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 [Solo] Le passé, c'est maintenant

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Kenta Hoshi
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MessageSujet: [Solo] Le passé, c'est maintenant   Sam 10 Oct - 0:24
Je quittais Carmina et Amandil, dans le seul but de trouver ce que j'avais cherché depuis tant d'années. J'avais obtenu le lieu de toutes les réponses : mon île natale, Lémuria. Oui, j'étais né sur une île, j'y avais même grandi. C'était tout ce que je savais pour le moment : Amandil n'avait pas vraiment eu le temps de m'en dire davantage que j'étais déjà parti en direction de Lémuria. En fait, je voulais aussi tout apprendre de moi-même, tout voir de mes propres yeux. Il n'y aurait aucune nostalgie, n'ayant pas de souvenirs. Uniquement... Une immense joie. Comme un enfant voulant ouvrir un cadeau, j'étais impatient d'arriver à destination. J'avais pris un bateau à Carmina pour Lémuria, un bateau de pêche. Cela voulait-il dire qu'il y avait beaucoup de pêche ? Y avait-il un lien avec le fait que j'aime le poisson ? Aucune idée. Et, honnêtement, ce n'était pas la seule question que je me posais.

Il y en avait bien davantage. Je me les répétais toutes, celles que j'avais accumulées au fur et à mesure de mes voyages. À chaque fois qu'on me posait une question et que je ne pouvais y répondre, faute de me souvenir : je me souvenais de la question, en me promettant d'y trouver un jour une réponse. Mais, bientôt, je ne pus réfléchir beaucoup plus : je m'emmêlais dans mes pensées. J'étais sûrement trop excité. Alors, pour me calmer, je sortis mon carnet de dessin. Il y avait des schémas de tous les flashs qu'il m'arrivait de me voir, tous les lointains souvenirs qui ressurgissaient de temps en temps. D'ordinaire, je suis calme et je pourrais peindre dans n'importe quelle circonstance, mais, aujourd'hui en tout cas, c'était une exception. Alors j'étais obligé de revoir tous les schémas, espérant voir chaque chose pour de vrai, une fois que je serais arrivé.

Eprouvais-je de la joie ? Évidemment. Eprouvais-je de la crainte ? Tout autant. Effectivement, j'avais peur d'être déçu. L'ultime mise en garde d'Amandil n'avait pas arrangé les choses. J'avais toutes les raisons d'avoir peur de ce que je trouverais, mais de toute façon, qu'y pouvais-je ? Et quoiqu'il puisse arriver, l'objectif de ma vie était de trouver le nom de cet endroit, pour le visiter. Désormais, je le rendais concret. Et avec cela, aucune peur ne pouvait effacer ma joie.

Le bateau accosta dans un port. Au dessus de ma tête, j'entendais les mouettes. Inconsciemment, je souris. Il devait être aux alentours de sept heures du soir et la journée s'était bien écoulée depuis mon arrivée ce matin à Carmina. Aurais-je le temps de découvrir quoi que ce soit ce soir ? Certainement. Je ne pourrais pas dormir avant, de toute façon ! Il fallait donc chercher. Je pris une grande inspiration, puis fis mes premiers pas sur le sol de Lémuria. Je ne connaissais rien de cette île, sinon qu'elle était dans la mer Iridia et qu'elle appartenait à Fiore. J'étais dans l'inconnu total, malheureusement. Enfin, mieux valait peut-être ça que vivre la frustration de découvrir que j'étais originaire de Mac Anu, alors que j'y vis...

Le village était petit. J'en fis rapidement le tour à pied. Je n'étais pas déçu, car je me voyais très bien grandir ici, loin de Fiore, dans cet endroit de paix, où le mal ne sévissait sûrement pas, ou en tout cas pas autant que sur le continent. Pour quelqu'un ayant vécu la bataille de Gehenna, c'était peut-être paradoxal de penser ainsi.... Bref, c'était tout joli tout mignon. Mais à part ça... Je ne me souvenais de rien. Et vis-à-vis de ça, je pouvais être déçu. Je m'attendais à un déclic ! Un moment où je me souviendrais tout-à-coup ! Mais Amandil ne m'aurait pas menti, c'était impossible. C'était ici. Et si les souvenirs ne venaient pas à moi, alors je viendrais à eux. J'allais chercher ma famille.

J'avais remarqué un bâtiment plus petit que les autres. En m'y intéressant, j'avais remarqué qu'il s'agissait d'une taverne. En somme, l'endroit où je ne serais sans doute pas allé étant jeune, j'avais donc passé mon chemin. Cependant, maintenant, j'y retournais. C'était le meilleur endroit pour chercher des informations. Alors que j'allais passer la porte, elle s'ouvrit sur moi et une femme ayant la vingtaine se trouva devant moi. Lorsqu'elle me vit, ses yeux s’agrandirent, comme si elle avait vu un fantôme. Elle me connaissait, j'en étais sûr. Mais qui pouvait-elle être... ? Une amie d'enfance, à l'instar d'Amandil ? Sûrement...

K-Kenta ? C-C'est toi ?


Oui. Et à qui ais-je l'honneur ?


C'est vraiment toi, pas de doute... Mais il est impossible que tu m'aies oubliée. J'en mangerais mes bottes !

De quoi elle parlait ? Elle ne me rappelait toujours rien... Comment devais-je répondre ? Elle était persuadée que je la connaissais. En tout cas, elle, elle me connaissait. Et ne l'ayant jamais vue sur le continent, il était plus que probable qu'elle soit une amie de mon passé. Et maintenant, comment pouvais-je lui apprendre la nouvelle ? Lui dire que j'étais amnésique, comme ça ? Impensable. Me faire passer pour quelqu'un d'autre ? Non, c'était trop tard pour ça. Que me restait-il ? Gagner du temps. Il fallait qu'elle l'apprenne en douceur. Alors, je choisis l'humour.

Je crains que vous puissiez commencer à les cuisiner...

Et sa réponse fut brève. Mais elle sonna comme une claque. Car jamais je n'avais envisagé cela possible. Pourtant... Elle sembla sincère.

Tu as bien changé, frérot...

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Kenta Hoshi
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MessageSujet: Re: [Solo] Le passé, c'est maintenant   Mar 20 Oct - 18:52
Cette femme, enfin, ma soeur, fit un sourire. Des larmes coulaient sur ses joues. Moi, j'étais à l'envers. J'avais jamais imaginé qu'on me dise ça un jour et encore moins dans ces circonstances. Il n'y avait que peu de doute possible quant à la véracité de ses mots. Alors, une fois de plus depuis des années, je me posai cette question, que je répétais tous les jours : qui suis-je ? Aujourd'hui, on me donnait la possibilité d'avoir une réponse et, pourtant, j'en avais peur. J'avais peur de savoir, pour la première fois de ma vie. N'y avait-il pas une raison à mon amnésie ? Amandil avait dit que je serais probablement déçu. Et ma toute nouvelle soeur me disait que j'avais changé... En soit, c'est compréhensible, quand on répond ce genre de choses, mais toujours est-il que le doute était plus fort que jamais. Non ! Je ne devais pas reculer. J'avais lutté depuis des années pour savoir qui étais-je. Aujourd'hui, c'était le jour du dénouement. Ma soeur... Je ne savais que lui dire et surtout comment le lui dire. Mais une action pouvait avoir beaucoup plus de valeur que des mots. Je fis deux pas vers elle et l'enlaçai.

Elle semblait un peu plus jeune que moi. Elle avait les cheveux bleus, quoique d'un bleu plus clair que moi. Ils descendaient le long de ses épaules jusque ses hanches. Ses yeux étaient d'un bleu océan. Plus bas, son cou était décoré d'un collier d'or, avec ce qui semblait être une améthyste qui y pendait. Elle était habillée avec une tunique blanche, sans manches, mais avec un décolleté que je jugeai trop provocant. Mais peut-être était-ce mon esprit de frère qui surgissait au delà de mon amnésie ? Mais par dessus tout, une ceinture ceignait sa taille. Et à cette ceinture pendait une épée. Ma soeur se battait ? Un mage ? Un mercenaire ? Je n'avais pas entendu parler d'un autre Hoshi avec des cheveux bleus. Et, pourtant, ce n'était pas faute d'avoir cherché.


Désolé, je suis amnésique depuis une dizaine d'année. Je ne me souviens pas de toi.


Je le lui avais murmuré. Ma soeur éclata en sanglots. Alors c'était ça, se souvenir ? Propager la douleur ? Étais-je toujours sûr de moi ? Je n'étais pas seul, dans l'équation... Mais le mal était fait, désormais. Les dés étaient jetés. J'attendis un instant, qu'elle se calme, pour revenir en arrière et la prendre par les épaules.

Je suis Kenta Hoshi. Et je ne sais pas d'où je viens. Alors, si tu es vraiment ma soeur, s-s'il te plait... P-parle-m-moi.


À mesure que je parlais l'émotion m'envahissait, pour finir par me submerger. Mes paroles étaient ponctuées de sanglots. Oui, définitivement, j'avais fait le bon choix. Je devais me libérer de cette quête, de cette douleur. Je devais me rappeler de ce que j'avais oublié. Pour ce qui était bon et ce qui l'était moins. Je devais au moins essayer, parce que je n'avais pas fait tout ce parcours pour rebrousser chemin à la toute fin.

Je suis Mitsuko Hoshi... Ta... petite soeur. Je veux tout savoir ! Dis-moi tout ce qui t'es arrivé depuis que tu as disparu... Je rêve... Entrons.


Donc j'avais disparu... Présumé mort, je supposais. C'était sûrement pour ça qu'on ne m'avait pas recherché. Si moi j'apprenais que j'avais une soeur, elle, elle apprenait que son frère revenait à la vie. Lequel de nous deux était le plus choqué, je ne savais pas, mais elle gardait son sang-froid et, en ça, je l'admirais. Ma petite soeur, car elle était effectivement plus jeune que moi, m'invita à entrer dans l'établissement duquel elle sortait. Nous nous assîmes à une table à l'écart. Une personne me vit et son visage se décomposa petit à petit, alors je lui fis juste un signe de la main. Si j'allais parler à tous ceux qui me reconnaissaient, on n'était pas sortis de l'auberge... Au sens propre du terme.

Une fois installés, je lui racontai mon histoire. Enfin, celle que je connaissais... À partir des plages de Pyrée. Je parlai de Nobu, de nos voyages, de Rochair, de son enterrement. Je l'avais considéré comme mon père et je ne pouvais pas le renier ainsi. Ensuite, je parlai de Mac Anu, du fait que je sois devenu un agent du Conseil, de ma présence à Gehenna Island. Je conclus sur Carmina, Amandil, l'amie que j'avais retrouvée, qui m'avait permi de revenir chez moi, à Lémuria. Et, désormais, ma famille connaissait mon histoire. J'étais soulagé d'un poid indescriptible... Et à son tour, elle raconta son histoire...

Après ma disparition, on m'avait cherché dans tout le village. Personne ne m'avait vu. J'avais tout simplement disparu. Puis, quelques jours plus tard, quelqu'un indiqua qu'une barque avait disparu. Mais depuis, un ouragan s'était déchaîné et... Si j'étais parti en mer, alors je m'étais noyé. Ainsi, c'était comme ça que j'avais perdu la mémoire ? Dans une tempête ? La question du pourquoi était toujours floue : je ne savais pas pourquoi j'avais pris la mer. Suite à cet évènement, notre mère s'était éloignée et ne parla plus beaucoup. Mitsuko ne comprenait pas pourquoi j'étais parti, car elle était encore petite. Quant à mon père, elle n'en parla pas. Mes parents, je devais aussi aller les voir ! Mais chaque chose en son temps. J'irais en même temps que ma soeur. Les années passèrent et Mitsuko finit par comprendre que j'étais mort, et non parti sur le continent. Elle en voulut à notre père, mais elle ne dit toujours pas pourquoi, et commença à projeter de partir de Lémuria. En quelque sorte, réussir là où j'avais échoué, mais c'était pour aller sur le continent, alors que moi... Je n'avais apparemment jamais parlé de Fiore. J'étais encore plus dans le flou qu'avant. Petit à petit, Mitsuko forma l'idée de rentrer dans une guilde de mages. Alors, elle apprit la magie dans les livres de la bibliothèque du village. Il n'y avait pas grand-chose, mais elle en apprit suffisamment sur la lumière pour convaincre notre mère d'aller sur le continent. Encore une fois, notre père était oublié. Pourquoi ?!

C'est en arrivant à Fiore Nord en X788 qu'elle intégra une petite guilde itinérante. Elle fit de petits travaux et apprit même à manier l'épée grâce à ses camarades. Deux ans plus tard, la guilde se fit dissoudre par le master, qui fondait une famille. Mitsuko travailla encore un an en solo, jusqu'à ce qu'on l'appelle à Lémuria, il y a une semaine.

Maman a été enterrée hier soir.

Sursaut. Je me levai, d'un bond. J'y croyais pas !!! Non ! Je serais arrivé un jour plus tôt, je l'aurais vue... Et maintenant, je n'avais plus aucune chance de créer de nouveaux souvenirs avec ma mère... Une mère, je ne savais même pas ce que c'était d'en avoir une... C'était injuste ! Pourquoi maintenant ? Pourquoi elle ?! Je n'étais pas triste. J'étais furieux. Furieux contre la mort. Furieux contre le destin. Furieux contre moi-même.

Je sortis de l'établissement. Il faisait nuit. J'avais déjà fait le tour du village, je savais où était le cimetière. J'y courus, sans perdre un instant. Le village était silencieux. Je ne regardai même pas si ma soeur me suivait, je ne savais pas non plus ce que je ferais en arrivant... Mais je courais. Et quand j'arrivai enfin, je trouvai la tombe la plus fleurie et lu le nom gravé dans le marbre : Hoshi. Alors, je tombai à genoux et, le visage dans le creux de mes mains, je pleurai.

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Kenta Hoshi
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MessageSujet: Re: [Solo] Le passé, c'est maintenant   Sam 24 Oct - 1:16
Il y a des blessures que même le temps ne parvient pas à effacer. Les blessures morales. Avoir eu l'espoir d'avoir une mère, puis le perdre, était bien pire que de ne jamais espérer. J'avais espéré et, aujourd'hui, j'étais anéanti. Quelques minutes passèrent avant que Mitsuko, qui m'avait rejoint, ne parle. Elle posa une main sur mon épaule et m'invita à la rejoindre chez nous. Honnêtement, je ne savais pas si je serais chez moi là-bas. Je n'y avais aucun souvenir. Rien ne m'empêchait de repartir et d'essayer d'oublier. À nouveau. Peut-être était-ce ce qui s'était passé, quand j'avais soudainement disparu en mer ? Personne ne le saura jamais... Cependant, je devais me reposer. Je devais encaisser tout ce qui m'arrivait. Avec la nuit, peut-être que je me calmerais. Je la suivis jusque chez elle.

Alors que nous entrions, Mitsuko me fit signe de ne pas faire de bruit. Il y avait probablement notre père. J'avais hâte de le rencontrer, mais j'en avais aussi un peu peur. Peur d'être déçu. Amandil et Mitsuko n'avaient certainement pas arrangé la chose. Mais, avant tout, j'avais besoin de digérer ce qu'on m'avait révélé jusque-là, y compris le décès de ma mère... Pour ça, le sommeil allait être mon ami. Avec un sentiment étrange, ma soeur me conduisit à ma propre chambre. Elle avait probablement été reconvertie en chambre d'ami, puisque même Mitsuko m'avait cru noyé au fin fond de la mer Iridia et, pourtant, le lit était fait. Tant mieux pour moi. Je m'y glissai dedans et je m'endormis aussitôt.

Peut-être était-ce parce que c'était mon lit. Peut-être parce que c'était chez moi. Peut-être parce que j'étais fatigué. Mais je ne dormis jamais aussi bien. Au réveil, je n'avais plus aucun doute. Je devais aller au bout des choses. En l'occurrence, ça voulait dire aller voir mon père pour affronter chaque a priori.


J'entrai dans le salon, où un homme buvait un café en lisant le journal. Derrière moi, une main me poussa. Je regardai derrière moi : ma soeur souriait, mais son regard était... Triste. Je ne comprenais pas ce qui se passait, alors je me jetai dans l'arène. Courage, Kenta !

Bonjour... Papa ?

Concrètement, je n'avais aucune idée de comment je devais l'appeler. Nobu, ça avait toujours été Nobu, quand je lui parlais. Mais je n'appellerais sans doute pas mon père de sang par son prénom. De toute façon, je ne m'en rappelais pas, de son prénom... Son regard se dirigea de son journal à moi. Il était froid, vide d'émotion. Sa voix, comme celle de ma soeur, je ne m'en rappelais pas. Pourtant, elle soulevait en moi une rancoeur que je n'expliquais pas, une incompréhension qui venait de mon passé. Et jamais je n'aurais cru que ce fusse la première chose que me dirait mon père lorsque je le retrouverais.

Ah. T'as pas changé, t'es toujours aussi minable.

À cet instant, je le regardai droit dans les yeux et, tout-à-coup, mes souvenirs me revinrent en mémoire. Tout ce que j'avais oublié me revenait à la vision de cet homme qui était mon père. Qui avais-je été. Comment est-ce que j'avais grandi. Comment mon père avait été un mauvais père. Puis comment j'avais décidé de prendre la mer pour lui prouver ma valeur. Tout ça, c'était à cause de lui. Ma tête me faisait souffrir. Je la prenais entre mes mains, mais rien à faire. J'avais mal. J'étais enragé. Pourquoi était-il ainsi ? Qu'est-ce qui le poussait à me faire souffrir ? J'avais pourtant fait des efforts ! Et même maintenant, dans ma nouvelle vie, mes efforts se retrouvaient à nouveau vains.

Maintenant, tu portes ton doudou sur ton front ? Tu me déçois...

Le bandeau vert sur mon front... Oui, il m'avait toujours consolé. Il me redonnait espoir quand j'en avais besoin. Je n'en avais pas honte et je comprenais maintenant l'importance qu'il avait eu à mes yeux toutes ces années, après mon naufrage. Il avait remplacé cet homme, que je refusais maintenant d'appeler père. Je serrai les dents pour relever la tête. Mes yeux étaient humides, car j'étais dans deux extrêmes à la fois : colère et chagrin. Je défis le tissu de mon front, pris également le carnet de dessin, que j'avais rêvé de montrer à ma famille si je la retrouvais, puisqu'il y avait à l'intérieur tous mes flashs. Et je me souvenais désormais de la plupart d'entre eux. Je les portai à mon coeur, avant de prononcer avec une voix furieuse :

Je suis Kenta Hoshi, Écuyer Runique de Mac Anu. J'ai travaillé des années pour en arriver là. J'ai pris des vies. J'en ai protégé d'autres. La tienne aussi. Alors, ne t'avise plus jamais de me traiter de minable !

J'avais hurlé. Puis, d'un geste, je lançai les objets qui étaient au niveau de mon coeur sur l'homme que je jurai de ne plus jamais revoir volontairement. En passant le pas de la porte, je terminai :

Entre nous, le minable, c'est toi.

Et peut-être comprenait-il son erreur, car il ne dit plus rien. Je fermai la porte, puis pris de la vitesse et courus vers la forêt. En m'éloignant, j'entendis Mitsuko prendre à son tour ma défense. Qu'importe, si j'avais été heureux d'avoir connu une soeur, j'avais perdu tout le reste. Je courus à en perdre mon souffle dans la forêt. Je n'arrivais plus à m'arrêter... J'aurais préféré ne rien savoir.

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Dernière édition par Kenta Hoshi le Lun 26 Oct - 16:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Solo] Le passé, c'est maintenant   Dim 25 Oct - 22:18

Ce n'est qu'une fois épuisé que je m'arrêtai, posant une main sur un tronc. Je n'arrivais plus à avoir d'idée précise. Je pensais à un milliard de choses à la fois. Et, surtout, maintenant : que devais-je faire. Mais dès que je parvenais à avoir les idées à peu près claires, la vision des yeux de mon père ou de la tombe de ma mère revenait à mon esprit, et alors je perdais à nouveau le fil de mes pensées. Fallait-il tenter le contact ? Ou le couper, définitivement ? Que faire de ma soeur ? Comment réagir à mon retour ? Quelles seraient les conséquences de ma découverte ? Est-ce que quelqu'un saurait me comprendre ? Instinctivement, je réagis à cette réflexion : je dirigeai ma main vers mon dos, mais mon sac ne s'y trouvait pas. Ni mon matériel de dessin. Je ne pouvais pas m'enfuir, je ne pouvais pas noyer mes sentiments dans ce loisir. Et pourtant, ce loisir, il venait de mon père, qui m'avait encouragé à toujours faire de mon mieux en art. Même si, à présent, je comprenais que jamais je n'aurais pu soustraire un sourire à cet homme avec mes dessins. L'art m'avait consolé et, aujourd'hui, quand j'en avais le plus besoin, je n'y avais pas accès.

Alors, n'ayant rien pour me cacher, je brisai toute barrière à la douleur. Je lâchai prise. Mon corps s'effondra sur lui-même. Je n'entendais plus que mes propres sanglots puis, bientôt, plus rien. J'avais fini par me vider de mes forces. Je me retrouvais à dormir en pleine forêt. Deux heures plus tard, je me réveillai. Le soleil serait bientôt au zénith. Pendant quelques secondes, le temps que je reprenne mes esprits, j'étais calme, presque soulagé. Puis la douleur revint dans ma poitrine. Alors, je restai allongé sur le sol, regardant le ciel à travers la frondaison. Mon corps était trop lourd pour que je puisse bouger. En même temps, je n'avais qu'une envie : rester allongé ici, à voir les nuages défiler dans le ciel, jusqu'à ce que je me rendorme à nouveau, afin de retrouver les quelques instants de sérénité que j'avais eu au réveil. Mais ce qui me trouva en premier ne fut pas Morphée, mais Mitsuko.

Je me souviens...

Puis, je la vis pleurer à son tour. Mais ce n'était pas des pleurs de chagrin. Elle riait. Je fronçai les sourcils. Elle me tendait sa main. À mon tour, je tendis la mienne, sans vraiment être sûr que ce soit moi qui la tendait. Elle me releva, puis nous nous serrâmes l'un contre l'autre. J'eus l'impression que nous étions enfants. Enfin, je compris. Effectivement, ce n'était pas moi qui avais tendu ma main, car c'était la part d'enfant qui était en moi. Celle qui n'avait jamais perdu espoir, jusqu'à se retrouver noyée pendant une décennie sous la mer. Et maintenant qu'elle refaisait surface, je la comprenais. Non, tout n'était pas fini. J'avais rempli mon objectif, atteins ma quête. Mais une autre, plus grande encore m'attendait. Car jamais je ne pouvais perdre espoir à nouveau.

Notre regard suffisait à nous comprendre. Ma soeur et moi ne parlions pas, mais marchions côte à côte sur le retour du village. Etonnamment, je connaissais le chemin : je l'avais arpenté plus d'une fois, que ce soit avec Mitsuko ou même avec Amandil. Il n'y avait pas que des souvenirs tristes. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort et j'avais survécu à la vague de sentiments qui avaient déferlé sur moi : je me sentais mieux. Toujours peiné, mais mieux.

Désormais, il allait falloir que je fasse quelque chose. Jusqu'aujourd'hui, j'avais cherché mon passé. Maintenant, je devais trouver une autre quête. Et elle était toute trouvée : je l'avais promise à Nobu. Je devais faire prospérer la justice. La vraie. Celle avec un grand J. Celle que j'avais toujours protégée, de Pyrée à Gehenna. Et pour ça, je devais grimper les échelons. Devenir quelqu'un dont les actes ne faisait pas que frapper dans le vent. Et, évidemment, faire mieux que ceux que je comptais désormais remplacer. Le Conseil Magique. Avec un peu de chance, mon père serait peut-être, et j'insistais sur le peut-être, fier. Enfin, mieux valait en rire qu'en pleurer, je l'avais suffisamment fait comme ça.

Avant de retourner sur le continent, je passai sur la tombe de ma mère. Il y avait quelques choses que je devais le lui dire, après toutes ces années. Je me souvenais d'elle, à présent. Je savais ce qu'était avoir une mère. Et j'étais encore plus heureux d'avoir retrouvé mes souvenirs, car c'était beaucoup mieux que ce que j'avais imaginé. Une mère, c'est irremplaçable. Un père non plus, d'ailleurs. Je me promis de retourner le voir, une fois que j'aurais atteint mon objectif. Et cette fois-ci, il n'aurait qu'à bien se tenir, car jamais il n'aurait aussi honte de m'avoir humilié de toute sa vie. Je dis au revoir à Mitsuko, également, lui disant qu'elle pouvait passer à Mac Anu quand elle le voulait. Enfin, elle me rendit mes affaires, dont mon bout de tissu, que j'attachai à mon front. C'est que je m'y étais attaché !

Sur le bateau me ramenant à Carmina, je souriais. Et, m'approchant du bastingage, je jetai le plus gros poids que je n'avais jamais porté. Désormais, mon carnet de dessin reposait au fond de la mer.

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MessageSujet: Re: [Solo] Le passé, c'est maintenant   

[Solo] Le passé, c'est maintenant

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