais aucunement sur ce point. Je n’avais aucun doute que la mage qui se tenait devant moi devait être redoutable en combat, et si nous n’étions pas dans le restaurant de mes parents peut-être lui aurais-je demandé de me montrer l’étendue de sa puissance. J’avais moi aussi le désir de devenir fort, et peut-être l’un des mages les plus forts de Fiore, et d’Ishgar. Comme le voulait credo de la guilde à laquelle j’appartenais, nous voulions être les Number One, Saikyô no Guild. Jusqu’à présent j’avais vécu « libre » tout comme mon élément, sans me poser plus de questions, et j’avais simplement décidé que je voulais être fort. C’était certes une promesse que j’avais faite à Fûjin, mais maintenant j’avais une autre raison. Être assez fort pour pouvoir être libre de mes choix, être assez puissant pour que personne ne puisse simplement m’imposer sa volonté. Ma puissance serait l’instrument de ma liberté. Une puissance qui me servirait non seulement à poursuivre ce but, mais aussi à protéger tout ce qui m’était cher et tout ce en quoi que je croyais ! Cette introspection n’avait duré qu’une ou deux secondes, au cours desquelles je levai un regard brûlant de détermination vers la demoiselle Delle Battaglia.

-Tout ce que nous vivons ne nous rend que plus fort, n’est-ce pas Mlle Aliénore Delle Battaglia ? Je veux devenir un puissant mage à mon tour pour défendre ce en quoi je crois, pour défendre ma liberté, ainsi que mon sourire. Et peut-être même le votre, car je suis sûr que vous devez en avoir un de magnifique.

Voyant que je me laissais emporter par les émotions, je souris à nouveau d’un air gêné tout en me grattant l’arrière de la tête, rompant l’intensité de mon regard quelques secondes plus tôt. C’est alors que quelques détails me revinrent en mémoire, et quelques points restaient à éclaircir. Etant éloignés des autres clients, je regardai aux alentours pour voir si aucun passant ne venait avant de faire la démonstration de ma magie à Aliénore-san. Puis d’un simple mouvement du poignet vers l’extérieur du restaurant, je déclenchai une brève bourrasque de vent qui s’estompa rapidement. Souriant à mon interlocutrice à nouveau, je repris la parole.

-Je suis un mage du vent, rien d’aussi impressionnant que votre « Alchimie », Aliénore-san. D’ailleurs en parlant de ça, dis-je en reprenant un air mi-sérieux, mi-curieux avec la tête sur le côté, je n’ai jamais entendu parler de ce type de magie. Vous avez dit qu’elle était basée sur des « transmutations », c’est bien ça ? Pourriez-vous me montrer…s’il vous plaît Mlle Delle Battaglia ?


Dernière édition par Ali Djinn le Sam 3 Juin - 18:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Première rencontre.. [PV Aliénore]   Ven 2 Juin - 21:08
Mademoiselle Delle Battaglia, droit dans siège, avait fini par arrêter de regarder Ali. Son visage froid n’avait pas muté. Il était tout simplement le même, froid, d’une impassibilité à toute épreuve. Pourtant son regard était porté sur la tarte au citron et plus sur le jeune homme. Ce n’était pas dans ses habitudes de perdre son calme. Là, elle n’avait pas pu laisser sa colère se manifester intérieurement. Non, la question d’Ali avait fait comme l’effet d’une rupture de barrage et rien n’avait pu arrêter le flot de son courroux. Un courroux qui lui avait noué l’estomac pendant un instant. Un courroux qu’elle ne pensait pas avoir en elle. La jeune femme ne s’était jamais plainte de son enfance. Elle n’en voulait d’ailleurs à personne et ne semblait pas tenir rigueur à qui que ce soit. Au contraire, elle était fière d’avoir pu être élevée de s’être façon, de pouvoir être digne de porter son nom et servir son Roy et le peuple de Fiore. Pourtant, elle n’avait pu s’empêcher de s’énerver face à l’outrancière liberté d’esprit et de mouvement d’Ali. Il semblait si loin de ce qu’elle était.

Ils étaient aux antipodes du caractère humain. L’ordre et la liberté, la discipline et l’imagination, la rigueur et désinvolture. Tous ces couples de termes révélaient sans failles leur divergence fondamentale. Il semblait si distant qu’elle n’avait pas pu se retenir. Se retenir à l’idée qu’on lui fasse porter la responsabilité de son caractère, de sa façon d’être. Peut-être était-ce cela qu’elle pouvait reprocher à monsieur Delle Battaglia : le fait de ne l’avoir jamais laissée se construire et d’avoir construit la fille qu’il voulait. Mais qu’importait. Qui était-elle pour juger son père, d’autant qu’être comme elle l’était ne la gênait pas. Comme dit plus tôt, elle en était fière.

Ses pensées furent stoppées lorsqu’Ali quitta la table rapidement. L’Alchimiste n’avait que rapidement entendue, avec le peu d’attention qui lui restait, qu’elle devait attendre. A quoi bon… elle n’avait plus vraiment très faim avec ce qui venait de se passer et elle ne voudrait pas importuner davantage les clients du modeste restaurant. La jeune femme prit son shako et fouilla dans a poche de veste pour trouver son portefeuille lorsque la mage de Sabertooth revint, un petit paquet dans la main dans la main. La raison de cette soudaine marque de gentillesse était inconnue pour Aliénore. Elle venait tout de même de l’agresser verbalement…


« Je t’en prie Ali… j… Je ne le mérite pas. C’est très gentil de ta part mais je me dois de refuser. »

Aliénore se préparait à se lever quand Ali s’assit et prit place avec cette tenue qui montrait bien qu’il voulait poursuivre la conversation. Ce qu’il fit, avec ce regard, ce ton, cette présence qu’il n’avait pas eu depuis le début de cet échange. C’était donc à cela que ressemblait Ali Djinn quand il était sérieux. C’était pour le moins intéressant et surtout, cela donnait un peu de corps à ce qu’il disait, défiant Aliénore de mettre en doute l’authenticité de sa déclaration. Il tenait à continuer sur le sujet, elle n’allait pas se défiler. Puisqu’il en était ainsi, il ne lui restait plus qu’à défendre ce qu’elle était. Toutefois, il ne lui laissa pas le temps de répondre à sa première assertion. Il avait enchaîné pour exposer sa raison de se battre : la liberté. Voilà qui correspondait bien au personnage. Toutefois, ce fut le sourire qui retint Aliénore. Avait-il dit qu’il serait prêt à se battre pour son sourire à elle ?

« Ah… je ne sais pas trop quoi dire Ali… tu m’honores. Même si je crains de te décevoir en te disant que je ne suis pas vraiment de ceux qui sourient beaucoup. Enfin, tu as raison, les épreuves forgent la personne que nous sommes. Les personnes qui nous entourent font de nous ce que nous sommes. Ne va donc pas croire que je me suis plainte de mon enfance et donc que j’ai besoin que tu regrettes pour moi. C’est un immense honneur pour moi d’avoir était élevée comme ça, malgré certains inconvénients. Mais au bout du compte, cette éducation aura porté ses fruits puisque mon image correspond à ce que l’on voulait faire de moi. »

Une légère teinte rosée avait coloré les joues d’Aliénore lorsqu’Ali avait parlé de son sourire et ce pendant toute sa réponse. D’autant qu’il l’avait fait avec le même sérieux qui donnait corps à son âge. Toutefois, cette courte manifestation de l’humaine qu’elle était fut rapidement dissoute par la blancheur de sa peau. Il faut dire qu’elle avait aussi fait en sorte en recommençant à manger sa tarte au citron. Si son attention pouvait se focaliser sur autre chose que le compliment spontané, chose dont elle n’avait pas beaucoup l’expérience, cela ne pouvait être que pour le mieux.

Attention qui quitta l’assiette presque vide pour regarder l’extérieur du restaurant. Une puissante bourrasque balaya soudainement la rue. La jeune femme regarda le ciel pour voir s’il y avait de l’orage, mais rien. Cela ne semblait donc pas naturel et Ali le confirma. Il en était la cause via sa magie du Vent. Aliénore, qui avait été surprise par le sort un morceau de tarte dans la bouche, ramena son regard sur lui pendant qu’il s’expliquait et lui posait sa question. Quand il eut finit, et elle terminée avec sa bouchée, elle s’essuya les lèvres et prit un verre dans sa main. Il venait de faire une démonstration, elle devait bien le faire aussi. Et puis, après son incartade, elle se sentait obligée.

Elle regarda un instant le verre avant de le lâcher sur le sol. L’impact fit qu’il se brisa. Toutefois, avant qu’Ali puisse dire quoi que ce soit, en utilisant
Prima Transmutationem et Ricostruzione Di Materia, le verre reprit immédiatement sa forme initiale et une petite tour en carrelage le ramena au niveau de la table. Mademoiselle Delle Battaglia le prit et le tendit à Ali pour qu’il voit de lui-même que le verre n’avait rien avant de ramener le sol dans son état normal.[/i]

« L’Alchimie est l’une des rares magies qui repose sur des principes physiques et chimiques réels. Son but est de manipuler toutes les matières sans exception tant qu’elle ne sont pas vivante et ce dans la limite des deux grandes loi de l’Alchimie : ‘’Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme’’ et ‘’l’Echange équivalent’’. Les techniques de l’Alchimie s’appellent des transmutations. Et ce n’est pas étonnant que tu n’en aies pas entendu parler. Ce n’est pas une magie rare, mais ses utilisateurs eux le sont. Et pour cause, un Alchimiste rechigne toujours à prendre un apprenti et en plus de ça, il n’en généralement qu’un seul dans uen vie. C’est d’ailleurs mon maître qui a fait que je suis à Crocus en ce moment. »

Aliénore disait cela en jouant avec sa fourchette, qui n’avait plus la forme d’une fourchette d’ailleurs. Elle s’amusait à lui donner des formes successives comme un bateau, une petite maison, une bague, etc… Cela devrait répondre au souhait d’Ali.

« C’est une magie compliquée et difficile à maîtriser. La moindre erreur rend une transmutation non-viable et utiliser une mauvaise transmutation peut faire perdre un combat comme celui que j’ai perdu il y pas si longtemps que ça au Domus Flau. »
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MessageSujet: Re: Première rencontre.. [PV Aliénore]   Dim 4 Juin - 6:00
Aliénore semblait tout aussi déstabilisé que le reste des personnes présentes par son soudain accès de colère. Et en effet, de ce qu’elle montrait elle semblait de celles qui parvenaient parfaitement à contrôler leurs émotions en temps normal. Ou à défaut de contrôler ses émotions, je supposais qu’elle avait un long historique en matière de contrôle de ses réactions. Elle semblait surprise de l’intensité de la réaction qui l’avait soudainement prise, et paraissait un peu chamboulée. Je ne savais pas exactement quoi faire car je ne la connaissais pas suffisamment pour prétendre la consoler, cependant j’avais eu une idée. Avant qu’elle ne puisse réagir, je m’étais levé pour aller chercher une autre part de tarte citron. Lorsque j’étais revenu, la demoiselle avait sorti son portefeuille, ne sachant pas encore que cela serait inutile. Peut-être pensait-elle que j’étais allé chercher la note, et elle s’apprêtait surement à partir, mais je n’étais pas du même avis. Si elle s’était énervée, c’était en partie à cause de moi. Elle tenta vainement de repousser mon offre, arguant qu’elle ne le méritait pas, mais c’étaient des bêtises.

-Vous ne pouvez pas refuser cette offre, Aliénore-san. Sans m’en rendre compte, je n’ai pas été très agréable avec vous. De toute manière je n’accepterais pas votre argent, finis-je avec un sourire.

Le fait que je me rassoie semblait l’avoir dissuadé de s’en aller à son tour, et surement avait-elle compris qu’il me restait quelques questions. Même si en l’occurrence, j’allais faire un effort pour les aborder de manière plus adaptée. La demoiselle Delle Battaglia semblait sensible face à mon changement d’attitude, et je pus voir un brin d’intérêt animer son regard. Entre mes deux monologues, Aliénore eu l’air de vouloir dire quelque chose, cependant je ne m’en rendis pas compte et elle dût attendre que je finisse mon deuxième acte avant de pouvoir en placer une. Et se faisant, je ne pus m’empêcher de remarquer le rose qui montait aux joues de la Pégase, effaçant avec au moins autant de succès que son dessert l’air strict qu’elle arborait en permanence, afin de laisser place à quelque chose de plus…chaleureux. Toutefois, sa réponse était tout à fait fidèle au personnage et cela ne m’étonna nullement de savoir qu’elle ne souriait pas des masses. Qui ne l’aurait pas remarqué à l’heure qu’il était. Mais c’était bien dommage. Quelque part dans mon fort intérieur, je me promis de voir le sourire de la mage au moins une fois, et avec un peu de chance d’en être l’investigateur. Aliénore continua donc son discours en parlant de son éducation dont elle était fière, et qu’il n’était pas nécessaire pour moi de la plaindre. Je lui souris de manière sincère, et hochai la tête une fois pour lui montrer mon accord. Nous n’avions pas vécu les mêmes épreuves, et nos caractères étaient tout à fait contraires, cependant je n’aurais pas fait l’erreur de penser que la mienne avait été meilleure que la sienne et que par conséquent j’étais meilleur qu’elle. L’important après tout, c’était d’être en accord avec soi-même, peu importe les difficultés que nous avions dû traversé. Nous avions tous nos points forts et nos défauts, et de la même manière les épreuves que nous avions traversées et qui nous avaient forgé avaient tous leurs bons et mauvais côtés. Il suffisait de savoir en tirer profit du mieux que nous le pouvions.

N’ayant rien à ajouter à cela, je ne fis aucun commentaire sur la tirade de la Pégase et laissai quelques secondes avant de répondre à la question implicite de la demoiselle concernant magie. Et ces quelques secondes furent suffisantes à la mage pour reconcentrer ses efforts sur son dessert qui n’était toujours pas terminé, effaçant par la même occasion le rose qui avait teint ses joues quelques instants plus tôt. J’en profitai pour faire ma petite démonstration de magie, et après avoir vu la soudaine bourrasque de vent, Aliénore jeta un œil au ciel. Mais le ciel ni aucune manifestation météorologique naturelle n’était la cause de la soudaine rafale de vent. Ce que la mage de Blue Pegasus comprit bien vite avec mes quelques explications. La Pégase qui avait encore un morceau de tarte dans sa bouche finit d’avaler avant de passer à sa démonstration à elle. Qui était d’ailleurs assez surprenante. Avant que je n’ai pu réagir, elle prit le verre devant elle et le lâcha sur le sol. Surpris, j’eus un léger mouvement de recul avant de froncer les sourcils pour regarder mon interlocutrice. Il me semblait que la demoiselle n’était pas du type à faire ce genre de choses, et du coup j’eus du mal à comprendre ses motivations au début. Mais j’eus à peine le temps de constater tout cela, que le verre qui était brisé à peine deux secondes plus tôt était de nouveau en parfait état. J’aurais pu croire que c’était la Lost Magic de l’Arc du temps si une petite tour en carrelage n’était pas apparue elle aussi pour ramener le ver sur la table. Ouvrant de grands yeux pétillants, mon silence admiratif trouva écho dans les applaudissements et les « waouw » des autres clients.

Aliénore m’expliqua alors les tenants et aboutissants de sa magie, et bien que tout cela semblait réellement complexe, c’était toutefois absolument intéressant. Si je comprenais bien comment fonctionnait cette magie, elle permettait de remodeler les choses en quelque chose de similaire ou au moins d’équivalent. Contrairement au magie de modelage telle que l’Ice Make, elle ne pouvait pas créer des figures à partir de rien, mais sa magie ne se limitait pas à un seul élément. Elle m’expliqua par la suite que si je n’avais pas entendu parler de cette magie, ce n’était pas tant parce qu’elle était rare mais surtout parce que leur utilisateur étaient peu nombreux. Pour une certaine raison qui m’échappait, les Alchimistes ne prenaient que peu d’élèves. Et si je m’en tenais à ses paroles, elle devait surement être la seule élève de son maître qui l’avait convoqué à Crocus. Lorsqu’elle parla de cette particularité, une soudaine nostalgie s’empara de moi. Je n’avais pas vu mon maître depuis ces deux dernières années, et il ne m’était jamais arrivé de me demander si ce dernier avait eu d’autres élèves avant ou après moi. Quelque part, ça me toucherait de savoir que je n’avais pas été le seul, et qu’il avait peut-être partagé une relation similaire à la mienne avec quelqu’un d’autre que moi. Etait-il cette fois-là aussi parti du jour au lendemain, sans donner de réelles explications ? C’étaient tant de questions dont je n’aurais certainement pas la réponse, mais était-ce vraiment important quand on y réfléchissait bien…Peut-être, ou pas, mais pour une raison qui m’était inconnue ça l’était pour moi. Cependant avant que je ne m’égare plus amplement dans mes élucubrations, mademoiselle Delle Battaglia avait repris la parole. Et ce qu’elle dit ensuite fut très intéressant. Elle avait perdu au Domus Flau dernièrement, à cause de l’instabilité de ses transmutations. Le Domus Flau…alors que je tournai la tête en direction de l’arène, une brise légère vint me caresser le visage et je fermai les yeux pour en profiter. Un mince sourire vint étirer mes lèvres, alors que le vent excitait mes terminaisons nerveuses.

-Votre magie est impressionnante, je n’ai jamais vu quelque chose de pareil. Mais bien qu’elle repose sur un principe tout à fait intéressant, elle a l’air bien compliqué à appliquer. Je suppose qu’il vous faut un énorme panel de connaissance afin de pouvoir maîtriser celle-ci. Est-ce à cause de votre défaite que votre maître vous a convoqué ?

Pendant ce temps, Aliénore était en train de jouer avec sa fourchette qui avait commencé à prendre des formes diverses. Cela devait pouvoir être très efficace afin de faire passer des armes pour autre chose par exemple. Mais si elle avait bien été appelée ici par son maître car elle avait subi une défaite, c’était certainement pour s’entraîner. Et je me demandais à quoi ressemblait ces entraînements. Sur un coup de tête, avec le sourire aux lèvres, je m’adressai à nouveau à la Pégase.

-Si jamais vous avez besoin d’un partenaire pour combattre un jour que vous êtes dans les parages, je serai ravi d’accepter !

Puis me rappelant quelque chose qu’elle avait dit au début de la conversation, en rapport avec mes croyances erronées quant à son appartenance aux chevaliers runiques à cause de son accoutrement, je fronçai les sourcils à nouveau pour reprendre la parole.

-De ce que j’ai compris, vous n’aimez pas les chevaliers runiques je me trompe Aliénore-san ? Avez-vous eu de mauvaises expériences avec eux ?
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MessageSujet: Re: Première rencontre.. [PV Aliénore]   Mar 6 Juin - 0:37
D’abord la gêne de devoir accepter de se voir offrir le déjeuner par le jeune Ali, ensuite celle dû à son regard admiratif et aux applaudissements des clients. Mademoiselle Delle Battaglia était de loin habituée au regard du mage de Sabertooth lorsque celui-ci la vit lâcher le verre dans le vide et l’était davantage au silence face à une quelconque de ses prestations. Cependant, cette admiration soudaine, elle y était peu accoutumée. Cette sensation d’être observée pour une de ses réalisations n’était pas désagréable. Au contraire, cela pouvait la convaincre qu’elle n’avait pas tant de lacunes, à la différence de ce que pouvait penser Maître Potens.

Néanmoins, « rien ne peut être parfait et un alchimiste, un vrai, se doit de ne jamais penser qu’il a achevé quelque chose. Celle-ci doit être sans cesse améliorée, perfectionnée. Un alchimiste qui meure avec la sensation d’avoir réalisé quelque chose n’est pas un bon alchimiste. Seuls ceux pensant ne plus être très loin d’arriver à ce quelque chose et quittant ce monde avec la rage de ne pas pouvoir poursuivre leurs recherches, leurs travaux et leur quête de la sacro-sainte pierre sont de vrais et de bons alchimistes. Et pour cause : ils auront passé toute leur vie à s’améliorer pour se rapprocher au plus près de l’inatteignable. Cette quête sans fin est la garantie d’une progression constante. Dès lors, obtenir l’admiration d’autrui est certes une satisfaction, mais il s’agit là que d’une simple balise au milieu de cet océan inconnu au milieu duquel l’alchimiste progresse. »

Maître Potens savait mettre les mots sur les choses. L’âge et l’expérience très certainement et là encore, il savait ce que vivait son élève et l’en avait prévenu. De fait, Aliénore ne prêta plus d’attention aux clients et resta simplement focalisé sur le jeune Ali. Il semblait toujours impressionné. Pourtant, quelque chose avait retenu son être. Il fallait être aveugle, ou ne pas être humain, pour ne pas voir qu’à partir de l’instant où l’Alchimiste parla de son maître, le mage du Vent s’était quelque peu perdu dans ses pensées. Certes, il était plus qu’aisé de croire que la jeune femme n’avait d’humain que l’apparence. Nonobstant, elle l’était et ne chercha pas à précipiter la réponse du jeune mage. Elle avait tout simplement continué ses explications et peut-être même les avait-elle écourtées en voyant le jeune homme tourner son regard vers l’arène de la capitale. Sans aucun doute, ce dont elle venait de parler lui avait rappelé des choses et lui avait peut-être donné des idées.

Lorsqu’Ali poursuivi la conversation, il donnait l’impression d’avoir compris les principes généraux du fonctionnement de cette magie et son admiration n’avait pas changé. L’ego de Mademoiselle Delle Battaglia en était ravi quand bien même elle savait qu’elle ne devrait pas. Il le fut davantage avec cette question rhétorique quant à ses connaissances pour maîtriser l’alchimie.


« Oh, tu sais, les mages élémentaires, surtout eux, peuvent faire ce que je fais. La différence, et c’est ce qui la rend compliquée et demande beaucoup de connaissances sur toutes les matières connues, c’est que je peux faire tout ce qu’ils font toute seule. Toutefois, je dois avouer que je n’ai pas vraiment de maîtrise sur le vent. Je peux l’influencer avec les particules, mais c’est très difficile. Autrement dit tu es pile là où j’ai du mal. Et puis, il ne faut pas se le cacher, ta magie ne doit pas non plus être d’une simplicité remarquable à maîtriser. Après tout, on parle d’un fluide.

Et oui, c’est à cause de ma défaite. Mon Maître n’a pas du tout été satisfait et donc il voudrait corriger certaines choses avec moi. C’est aussi ça les alchimistes qui ont un apprenti, ils n’envisagent pas que leur élève se corrige seul. Enfin, je ne sais pas si tu as eu un professeur toi aussi. Donc te dire que tu sais ce que ça fait n’est pas vraiment utile. »


Mademoiselle Delle Battaglia arrêta de jouer avec sa fourchette en lui redonnant sa forme initiale. Elle la déposa et reposa son dos contre le dossier de sa chaise, les bras croisés sous sa poitrine et son regard froid dirigé sur Ali. La proposition d’Ali ne tomba pas dans l’oreille d’une sourde. Il semblait vraiment intéressé par l’alchimie et puis, avoir une connaissance ici à Crocus pour s’entraîner de façon plus combattive avec l’alchimie, cela ne pouvait qu’être intéressant.

« Et bien, je prends note. Même si tu m’as quel que peu énervée au début de cette conversation, échanger autrement qu’avec des mots ne pourra qu’être intéressant. Je n’osais te le proposer mais, puisque tu sembles intéressé toi aussi, si un jour tu souhaites en savoir plus sur l’alchimie, passe donc à Blue Pegasus. Loin de moi l’idée de prendre un apprenti maintenant, néanmoins c’est toujours un plaisir de partager. »

Un sourire quand elle disait cela ? Non, certainement pas. Toujours est-il que le visage d’Aliénore était désormais beaucoup moins froid. Il semblait montrer que la jeune femme accepter Ali et pouvait discuter plus longuement. Elle n’était plus d’une rigueur sans nom et même s’il faudrait qu’ils deviennent les meilleurs amis du monde pour qu’il obtienne un début de sourire ou pour qu’elle lui parle librement, le jeune homme avait une alchimiste un peu plus souple en face de lui.

Toutefois, il n’aurait pas le loisir de profiter de cette nouvelle disposition. Ali, malgré l’évidence, voulait remettre le couvert là où c’était dangereux d’aller. L’entre-ouverture très légère se resserra et garda la même posture, Aliénore tourna juste la tête, regardant alors sans but l’extérieur du restaurant.


« Tu aimes vivre dangereusement toi ? hm ? Je n’aime pas cette bande de miliciens. Ce sont des parasites de la vie politique de ce pays et ils ne cessent d’user des privilèges conférés à cette secte du Conseil de la Magie pour faire ce qui leur plaît et ce bien trop dans l’intérêt des mages et pas assez du peuple lambda… Après c’est mon opinion et je sais que beaucoup de sont pas du tout d’accord avec elle.

Ce sur quoi je suis sûre, c’est que oui, j’ai eu des mésaventures avec un ancien runique et désormais Conseiller. Mésaventures qui m’ont laissé une cicatrice au bras…


Kenta Hoshi… la relation d’Aliénore avec ce bougre était ambigüe si bien qu’elle ne pouvait pas trop s’avancer à propos de lui et de son élève, mademoiselle Taylor.
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MessageSujet: Re: Première rencontre.. [PV Aliénore]   Mar 6 Juin - 6:02
Au fur et à mesure de la conversation, il était apparu clair que la Pégase avait commencé à se détendre, laissant fondre son masque de glace. Et il était peu dire que cela lui allait beaucoup mieux. Les signes d’admirations qui avaient parcouru la salle semblèrent lui faire plaisir, même si son visage n’était pas exactement ce qu’il y avait de plus expressif. Cependant j’avais vu un quelque chose illuminer son regard pour l’occasion. Elle était modeste, et bien que son visage se soit détendu, pas l’ombre d’un signe de satisfaction ne vint perturber son regard. Au lieu de s’enorgueillir des brèves acclamations qui avaient accueilli sa démonstration, elle se concentra sur ma personne pour continuer ses explications. A la mention de son maître et du Domus, le vent emporta mes pensées loin du restaurant pendant quelques secondes. La nostalgie des douleurs passées, des journées à m’entraîner, à suer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’eau dans mon corps et que mes jambes tremblantes ne puissent plus me soutenir. Les raclées que je m’étais prises autant à l’occasion de combats au corps-à-corps que des entraînements à la magie du vent. Nos soirées à jouer de la flûte autour d’un simple feu de camp, assis à même le sol non loin de falaises. Pendant ces quelques secondes où je fus totalement silencieux, Aliénore ne fit aucune remarque bien qu’elle avait sûrement noté mon air absent. Elle continua par la suite ses explications, me ramenant quelque peu sur terre avant que je ne reprenne entièrement contact avec la réalité.

Comme je m’en doutais, sa magie ressemblait beaucoup aux Zôken Maho élémentaires, à la différence que celle-ci pouvait toucher à plusieurs éléments à elle seule. Cela impliquait aussi qu’elle devait se munir de bien plus de connaissances qu’aucun mage élémentaire ne prendrait le temps d’acquérir, en dehors de son propre loisir. Cela devait faire d’Aliénore un adversaire redoutable contre les mages élémentaires, et pendant un instant je me demandai si elle pouvait faire de même avec mon élément. Question à laquelle elle répondit dans le même temps, m’apprenant que ma magie était de celle qu’elle avait beaucoup de mal à influencer. Même si cette réponse sous-entendait que pour certains alchimistes, cela était tout à fait possible. J’acquiesçai d’un air à la fois sérieux mais pensif, me demandant où donc s’étendaient les limites de cette magie. Elle semblait penser que ma magie n’était pas des plus simples non plus, et elle n’avait pas totalement tord, mais était-ce vraiment comparable ? Elle me confirma par la suite que c’était bien son maître qui l’avait rappelé à Crocus par rapport à sa défaite, et que ces derniers avaient tendance à rechigner quant à l’autocorrection de leurs élèves. Et vint alors la petite remarque qui étira un sourire quelque peu triste sur mon visage.

-Oui en effet, le vent n’est pas un élément facile à maîtriser car il revêt différentes formes et au moins autant d’usages. Il peut être aussi paisible qu’une brise –se faisant, je levai la paume vers Aliénore pour générer une brise légère et agréable, insuffisante pour décoiffer la demoiselle-, tout comme il peut être impétueux –cette fois je levai la paume vers le ciel, concentrant ma magie pour former un bref tourbillon de vent au creux de ma main avant d’arrêter le tout en refermant le poing.
Mais comme on me l’a enseigné, « pour maîtriser le vent, il faut devenir cet élément »…J’ai mis des années à maîtriser cette magie, même si elle est loin de reposer sur autant de connaissances que l’Alchimie, et je pense que je ne serais jamais parvenu à ce stade sans l’aide de mon maître. On a passé 6 ans ensemble, à voyager à travers des contrées plus venteuses les unes que les autres, et mon corps s’en rappelle encore même maintenant. Donc je sais ce que c’est, dis-je avec un rire un brin mélancolique. Mais il est parti il y a deux ans, et je ne l’ai jamais revu depuis…

Après quelques secondes, je recouvrai un sourire un peu plus joyeux pour faire face au visage de plus en plus accueillant de la Pégase. La fourchette qui avait continué ses métamorphoses plus tôt avait maintenant repris sa forme initiale. Alors que je faisais parvenir ma proposition de m’entraîner avec elle un de ces jours si jamais elle repassait à Crocus, elle s’était adossée de nouveau à sa chaise en croisant ses bras sous sa poitrine sans pour autant revêtir à nouveau son air strict. Et cela sembla lui plaire qu’elle y répondit de manière positive presque aussitôt. Et elle me proposa même de passer un jour à Blue Pegasus si un jour j’étais dans le coin pour me rendre la pareille. Et peut-être en apprendrais-je un peu plus sur l’Alchimie par la même occasion. J’avais toujours été d’un naturel curieux et j’aimais apprendre. Je ne deviendrais jamais un grand alchimiste, mais peut-être pourrais-je en apprendre assez pour pouvoir l’utiliser comme je le faisais avec la télékinésie. Peut-être un jour…qui savait. Offrant un grand sourire à la demoiselle, j’acceptai avec enthousiasme autant en ce qui concernait les entraînements que ses démonstrations d’alchimie.

-Ce serait avec grand plaisir, Aliénore-san ! Et si jamais vous voulez apprendre à voler, ou servir de ventilateur, je serais tout aussi enchanter de vous apprendre !

Hey ! C’était bien pratique de pouvoir se ventiler en temps de chaleur extrême, ne sous-estimez pas ce pouvoir. Bien que pouvoir voler était bien plus utile en l’occurrence. Mais alors que la discussion allait bon train, et que je sentais une certaine entente s’immiscer entre nous, le visage de la Pégase se ferma à nouveau lorsque je mentionnai les chevaliers runiques. Un nouveau sourire sincèrement désolé vint peindre mon visage lorsqu’elle me demanda de manière polie si j’étais suicidaire. Je me repris toutefois rapidement un air sérieux alors qu’elle m’expliquait pourquoi elle n’appréciait nullement ces personnages. Il semblait vraiment que les origines de son caractère ainsi que les chevaliers étaient deux points qu’il fallait éviter d’aborder en sa présence. Je notai quelque part ces informations dans ma tête afin d’éviter de faire l’erreur une nouvelle fois. Car je ne doutais pas du sérieux de la question qu’elle m’avait posé quelques secondes plus tôt. Ecoutant ses explications, je pris un air songeur tout en me redressant, réfléchissant à ses propos. Lorsqu’elle mentionna sa cicatrice, mon visage se crispa légèrement avant de soupirer, alors que mes yeux s’attardaient sur son bras. Si elle en avait gardé une cicatrice, je suppose que sa confrontation avec le mage du Conseil n’avait pas été des plus douces.

-Je comprends mieux maintenant, fis-je avec un hochement de tête face à toutes ses raisons. Mais avec mon optimise naturel, un sourire revint sur mon visage. Mais nous, mages, sommes là, et on protégera toujours cette population contre les menaces qui lui planent dessus. Peu importe si ceux d’en haut sont pourris. Et puis il doit bien y avoir quelques pommes mûres parmi tous les fruits pourris, terminai-je.

Puis m’attardant sur son bras nouveau, je me demandai qui pouvait bien être ce Conseiller.

-Celui qui vous a fait ça devait être balèze, quand même. Maîtrisait-il une magie avec laquelle vous avez du mal aussi ? Enfin, si ça ne vous gêne pas d’en parler, ajoutai-je rapidement.

Aliénore Delle Battaglia
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MessageSujet: Re: Première rencontre.. [PV Aliénore]   Sam 17 Juin - 3:41
Voilà qui était pour le moins intéressant. Venait-elle de trouver un moyen de vraiment porter l’attention du jeune homme sur autre chose qu’elle-même ? Non pas que Mademoiselle Delle Battaglia trouve cette conversation désagréable, elle avait pris un tournant au contraire intéressant. Mais à trop parler d’elle, son interlocuteur oubliait de parler de lui-même. Or, au vu des invitations croisées qu’ils s’étaient fait, il valait mieux pour elle qu’elle connaisse un peu mieux le jeune homme et qu’elle ne donne pas trop d’éléments sur elle.

Lorsqu’il se mit à parler de sa magie du vent, Aliénore comprit que le jeune Ali n’avait pas fait les choses à moitié avec cette magie. Il s’était entraîné et sa maîtrise se voyait pendant sa démonstration. Pour l’Alchimiste, c’était dans le travail de précision que l’on voyait la maîtrise d’une magie, pas de l’expulsion sans limite de sa puissance. Ca, n’importe quel benêt pourrait le faire. Celui qui s’est entraîné et qui a compris comment fonctionne sa magie sait déployer judicieusement et avec doigté son pouvoir. Comme l’avait fait Ali en face d’elle. D’abord, une légère brise, rafraîchissante en ce début d’après-midi, puis une tornade dans le creux de la main. Il savait maîtriser sa magie et les explications qu’il donnait ne faisaient que le confirmer.

Il avait donc eu un maître. Diable, il savait donc se conformer aux demandes de quelqu’un. Voilà qui était des plus intriguant pour un jeune homme au caractère aussi imprévisible de l’élément qu’il maîtrise. Toutefois le court récit du contenu de ces six années d’entraînement avec celui qui fut son maître laissa un court froid dans la conversation. Elle venait elle aussi de toucher un point sensible chez le mage de Sabertooth.


« Les professeurs ont tous leurs façon de faire. Mais je présume que s’il t’a laissé, c’est qu’il n’avait plus rien à t’apprendre et qu’il revenait à toi de t’améliorer tout seul. C’est une façon de penser… Un Alchimiste ayant un apprenti l’aurait certainement foudroyé de tous les noms d’oiseaux possibles. Enfin, désolée d’y avoir fait référence. Je ne savais pas. »

Bien que le visage d’Aliénore n’ait pas changé, sa voix pris une légère douceur, comme pour vouloir pansée la plaie qu’elle avait rouverte. Certes il n’y avait ni le regard, ni la tendresse qu’une femme ayant l’âge d’être mère pourrait manifester. Toutefois, malgré la rudesse de l’apparence, le ton y était.

Venait ensuite l’échange concret de leur mutuel acceptation à s’entraîner ensemble et à délivrer leur savoir sur leur magie.


« Ahah… malheureusement, ne t’attend pas à pouvoir te servir de l’Alchimie grâce à moi. Je n’ai pas les compétences pour pouvoir être un professeur car mon champ de compétence trop restreint. Et puis, ce serait faire mon maître avoir une crise cardiaque. Tu n’imagines pas combien de fois il s’est pris la tête avec d’autres jeunes alchimistes jugés incompétents par les plus anciens et qui ont quand même pris des élèves parce qu’ils voulaient juste faire grossir notre population. Chaque année, ça fait un scandale et plus je m’en tiens à distance, mieux je me porte.

De fait, ça me permet de décliner gentiment la partie de ton offre me permettant d’apprendre à voler. Je dirai simplement qu’un Alchimiste ça préfère rester au sol et que j’ai un peu de mal à ne pas y être. Mais servir de ventilateur je ne dis pas non. Par contre, je suis curieuse de voir comment tu voles. J’ai un a… un camarade à Blue Pegasus qui peut voler grâce à sa magie de foudre et, par pure approche scientifique, je me demande si c’est différent. »


Ah, et dire qu’il avait presque réussi à lui faire faire de l’humour et lui avait fait sortir de ses lèvres un de ces rires fades de personnes ayant perdu l’habitude. Toutes ces avancées, perdues à cause de la curiosité d’un homme ne voulant pas lâcher le morceau sur la Milice et la Secte qui la commande. Ce que la jeunesse peut-être stupide parfois. Stupide, mais pas sourde. Ali avait sans dire un mot écouté ce qu’avait à dire Mademoiselle Delle Battaglia. Il était songeur et expressif quand il s’agissait de la blessure que monsieur Hoshi avait fait au bras d’Aliénore. Toutefois, il ne lui fallu pas beaucoup de temps pour retrouver son aura joviale ce qui exaspéra Aliénore qui tenta de le cacher. Rien de plus simple d’ailleurs pour une personne rigide comme elle.

Les bras toujours croisés, le dos posé contre le dossier de la chaise, Aliénore répondit à Ali sans pour autant croiser son regard. Elle se remémorait ce combat qui fut pour elle une nouvelle défaite. Elle lui jeta un court regard quand il entrecoupa son discours par un regard vers ce bras blessé par le Conseiller. Un regard rapide et empli d’une grande froideur. Mais elle n’était pas destiné au jeune, elle était le simple reflet d’un certain énervement contre elle-même.


« On ne pourra pas retirer ça à la jeunesse : on pense toujours pouvoir faire quelque chose pour les autres malgré les dysfonctionnements du monde. Ahh… si ça pouvait être vrai. Si nous pouvions vraiment aider les honnêtes gens sans que le Conseil ne dévoile une arme secrète volée ou bien fasse planer au-dessus de nos têtes une arme aux pouvoirs destructeurs sans nom. Une arme dont ils sont les seuls à connaître l’existence et à pouvoir utiliser sans que notre souverain bien aimé ne puisse s’interposer. Ce serait enfin une vraie ère de paix. Toutefois, ce n’est pas le cas…

Oh oui certainement… J’en connais un. Ca ne me fait pas l’apprécier davantage pour la fonction qu’il occupe. Cependant l’individu pourrait bien être respectable.

Voyons Ali, un peu de jugeote. C’est un membre du Conseil de la Magie. Heureusement qu’il est balèze et puis, il n’en faut pas non plus énormément pour me dépasser. C’est le dernier Conseiller en date, monsieur Kenta Hoshi, un mage du Feu… »


Aliénore se massa le bras où il y avait la cicatrice tout en poursuivant.

« Pour les jeunes Alchimistes, et jeune est un qualificatif qui désigne tout alchimiste jusqu’à ses cinquante ans, les fluides en dehors de l’eau sont compliqué à maîtriser. Le vent comme le feu sont deux choses qui impliquent une très grande concentration et beaucoup de puissance pour les maîtriser. Bien que le feu ce soit plus facile, il suffit de retirer l’oxygène d’une zone et ça, je peux le faire, mais pas en combat comme à ce moment-là.

Sinon, que dirais-tu de poursuivre cette conversation pendant une marche. Je dois passer à une bibliothèque d’Alchimie prendre un livre. Il y a le laboratoire du vieux propriétaire, ça pourrait t’intéresser ? Et puis tu pourras faire ta démonstration. »


Aliénore disait cela en se levant. La conversation était, malgré le sujet, intéressante et il serait dommage que son départ ne l’avorte.
Ali Djinn
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MessageSujet: Re: Première rencontre.. [PV Aliénore]   Hier à 22:17
Parler du maître que j’avais eu avait quelque peu terni le sourire qui étirait habituellement mes lèvres. Ce n’était pas réellement douloureux en soi, mais cela restait un sujet sensible qui faisait naître un sentiment nostalgique des plus profonds. Cela se fit brièvement ressentir au cours de la conversation, et pour la première fois depuis le début de cette conversation ce n’était pas dû à la rigidité de la Pégase. Rigidité qui s’était au fur et à mesure améliorée, par ailleurs. Face au récit abrégé de mes années d’entraînement, Aliénore avait écouté attentivement, attendant que je termine avant de reprendre avec une voix plus douce que précédemment. Et les mots qu’elle prononça trouvèrent échos aux paroles de mon maître lorsqu’il s’en était allé. M’améliorer seul, et forger mon propre style à partir de mon instruction afin de devenir plus fort. Et peut-être qu’un jour, nous nous rencontrions à nouveau… Il était parti parce qu’il avait des affaires importantes à régler, comme l’attestait la lettre cachetée d’un sceau qu’il avait reçu. Mais serait-il resté beaucoup plus longtemps à mes côtés même sans cette lettre ? Peut-être m’avait-il en effet appris tout ce qu’il pouvait m’apprendre, et qu’il m’avait laissé me débrouiller seul car il savait que j’en étais capable et que j’en avais besoin pour progresser d’avantages. C’était drôle que l’Alchimiste prononce ces mots ainsi, faisant vibrer une nouvelle corde de sensibilité en mon fort intérieur. Un sourire moins triste que précédemment étira mes lèvres alors que ces pensées faisaient leur bonhomme de chemin dans mon esprit. Je hochai la tête face à ses excuses.

-Il n’y a pas de mal. Tu as certainement raison qui plus est.

J’avais fini par m’habituer à l’impassibilité du visage de mon interlocutrice, préférant me repérer au ton de sa voix et à l’intensité de son regard. Plus que le masque de son visage qu’elle arborait en permanence, ceux-ci étaient des indicateurs un peu plus fiables de son humeur. Mais malgré le fait que son ton s’était fait plus clément, les paroles de la mage de Blue Pegasus me déçurent un peu, brisant avec douceur l’ébauche de mes rêves d’alchimiste. Mes yeux et mon visage, transparent comme à leur habitude, ne manquèrent pas de se voiler quelques secondes de déception avant de reprendre une mine concentrée pour écouter la suite de ses explications. Et plus nous en discutions, et plus il m’apparaissait évident que devenir un alchimiste n’était pas donné à tout le monde. Pire encore s’il s’agissait d’être assez confirmé pour pouvoir prendre un apprenti sous son aile. Avec toutes ces conditions et toutes ces controverses, il n’était pas étonnant que la famille des Alchimistes soit si peu nombreuse. Soit, Aliénore-san venait par la même occasion de m’annoncer qu’elle ne pourrait donc pas m’enseigner cet art tout à fait complexe et ô combien intéressant, et avait profité par conséquent pour décliner mon offre de lui apprendre à voler. Elle argumenta en exposant le fait qu’un Alchimiste préférait rester les pieds sur terre, et de ce fait servir de ventilateur lui allait beaucoup mieux. Et bien que cette déclaration pouvait avoir pour signification qu’il était bien plus pratique de rester sur la terre ferme pour avoir de quoi transmuter, j’étais quasi-sûr que c’était en très grande partie parce qu’elle ne sentait pas du tout à l’aise dans les cieux. Le vertige ? La peur des hauteurs ? A ces paroles je laissai donc un sourire amusé flotter sur mon visage. Cependant cela me surprit énormément lorsque j’appris qu’un de ces camarades de guilde, un mage de la foudre, savait lui aussi voler. Enfin camarade…elle semblait avoir hésité sur le terme à employer, partant au premier abord sur un terme bien plus affectif qui me fit presque lever un sourcil. Mais son habituelle rigidité reprit très vite le dessus. Mais revenons au fait qu’elle venait de dire qu’un mage de la foudre volait. Et pendant quelques instants j’eus du mal à imaginer le processus qui lui permettait de bien pouvoir voler grâce à la foudre. Je pouvais comprendre qu’un mage du feu utilise cet élément comme propulsion afin de pouvoir voler, mais les éclairs ? Se servait-il d’un moyen similaire ? Ou se rapprochait-il d’avantage de ma technique qui consistait à me faire porter par le vent ? J’avais du mal à m’imaginer cela, mais c’était peut-être une des raisons pour lesquelles Aliénore m’avait demandé une démonstration. J’acquiesçai à sa demande.

Mon optimisme semblait quelque peu déranger la Pégase, qui mettait cela sur le dos de la jeunesse. Et bien que j’étais pour lui accorder le fait que les choses étaient loin d’être aussi faciles, je refusais de devenir aussi grincheux qu’elle l’était. Des armes volées, secrètes, cachées, capables de destructions massives que détenait le Conseil ? Qui ne se doutait pas que de tels moyens existaient ? Cependant, était-ce vraiment évitable. Si c’était la paix dont parlait Aliénore, je n’étais pas sur qu’elle soit un jour atteinte ou accessible. Une instance au plus haut, sans armes secrètes en cas de conflits majeurs. Une instance dont tout un chacun connaîtrait les moindres possibilités, et les moindres failles, afin de mieux les contourner. J’en connaissais peu au sommet qui se satisferaient de cela. Cela rendait-il les interrogatoires de la Pégase illégitimes ? Pas pour autant. Cependant elle me coupa dans mes pensées pour pouvoir continuer à parler d’un certain Kenta Hoshi, un mage du feu responsable de la cicatrice invisible à mon œil qu’elle portait sur le bras. Il était apparemment un jeune Conseiller, et à la mention de son nom, cette sonorité m’eut l’air familière. Peut-être avais-je déjà entendu parler de lui, ce qui n’était somme toutefois pas si étonnant que cela au vu de son rang. Puis en se massant le bras à l’endroit où devait se trouver sa cicatrice, elle changea de sujet afin d’aborder une autre question que je lui avais posé. Et comme je m’en doutais, les fluides (exception faite de l’eau) faisaient partis des éléments qui étaient difficilement à maîtriser, et le feu n’y dérogeait pas. Même si selon ce qu’elle disait c’était plus facile d’agir sur les flammes que le vent. Ensuite elle me proposa de continuer la conversation sur la route pour une blibliothèque d’Alchimie où je pourrais voir le laboratoire du propriétaire. Mes yeux s’illuminèrent d’un seul coup avant que je ne réponde à mon tour.

-Oui ! Ça m’intéresserait beaucoup, fis-je avec un grand sourire. Et si tu parles d’un « vieux » propriétaire, je suppose que cela veut dire qu’il n’est plus considéré comme l’un de ces « jeunes » Alchimistes dont tu m’as parlé plus tôt, terminai-je en rigolant à moitié.

Puis profitant du mouvement de la Pégase, je me levai à mon tour de ma chaise toutefois sans toucher le sol, assis à plus d’un mètre du sol en position du lotus. Je rangeai la chaise à sa table et nous sortîmes du restaurant de mes parents alors que je reprenais la parole, tout en profitant pour faire ma démonstration.

-Je suis curieux de savoir comment ton…camarade fait pour voler avec la foudre, je n’avais jamais entendu cela auparavant, dis-je avec un léger air interrogatoire sur le mot « camarade », même si le sujet m'emplissait d'une curiosité presque infantile. Pour ma part, je me sers du vent pour me porter. Comme je l’ai dit, l’essentiel c’est de ne faire qu’un avec son élément.

Et sur ces mots, je m’envolai de manière plus franche en générant une légère brise, m’élevant au-dessus des bâtiments en faisant des pirouettes dans les airs. Puis je redescendis au niveau du sol, flottant à quelques centimètres du sol tout en continuant à nous diriger vers la bibliothèque. Au fur et à mesure que nous avancions, je me rapprochais du sol pour ensuite laisser assez rapidement la marche prendre le relais. Non pas que ce petit effort était fatiguant, mais il était inutile de trop en faire et de se faire remarquer tout le long du chemin. Un humain qui vole, et qui se déplace à plusieurs centimètres du sol, ce n’était pas hyper commun même dans notre pays rempli de mages. Mettant alors les mains dans les poches, je repris la discussion sur un sujet quelque peu fâcheux évoqué plus tôt. Je levai la tête au ciel tout en fermant brièvement les yeux pour laisser une brise caresser mon corps.

-Je ne pense pas que la paix telle que tu en parles existera jamais. Ceux qui sont au « sommet » auront toujours des secrets, et voudront toujours tirer les ficelles quelles qu’elles soient. Même si ces secrets peuvent détruire des pays entiers, et même si ces ficelles sont des êtres vivants. Nous n’arriverons certainement jamais à totalement contrebalancer ce pouvoir, mais nous pouvons faire notre possible pour en réduire les inégalités. L’autre alternative serait de détruire ces instances qui nous sont supérieures, et qui régissent selon leur bon vouloir afin d’être tous égaux. Mais aurons-nous vraiment la paix alors… ?

Puis après quelques instants, me questionnant au sujet de l’endroit où nous allions, quelques pensées me vinrent en tête. Avec tout ce que l’Alchimiste m’avait dit, une certaine crainte commençait à voir le jour chez moi. L’alchimie semblait être si stricte, si règlementée…

-Là où on va, je pourrai moi aussi lire des livres sur l’Alchimie et rentrer dans le laboratoire du propriétaire dont tu m’as parlé ? N’est-ce pas réservé aux Alchimistes ?
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MessageSujet: Re: Première rencontre.. [PV Aliénore]   

Première rencontre.. [PV Aliénore]

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