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 Regnard Family ♫ [Solo]

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Vincent Regnard

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MessageSujet: Regnard Family ♫ [Solo]   Lun 31 Déc - 16:44


















Crocus, la ville du commencement, le point de départ de ma formidable aventure. En ayant passé la grande majorité de ma tendre enfance, cloîtré entre les frontières de la capitale, je connaissais celle-ci et ses moindres recoins sur le bout des doigts, si bien que, une nouvelle fois, j'errais dans les vastes rues de la citée, les idées claires et un objectif bien précis en ligne de mire. Depuis mon émancipation, c'était la deuxième fois que je venais remettre les pieds à Crocus. Lors de mon premier retour au sein de ma ville natale, j'avais voulu lancer un fort signe à ma famille en menant un combat au sommet dans l'arène du Domus Flau. Dans ce duel j'avais affronté un mage de la guilde la plus destructrice de l'intégralité de Fiore, c'est-à-dire, de Fairy Tail. À la suite d'un duel acharné, nous neutralisant mutuellement et la fatigue commençant à prendre le dessus, notre affrontement s'arrêta sous les cris d'un public en extase devant le spectacle offert. Le résultat en lui-même n'était pas une chose bien importante. Gagner ou perdre ... certes cela avait une certaine valeur, cependant, c'était loin d'être essentiel. Dans ce combat, mon antagoniste, ainsi que moi-même, nous étions livrés à une bataille sans merci. À travers celle-ci, nous en avions appris énormément. Nos erreurs, nos stratégies, nos attaques, rien n'avait été parfait. Mais en somme, nous en ressortions grandi.

De plus, celui-ci m'avait permis de créer des liens avec cette personne. Cette expérience était donc, on ne peut plus bénéfique pour moi. En supplément, j'avais pu profiter de cette occasion pour envoyer à ma famille un important message. Cette même famille m'ayant abandonné, rejeté après l'annonce de mon envie de devenir mage. Me coupant les vivres, j'avais eu le plus grand mal, du haut de mes quinze années, à survivre dans cet univers sans pitié. Cependant, j'avais rapidement pris les rênes de mon destin et commençais tout juste à m'épanouir dans cette nouvelle vie. Bien entendu, j'avais longtemps éprouvé une "haine" profonde contre les membres de ma famille, mais désormais, j'avais eu le temps de repenser à cette exclusion. Finalement, en y réfléchissant, je comprenais peu à peu la frustration éprouvée par mon géniteur lorsqu'il apprit ma décision. Après tout, il avait lutté durant plus d'une dizaine d'années pour faire de moi, une personne susceptible, apte à reprendre et honorer le blason de la famille Regnard. De mon refus, il résultait le sabotage d'un travail minutieux mit en place depuis fort longtemps. Il était donc on ne peut plus normal que celui-ci réagisse mal à cette annonce. En ayant compris ce détail, probablement grâce au gain de maturité acquit au cours de mon voyage, je pris la difficile décision d'aller rendre une petite visite dans la demeure portant le même patronyme que moi.

Traversant les rues de la capitale d'un pas rapide, je fendais l'air, ne prenant pas le temps de saluer toutes les personnes m'ayant reconnu, ou bien même de m'arrêter admirer les boutiques du coin. Le regard fixe, plongé dans mes pensées, je filais en direction de la demeure familiale, avec la ferme intention de semer la zizanie dans la bâtisse et discuter de choses et d'autres avec mes géniteurs. Arrivant devant les grilles encadrant la gigantesque maison des Regnard ainsi que leurs jardins, ma main vint se poser sur celle-ci, comme si j'allais l'ouvrir d'ici quelques secondes. Seulement, un obstacle de taille se dressa devant moi. En effet, la confiance et la détermination débordante dont je faisais preuve tout à l'heure venait de s'évanouir devant l'image d'horreur que m'insufflait le bâtiment. Hésitant grandement, je n'osais pas rentrer, probablement par peur de ne pas me faire accueillir comme je l'espérais. Car, si effectivement, je savais pertinemment que je n'allais pas être bien reçu en raison du profond malaise non disparu que je leur inspirais, j'espérais tout de même pouvoir m'entretenir avec eux.

Prenant mon courage fuyant à deux mains, dans un grincement sonore strident, je viens pousser légèrement la grille et poser pour la première fois depuis mon départ, les pieds dans mon ancien foyer. Observant les jardins autour de moi, je fus surpris de voir que rien n'avait réellement changé. M'avançant lentement dans l'allée principale, je perçus une agitation naissante à proximité. L'un des jardiniers semblait m'avoir reconnu puisqu'il me dévisageait longuement. Le fixant à mon tour, après un court échange de regard, je le vis filer en direction du bâtiment comme si sa vie en dépendait, très probablement pour avertir le reste des résidents, de mon arrivée surprise en ce lieu. Cette confusion que je venais de générer m'amusait au plus haut point, ce qui eut le don de faire apparaître sur mon faciès d'enfant, un franc sourire signifiant beaucoup de choses. Continuant mon parcours, je m'approchais de la bâtisse tout en jetant de discrets coups d'oeil aux fenêtres afin de voir la petite troupe s'amasser pour vérifier les dires du jardinier.

Puis après quelques minutes, je finis par me retrouver devant l'immense porte d'entrée de la maison. Inspirant et expirant un grand coup, je vins poser mes deux mains à plat sur le bois de l'entrée avant de pousser vivement celle-ci qui s'ouvrit dans un fracas assourdissant. Certes je n'avais pas été tendre avec cette pauvre ouverture, cependant, je comptais marquer "l'évènement" et donc par conséquent, il fallait que je m'impose devant l'assemblée, que je ne passe pas pour le rejeton Regnard venant quémander le pardon de sa famille. M'avançant légèrement dans l'immense hall d'entrée, je fus suivi de quelques maigres rayons de soleil faisant luire ma chevelure doré, donnant ainsi, une impression de magnificence. Relevant les yeux je pus constater avec plaisir l'attroupement massif d'une bonne partie des résidents. Tous étaient là, à me fixer, à me dévisager, probablement à me juger. Cependant, je n'en tenais pas compte, j'éprouvais juste du plaisir à revoir des têtes familières. L'intégralité de ces personnes s'était occupée de moi durant mon enfance et forcément, comme tout gosse riche qui se respecte, je n'avais pas montré la moindre once de respect pour eux. Aujourd'hui, avec une maturité plus développée, je ressentais un profond gène pour mes anciens actes, si bien que j'avais décidé de m'excuser auprès d'eux. Malheureusement l'heure n'était pas à une telle chose. En effet, je devais d'abord décoincer cette situation stagnante. Levant la voix pour briser le silence, je m'exclamais à tous sur un ton on ne peut plus chaleureux.

Heureux de vous revoir ! Mina !


Certes, l'entrée pouvait paraître plus que maladroite, néanmoins, même s'ils m'avaient abandonné, je n'éprouvais pas actuellement la moindre amertume à leur égard, simplement la joie de les revoir. Alors que les murmures s'accumulaient dans la pièce jusqu'à provoquer un brouhaha incompréhensible, je les observais un à un, constatant avec plaisir qu'ils étaient restés fidèles à eux-mêmes malgré la perte du futur dirigeant de la famille. Soudain, mon regard vint se poser en haut des escaliers ornant la grande salle, ou plutôt sur la personne s'y trouvant, c'est-à-dire, mon père. Oubliant les autres protagonistes, je le fixais attentivement, tout comme il était en train de faire. Ressentant son regard glacé me parcourir jusqu'au plus profond de mon âme, bien qu'intimidé, je lui opposais une féroce résistance en choisissant de ne pas baisser le regard. Celui-ci décida alors de "céder" et s'en alla dans une autre pièce sans dire le moindre mot. Soupirant devant sa réaction, je me résolus à ne pas aller lui parler d'homme à homme directement, pour l'instant, j'allais me fondre dans les discussions du personnel de maison et rectifier certaines erreurs passées.



Dernière édition par Vincent Regnard le Jeu 28 Fév - 1:56, édité 4 fois
Vincent Regnard

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MessageSujet: Re: Regnard Family ♫ [Solo]   Lun 31 Déc - 16:45


















Peu à peu, l'effervescence avait gagné l'intégralité du hall d'entrée de la demeure Regnard. L'attroupement formé par l'ensemble du personnel travaillant dans cette bâtisse, était on ne peut plus plaisant à voir, surtout puisque j'en étais la raison. Le fait que l'on porte attention à ma personne, que je sois le "centre" de l'évènement, d'intérêt, me procurait une sensation que j'adorais tout particulièrement ressentir. Affichant sur mon minois un franc sourire plus que sincère, je m'avançais doucement en direction de la masse, une masse qui ne tarda pas à m'entourer de toutes parts. Visiblement, malgré le fait que par le passé, j'avais rendu exécrable la vie de ces gens en commettant un nombre incalculable de farces et en montrant un profond mépris pour chacun d'entre eux, ils ne semblaient pas en tenir rigueur. La grande majorité semblait ressentir une profonde et sincère joie. Certes, il ne s'agissait là que de mon ressenti, je pouvais très bien me tromper sur toute la ligne, seulement, cette fois-ci j'avais l'impression de parvenir à lire clairement dans leurs émotions. Pourquoi une telle réaction ? Je n'en savais pas grand-chose, à vrai dire, elle me surprit même.

Prenant un air songeur au milieu de la foule, alors que les questions fendaient l'air de la salle à un débit plus qu'impressionnant, j'essayais de trouver une raison logique qui pourrait expliquer ce comportement bien plus que surprenant. Puis finalement, certains moments passés avec eux me revinrent à l'esprit. Il s'agissait de scènes de joie, de bonheur, ou pour une fois, je n'usais pas de mon nom pour torturer mon entourage avec une énième farce. C'est en repensant à ces bons moments que le déclic me vint. La raison de cet enthousiasme lors de mon arrivée, était désormais, on ne peut plus clair. Si je suscitais actuellement une telle émotion avec mon "retour" provisoire, c'était, car avant tout, je restais et demeurais à jamais le petit Vincent Regnard. Un sale gosse avec un nombre impressionnant de défauts, mais aussi avec quelques qualités. Mine de rien, malgré le fait que pour beaucoup j'avais laissé l'image d'un gosse perturbateur et arrogant profitant de son statut de fils à papa comme arme, j'avais aussi laissé derrière moi l'image d'un gosse attachant.

Cette pensée me remplit de joie. Ayant acquis une maturité bien plus conséquente, j'avais appris à estimer la vie des autres ainsi que la mienne. Cependant, il m'était tout bonnement impossible de réparer les erreurs passées, c'est pourquoi je ressentais un profond gène devant la clémence dont ils faisaient part. Se montrer d'une telle générosité, après ce que j'avais organisé pour ruiner la vie de ces mêmes personnes, était tout bonnement incroyable. En effet, elles parvenaient quand même à faire une croix sur mes méfaits d'enfance et à me témoigner de leur affection. Bien que d'ordinaire insensible à toute situation, cette fois-ci, je ne pus empêcher quelques petites larmes de perler aux coins de mes yeux. Les essuyant rapidement d'un revers de manche, je relevais la tête tout sourire et heureux de voir à nouveau, des visages qui m'étaient familiers et avec qui j'avais passé mes quinze premières années. Légèrement bousculé par les personnes s'attroupant autour de moi, en un fragment de seconde je perçus la nourrisse s'étant occupée de moi il y a de cela quelques années, ainsi que plusieurs professeurs qui avaient tenté par le passé de faire rentrer dans mon esprit rêveur, un lot d'informations ne m'intéressant pas le moins du monde.

Les saluant brièvement comme je le pouvais, je finis par être déporté au pied des escaliers de la salle. Me rééquilibrant à l'aide d'une manoeuvre maladroite, je me trouvais désormais en face à face avec trois autres personnes. La foule derrière moi se calma peu à peu lorsqu'elle réalisa la délicatesse de la situation. Devant moi, se tenait ma génitrice, ainsi que mon frère et ma soeur, facilement distinguable grâce à la chevelure dorée de toute personne, possédant le patronyme Regnard dans son identité. Plus qu'un symbole, cette couleur de cheveux, bien que commune, dans une telle teinte ne pouvait qu'appartenir à une personne de cette lignée. Souriant niaisement devant eux, je ne parvenais pas à prononcer le moindre mot. En réalité, je priais intérieurement pour qu'ils n'aient pas la même réaction que mon paternel. Fort heureusement, un sourire de la part de ma mère vint mettre fin à mon doute. Tout comme le reste des résidents de la demeure Regnard, ma famille semblait se soulager d'un lourd poids. Mon absence avait donc suscité chez eux, un sentiment de manque qu'ils étaient heureux de pouvoir combler. À cette idée, je repensais aux innombrables fois où, envahi par un sentiment de nostalgie, j'essayais de me visualiser une scène à leurs côtés, afin de palier à mon manque naissant.

Devant ce sentiment partagé, ma mère ne put contenir son bonheur en s'adressant à moi, sa progéniture, sur un ton on ne peut plus expressif. Me souhaitant un "bon retour", se fut avec grand plaisir que je vis les deux mômes portant le même nom que moi, se ruer à ma rencontre avant de me sauter au cou en criant à gorge déployée, des "Onii-san" me faisant chaud au coeur. Les tenant dans mes bras, je ressentis un profond sentiment d’apaisement m'envahir. Malgré nos différents depuis le début de ma carrière de mage, nous étions toujours liés par de forts liens affectifs. Pour témoigner de mon ressenti, je repris la parole toujours en tenant fermement dans mes bras les deux autres enfants Regnard.

À moi aussi vous m'avez manqué !


Relevant les yeux pour échanger un regard avec ma mère, je compris que ces deux petits n'avaient jamais cessé de croire en leur grand-frère. Souriant bêtement, je me dégageais de l'emprise des enfants pour me retourner vers le petit attroupement du personnel. Il était temps de prendre ses responsabilités et de s'adresser à l'ensemble des personnes présentes en ce lieu. Tapotant légèrement dans mes mains pour obtenir l'attention totale de la foule et ainsi faire taire les derniers chuchotements, je vins alors faire résonner ma voix dans le hall d'entrée afin de clarifier certaines choses.

Bon tout d'abord, bonjour à tous ! Je ne suis pas doué pour les grands discours, probablement à cause de mon inattention permanente lors des divers cours. Cependant, je tiens à vous remercier pour votre accueil. Pour être totalement franc, j'étais bien loin de m'imaginer que les choses se passeraient de la sorte. Nul besoin d'évoquer nos divers moments partagés par le passé, nous savons tous ici qu'ils sont loin d'être roses. La raison ? Mon comportement de l'époque plus que défaillant. C'est pourquoi avec du recul, je tenais à faire ce petit speech pour m'excuser. Certes, je sais pertinemment que celui-ci n’effacera pas les traces de ces moments de galère pour vous, néanmoins, j'avais à coeur de vous exprimer le fond de ma pensée. Après, libre à vous d'interpréter ces paroles comme vous le désirez. Je vous remercie encore une fois pour votre attention !


C'est sur ces mots que je terminais mon petit discours. À travers celui-ci, je venais de démontrer à tous, le développement conséquent de ma maturité. À la suite de celui-ci un certain nombre de murmures traversèrent le hall. Cette réaction on ne peut plus normale de la part du personnel ne m'étonnait guère, mais surtout, témoignait de la surprise générale ayant envahi les personnes présentes. Puis me retournant, je jetais un regard complice à ma mère qui, elle aussi semblait ne pas réaliser à quel point le destin de madoshi m'avait changé. Puis sans dire le moindre mot, d'un signe de tête je viens lui faire comprendre la raison de ma venue en ce lieu. Immédiatement, celle-ci comprit qu'une discussion houleuse avec mon père ne serait pas évitable aujourd'hui. M'affirmant que mon géniteur n'avait pas le temps de me recevoir pour l'instant, je fus conviée par celle-ci à passer un tendre moment autour d'un bon repas cuisiné par les meilleurs chefs de toute la demeure. À cela, je répondis par un profond soupir traduisant mon incompréhension vis-à-vis du comportement de mon père qui faisait passer son boulot avant sa propre famille. Finalement, acquiesçant rapidement de la tête, je fis comprendre aux divers protagonistes que j'acceptais de passer un peu de temps avec eux, autour d'un bon repas ....



Dernière édition par Vincent Regnard le Jeu 28 Fév - 2:24, édité 1 fois
Vincent Regnard

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MessageSujet: Re: Regnard Family ♫ [Solo]   Lun 31 Déc - 16:45


















En ayant accepté le couvert offert par ma mère, je me retrouvais désormais dans cette drôle de situation. Attablé dans la salle de réception de la famille Regnard, j'attendais patiemment l'arrivée officielle du repas. Même si par le passé, j'avais déjà mangé à cette table, désormais habitué à celle de Blue Pegasus, je trouvais cette pièce bien trop grande et extravagante pour moi. Devant moi s'étendait sur plusieurs mètres le meuble destiné à servir de support pour les mets préparés par le cuisinier. Certes, celui-ci en imposait par sa décoration plus que luxueuse, cependant, s'il y avait bien quelque chose à lui reprocher, c'était son éloignement bien trop important entre les personnes y étant assises. Pour son côté luxueux, celle-ci avait perdu son côté convivial. En effet, une distance importante me séparait des autres membres de ma famille. La discussion étant déjà difficile en raison des circonstances de cette rencontre, le fait de rajouter en supplément cet éloignement n'aidait en rien à renouer le dialogue.

Dans la salle à manger n'étaient présents que les membres de ma famille ainsi que quelques membres du personnel chargés de veiller à notre petit confort en nous apportant tous ce dont nous avions besoin. De plus un silence de mort flottait dans la salle. Pas le moindre bruit, le moindre mouvement, le moindre murmure, comme si le temps s'était soudainement arrêté. En fait, cette absence de bruit pesante était due à l'échange de regard que nous tenions avec mon père depuis quelques minutes déjà. Une tension des plus fortes se faisait ressentir dans la pièce alors que personne n'osait ouvrir la bouche pour prononcer ne serait-ce qu'un mot. À travers son regard vide, je n'arrivais pas à lire en lui, cependant, quant à lui, il parvenait parfaitement à atteindre son objectif, c'est-à-dire, me donner l'impression qu'il scrutait au plus profond de mon coeur et que rien en moi ne lui était inaccessible. J'avais l'impression qu'en un instant, il découvrirait tout, mes aventures, mes peines, mes sentiments ainsi que les sources de ma motivation.

De plus, la disposition de la table n'avait rien d'arrangeant. En effet, elle nous plaçait chacun à l'une des extrémités, de manière à ce que nous soyons constamment dans le champ de vision de l'autre. Fermant brièvement les yeux, mon but était de retrouver un peu de courage pour continuer l'affrontement psychologique. Même si j'avais plutôt mal entamé la chose en éprouvant la nécessité de me concentrer à nouveau, il n'était pas trop tard pour me ressaisir pleinement et affirmer ma position. Rouvrant les yeux, un sourire en coin peu rassurant se formant peu à peu, je finis par rompre ce silence en prenant la parole devant les yeux ébahis des autres protagonistes. Bien entendu, afin de ne pas faire éclater un conflit directement, le ton de ma voix se révéla extrêmement monotone montrant de cette manière mon doute quant à la possibilité d'une éventuelle discussion.

Alors qu'avez vous de beau à me raconter de votre côté ?


Un bide, voilà ce que je venais de réaliser. Effectivement, à la suite de ma question, un lourd silence traversa la salle de long en large et ce, pendant plusieurs secondes qui me parurent interminables. Puis finalement, ma mère s'empara de la parole et me raconta plusieurs choses s'étant déroulé depuis mon brusque départ. D'après ses dires, les premières semaines qui suivirent mon départ, s'avérèrent difficiles pour eux de par la tristesse que cela engendrait, mais aussi, par le fait qu'à la nouvelle du désistement du futur successeur de la maison Regnard, celle-ci avait perdu une partie de son prestige et de son influence. Certes, elle restait néanmoins une famille forte du royaume, cependant, en traversant une période compliquée, son pouvoir avait nettement diminué. En somme, à l'écouter, elle réussit presque à me faire culpabiliser. Puis elle me raconta les choses qu'elle jugea intéressantes et s'étant déroulées les derniers mois. L'écoutant attentivement, j'appris tout un tas de potins en tout genre sur l'aristocratie en lien avec ma famille.

Soudainement, les deux autres rejetons Regnard prirent la parole en même temps pour m'expliquer ce qu'ils avaient appris, découvert et fait ces derniers temps. L'enthousiasme et la ferveur dont ils faisaient part, me touchaient droit au coeur. À travers cette réaction, j'avais la confirmation qu'ils tenaient à prouver leur existence à leur grand-frère. Les mots qu'ils prononcèrent en même temps se mélangèrent alors et formèrent un brouhaha incompréhensible puisqu'ils essayaient l'un comme l'autre de hausser la voix pour couvrir celle de l'autre. À cela je répondais par un sourire destiné à montrer un peu d'intérêt aux deux jeunots. Désormais, mon regard fuyait celui de mon père qui continuait quant à lui de me fixer attentivement. N'y prêtant guère attention, je vis alors les serveurs arrivaient avec un nombre conséquent de plateaux. Nul doute que le repas allait être exquis. À l'ouverture du premier plat, je vis dans celui-ci le mets dont je raffolais en étant gosse. Ayant une petite pensée pour le généreux cuistot s'étant souvenu de ce détail, une nouvelle fois, je compris que j'avais devant moi la preuve de l'affection portée par le personnel à mon égard. Le repas commença, cependant, pour moi, il était l'heure de conter aux enfants le récit de mes aventures.

Racontant mes rencontres et mon intégration au sein de la guilde ayant pour emblème le pégase, j'observais discrètement en même temps, les réactions des autres personnes attablées. D'un côté, mon frère et ma soeur, buvant la moindre de mes paroles, de l'autre une mère affichant un radieux sourire témoignant de son bonheur actuel et en bout de table, un père, joignant ses mains devant lui en tentant de me fusiller du regard. Continuant malgré la pression, je racontais à ma petite famille les diverses expériences qui m'avaient marqué au cours de mon périple. Cependant, afin de ne pas les inquiéter, j’omis de parler de mon implication lors des tristes évènements de Val. Néanmoins, je vins conter mon ressenti devant les feux d'artifices que j'avais pu admirer à la suite de ceux-ci et comme je m'y attendais, en m'écoutant parler de ce spectacle pyrotechnique, je pus observer les yeux des deux rejetons Regnard, s'illuminer d'une lueur intense. Bien entendu, ma rencontre avec le Sky God passa elle aussi sous silence. Toutefois, même s'ils en avaient probablement entendu parler, je racontais au passage mon ressenti sur le match que j'avais livré dans le Domus Flau.

Quand soudainement un grand bruit sourd traversa la salle et fit vibrer la table. Me tournant brusquement, je perçus immédiatement la source de ce tapage inattendu. Celle-ci n'était ni plus ni moins une invention de mon père qui avait décidé de stopper notre discussion. Se levant brusquement, sa voix rauque et forte traversa la pièce pour venir résonner à mes oreilles. Il s'adressait à moi et semblait désirer mon silence. En effet, il me posa un lot de question sur un ton on ne peut plus agressif, auquel je n'avais pas le temps de répondre. Sous son flot de paroles incessantes, sa pensée se dévoilait clairement et je ne mis que quelques petites secondes à la saisir entièrement. Sous ce : "Que viens-tu faire ici ? Tu souhaites encore nous causer plus de peine ?", je découvris sa peur, sa crainte. Celle-ci s'avérait toute bête, si bien que je n'y avais pas pensé une seule seconde. Il avait peur qu'avec mes récits, je créais chez les rejetons une envie similaire à celle que j'avais eu il y a de cela quelques longs mois. En somme, il redoutait que je procure à ces jeunes enfants, le désir de se lancer eux aussi dans la carrière de madoshi. À cela, je répondis calmement en soupirant, tout en profitant pour lui lancer quelques pics et dévoiler une nouvelle fois ce côté arrogant que j'avais tenté d'effacer jusqu'à présent.

Qu'est-ce que je fais ici ? Oh ! Vous ne le savez vraiment pas ? Pourtant, vous m'avez toujours dit qu'il fallait avoir un coup d'avance sur les autres non ? De plus, je suis sûr qu'au fond de vous, vous avez une petite idée sur la raison de ma venue et vous savez très bien que ce retour, n'est que provisoire. Néanmoins, je peux comprendre votre sentiment et votre désir de m'empêcher de corrompre l'une de vos progénitures. Je suis d'ailleurs désolé de vous avoir donné ce ressenti, ce n'était vraiment pas mon intention. Je veillerai désormais à ne plus commettre cette regrettable erreur. En ce qui concerne ma venue, je tiens tout simplement à m'entretenir avec vous pour diverses raisons.


Prononçant ces mots avec une pointe d'amusement, la discussion n'avait lieu qu'entre deux personnes, le reste des protagonistes restant bouche bée en observant ma ferme opposition face à mon tuteur. Le repas venait de se "clôturer" sur cette échange. En effet, mon père accepta ma requête et me demanda de le suivre seul dans son bureau. Me levant rapidement, je remerciais d'un signe de tête ma mère pour sa généreuse invitation. Le repas avait été fort bon, seulement pour moi, il n'était plus l'heure de manger mais bel et bien de se lancer dans une longue et houleuse discussion ...




Dernière édition par Vincent Regnard le Jeu 28 Fév - 14:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Regnard Family ♫ [Solo]   Lun 31 Déc - 16:46


















D'un pas silencieux, je suivais mon père à travers les longs couloirs de la bâtisse qui menaient à son bureaux. Jetant un rapide coup d'oeil à la décoration, je vis que celle-ci n'avait quasiment pas changé et que la propreté de l'enceinte était, comme à son habitude, on ne peut plus soignée. Pas la moindre trace de poussière sur les luxueux meubles, pas le moindre objet traînant au milieu d'une pièce, rien ! Comme toujours, le personnel en charge de l'entretien de la demeure avait effectué un magnifique travail. Un travail qui par le passé, se retrouvait bien souvent après mon passage, à refaire étant donné que je l'avais en une fraction de seconde, réduit à néant. Portant attention au moindre détail, je perçus d'un rapide coup d'oeil, la seule chose ayant réellement changé au sein du bâtiment. En y réfléchissant, je compris alors qu'ils avaient remplacé les photos de famille où mon faciès apparaissait afin de tenter de "m'oublier" ou du moins, afin d'éviter de se remémorer trop souvent mon départ.

Finalement, après quelques minutes, nous arrivions devant la porte d'entrée de son bureau. Entrant lentement dans celui-ci mes yeux effectuèrent en quelques secondes, la reconnaissance du lieu. À vrai dire, ce fameux bureau devait bien être la seule pièce dont je ne connaissais pas le moindre recoin. Plus jeune, j'avais tenté de nombreuses fois d'aller y faire un tour pour découvrir ce que mon père pouvait bel et bien cacher dans celui-ci. Cependant, ma malice n'avait jamais réussie à avoir raison de lui et je n'avais jamais réussi à m'introduire dans son antre. M'interdisant formellement de m'y rendre pour une raison totalement inconnue, je n'avais jamais trouvé le moyen de faire lever cette interdiction. J'avais donc du mettre au cours de ma tendre enfance, une à deux fois les pieds dans cette fameuse pièce. Refermant délicatement la porte, je vis mon père, s'installer dans son fauteuil avant de me fixer attentivement en affichant un sourire ne présageant rien de bon.

M'approchant de l'immense porte fenêtre donnant sur les jardins, je regardais à travers celle-ci, l'agitation naissante à l'extérieur de la demeure. Identifiant un cuisinier se ruer à la rencontre d'un jardinier, je compris rapidement que l'information comme quoi mon retour n'était que passager, était en train de se diffuser peu à peu dans le personnel. Souriant, d'un pas léger je m'éloignais de l'ouverture pour aller me pencher au niveau des immenses étagères bordant les deux côtés de la pièce. Posant mon doigt sur un des nombreux livres, je m’emparais de l'un d'entre eux avant de le feuilleter le sourire aux lèvres. Prenant la parole et adoptant un air des plus hautains, j'avais décidé de rompre le silence et de lancer l'inévitable discussion houleuse que nous devions avoir en lançant les premiers pics.

C'est donc pour me cacher votre goût prononcé pour les récits fantastiques, que vous m'avez toujours interdit l'accès à cette pièce ?


Alors que je m'attendais à une virulente réaction de la part de mon géniteur, celle-ci fut totalement différente. Se contentant de ne pas répondre, il laissa s'écouler quelques secondes, où immobile, il se contentait de fuir mon regard en le cachant dans ses mains. Finalement, alors que je le fixais attentivement, je vis lentement apparaître sur son faciès un rictus ne présageant rien de bon pour la suite. En effet, au coin de ses lèvres, un petit sourire se dessina. De manière immédiate, une immense inquiétude s'empara de moi. À vrai dire, je savais pertinemment que cette réaction ne présageait rien de bon. En connaissant un tant soit peu mon père, ou même moi-même qui avait hérité d'une grande partie de son caractère, j'étais sûr et certain qu'il possédait encore de nombreuses cartes à abattre et qu'il allait se faire une joie, d'ici quelques instants, de me déstabiliser avec une de ses répliques.

Vraisemblablement, une nouvelle fois, mes prévisions se révélèrent justes puisque, il releva la tête, déposant son regard glacial dans le mien et prit la parole sur un ton on ne peut plus moqueur et déstabilisant. Me rigolant au nez, il me qualifia d'extrêmement naïf. Dans la plus grande des incompréhensions, je ne parvenais toujours pas à saisir le sens de ses paroles, mais de plus en plus rapidement, une peur m'envahissait à l'idée d'entendre la suite de son discours. Continuant son speech, il commença à me parler de la valeur de l'argent, du rôle plus qu'important de celui-ci dans la société, de l'avarice humaine, mais aussi de l'entière dépendance à cette monnaie nous permettant de vivre dans un cadre plus ou moins luxueux en fonction des personnes. Ne comprenant pas réellement où il voulait en venir, je mis à rude épreuve mes méninges qui tournèrent à plein régime pour essayer de décrypter ses paroles. Puis finalement, il arriva à la fin de son discours, en me rappelant le dévouement d'un salarié lorsqu'il était possible pour lui d'obtenir une prime s'il effectuait correctement la tâche donnée par son supérieur.

Décidant de clôturer son speech sur ce point, il me fixa avec un large sourire narquois comprenant qu'il n'avait pas besoin d'expliciter plus que cela sa pensée pour que je la saisisse. Alors qu'il venait de finir de parler, mon esprit eut le déclic qui me permit de comprendre ses dires. Instantanément, je chutais de mon piédestal sur lequel je me reposais en pensant pouvoir tenir tête à mon père. Vacillant sur quelques mètres, une armoire de la bibliothèque m'empêcha de tomber à la renverse alors que mon visage venait de se décomposer lentement, réalisant peu à peu, que j'étais loin d'avoir le moindre avantage sur lui. À travers son discours, il avait insinué le fait que cette joie, ce sentiment d'affection sous lequel je croulais depuis mon retour en ce lieu, n'était que le fruit de sa demande. En effet, il avait d'après lui, demandé à l'ensemble des résidents de la demeure Regnard, de m'accueillir de cette façon afin que je sois bercé dans une douce illusion. Repensant, alors aux visages des trois autres membres de ma famille, le doute m'envahissait peu à peu, avaient-ils eu et suivi les mêmes consignes ? Déstabilisé, je tentais tant bien que mal de rétorquer quelque chose sans pour autant ne parvenir à aligner plus de trois mots à la suite. Balbutiant, d'une voix fébrile, mes paroles sonnaient plus comme un moyen pour me rassurer moi-même, que pour lui répliquer réellement.

Vous ... vous mentez !


Ne sachant pas comment réagir à cette découverte, je restais immobile, les yeux grands ouverts témoignant de mon désarroi et tremblant légèrement. Devant mon état de stupeur actuel, mon père me fixait en rigolant intérieurement, comme amusé par la situation. Finalement après quelques secondes, il finit par reprendre la parole, me faisant de cette manière, mettre un terme à mes nombreuses réflexions qui venaient d'envahir mon cerveau. Toujours avec ce fameux sourire amusé, il me questionna alors sur ma requête, me demandant la raison qui m'avait poussé à venir lui demander un entretien. Me mordant la lèvre inférieure pour me ressaisir ne serait-ce qu'un peu et ne pas paraître encore plus affaibli que je ne l'étais déjà, je repris la parole sur un ton plus que fébrile.

Si je suis venu ici, c'est pour combler un manque personnel, mais aussi pour vous demander l'autorisation de récupérer Bunny ...


Après une courte réflexion, mon père se décida à me donner sa réponse. Étrangement, contrairement à ce que je pensais, sa réponse fut immédiatement positive. Clignant des yeux, ma surprise fut nettement visible puisqu'elle se dessina largement sur mon faciès. En effet, je ne m'attendais pas à obtenir un "oui" de manière si facile, mais bel et bien après un long et épuisant débat. Cependant, il décida d'ajouter une condition à la récupération du petit lapin blanc. Soupirant légèrement, je reconnus à travers ce détail le caractère de mon père. Il m'avait volontairement laissé espérer un bref instant avant de m'expliquer que cela ne serait pas aussi facile que je le pensais. Je comprenais peu à peu la façon dont mon père avait réussi à atteindre un tel statut dans l'aristocratie du royaume, en jouant sur ce caractère plus que déplaisant. De plus, il décida de ne pas m'énumérer cette fameuse condition tout de suite, probablement afin de semer un peu plus le doute dans mon esprit déjà bien embrouillé, m'affirmant qu'il la dévoilerait une fois que nous aurions retrouvé le fameux Bunny.

Puis il m'invita à le suivre dans les jardins. Lui emboîtant le pas, je vins serrer contre moi mon trèfle à quatre feuilles espérant que celui-ci me porte chance et qu'il me permette de récupérer le lapin. Après quelques minutes de marche, j'aperçus la parcelle du terrain où le petit lapin avait l'habitude de gambader en toute liberté. M'approchant lentement, je finis après quelques secondes par trouver le fameux petit animal. Visiblement, il avait pris quelques centimètres depuis notre dernière rencontre. Le fixant attentivement, je ressentis un profond sentiment de bonheur m'envahir. Ce lapin représentait tellement de choses pour moi, que le fait de le retrouver, me faisait grandement plaisir. Tapotant dans mes mains pour lui montrer ma présence, il tourna lentement sa frimousse avant de me fixer longuement. Immédiatement, j'oubliais la peine que j'avais ressentie tout à l'heure et je criais son prénom comme tout gosse heureux de retrouver son animal de compagnie.

Bunny !!!


Seulement ...



Spoiler:
 


Dernière édition par Vincent Regnard le Jeu 28 Fév - 15:27, édité 2 fois
Vincent Regnard

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MessageSujet: Re: Regnard Family ♫ [Solo]   Mar 26 Fév - 13:04


















Spoiler:
 

Seulement voilà, par le plus grand des hasards, mon petit compagnon rongeur semblait avoir de la compagnie, une drôle de compagnie même ! À vrai dire, je ne m'attendais pas à le voir, accompagné au moment de notre rencontre et mon précédent cri de joie, n'aurait certainement pas eu lieu si je m'étais aperçu avant, qu'il y avait ici une autre présence que celle de mon père et moi. Je venais en effet de me donner en spectacle devant pas moins de six individus. Affichant alors une tête d'ahuri en me rendant compte qu'ils avaient tous perçu ma réaction de môme, je réalisais peu à peu que mon image de gamin turbulent, arrogant et sans pitié, venait de se briser et de voler en éclats. Comment casser le mythe du détestable fils de riche en une seule et unique leçon ! Il suffit simplement de l'apercevoir crier comme une jeune jouvencelle alors qu'il se précipite vers sa petite boule de poils lui servant d'animal de compagnie.

Puis finalement, après avoir accepté le fait de m'être ridiculisé devant un bon nombre de personnes, je réussi finalement par parvenir à me concentrer un peu sur la situation et surtout, à me poser la question essentielle. Mais qui pouvaient bien être ces personnes encore actuellement inconnues au bataillon ? À vrai dire, je n'avais jamais vu ces faciès au sein de notre demeure, je ne pouvais donc même pas les identifier comme des membres du personnel de la demeure puisque je ne les connaissais pas ou alors, j'avais tout simplement oublié celles-ci. Jetant alors un rapide coup d'œil à mon géniteur se trouvant derrière moi, je vis alors que lui non plus ne semblait pas connaître ces protagonistes. On ne peut plus étonnant lorsque l'on connaissait son caractère. J'avais eu le droit à une longue démonstration de celui-ci qui avait duré toute mon enfance et où je l'avais vu régner d'une poigne de fer sur la demeure Regnard. Fortement intrigué, je vins rompre le silence en adressant la parole à ce groupe d'inconnus de manière à connaître le nom et prénom de ceux-ci. Actuellement, cela restaient pour l'instant un véritable mystère. Un mystère ne présageant rien de bien bon ... Intuition de Regnard !

Euh ... puis-je connaître vos identités afin d'éclaircir un peu la situation qui m'apparaît comme bien confuse ?


Bizarrement, je pus distinguer un certain moment de flottement à la suite de ma question. À vrai dire, je trouvais même la réaction étrange puisque je pus aisément voir la confusion s'emparer de chacun alors qu'ils se cherchaient désespérément du regard comme pour essayer d'établir une réponse commune et cohérente. Écarquillant les yeux du fait que je ne comprenais strictement rien à la situation, je tapotais du pied en me tenant la tête de manière à faire comprendre que j'attendais une justification potable et relativement rapidement. En réalité, je n'attendais pas ... j'exigeais que ceux-ci me fournissent les éléments me permettant de dissiper les doutes vis-à-vis de leur identité. D'ailleurs, il valait probablement mieux pour eux qu'ils ne poussent pas ma patience à bout, d'autant plus que celle-ci se trouvait déjà bien limitée.

Finalement, je n'eus droit qu'à des bégaiements ne signifiant strictement rien. Mais qui étaient-ils bon sang ? Ce n'était pas comme s'ils étaient confrontés à une tâche insurmontable, ils devaient simplement se présenter. Même un môme de cinq ans en était capable alors pourquoi tant d'hésitation ? Soudainement, une idée me vint à l'esprit. Une idée tellement simple, que je m'étonnais moi-même de ne pas y avoir pensé avant. D'ordinaire si méfiant, je ne comprenais pas pourquoi cette éventualité ne m'avait pas traversé l'esprit bien avant. Toutefois, je mis ce léger "oubli", sur le compte de mes retrouvailles avec la petite bestiole aux grandes oreilles, car après tout, le fait de le revoir, avait généré chez moi une forte émotion ce qui par conséquent, m'avait quelque peu fait oublier mes "principes" et mes réactions habituelles. Je soupirais alors fortement afin de faire comprendre à cet attroupement, que ceux-ci commençaient à légèrement abuser de ma patience. À vrai dire, du haut de mon mètre soixante, j'hésitais même à élever la voix afin de démontrer une nouvelle fois l'influence et l'autorité que je pouvais avoir en tant que digne descendant de la famille Regnard.

Néanmoins, alors que je m'apprêtais à reprendre la parole pour éclaircir une bonne fois pour toute la situation puisque qu'ils refusaient de le faire, je fus soudainement coupé dans mon élan. En effet, une de ces personnes se précipita sur Bunny avant de le saisir et de le maintenir violemment contre lui afin qu'il ne s'échappe pas. Immédiatement, mon faciès s'assombrit et je laissais retomber quelques mèches devant mes yeux afin de cacher la colère naissante qui apparaissait dans ceux-ci. Peu importe que celui-ci soit un membre du personnel ou non, il n'avait pas à poser ses sales pattes sur mon petit lapin. Toutefois, je n'eus pas non plus le temps de demander à cet homme une explication, un autre qui auparavant était resté en retrait, s'avançant le sourire aux lèvres tandis que les autres commençaient peu à peu à se tordre de rire. Alors là ! J'avais réellement besoin d'information, car je ne comprenais décidément plus rien. Qui pouvaient bien être ces guignols, mais surtout, pourquoi avaient-ils réagi de cette manière après l'action de leur camarade ? Je n'arrivais pas réfléchir correctement actuellement, je devais m'enlever de la tête, l'idée que le petit animal était d'ores et déjà en ma possession. Avant, il fallait que je le récupère des bras de cette personne, mais aussi que je remplisse la condition cachée que m'avait imposé mon père.

Soufflant alors un instant, cette idée parasite, finie par arrêter d'encombrer mon esprit enfantin une fois celle-ci effacée. En somme, je venais de retrouver mon raisonnement clair et lucide, ainsi que mon attitude habituelle avec les gens que je ne connaissais pas et qui semblaient être des sources à problèmes. Relevant doucement les yeux, je vins placer un regard menaçant dans celui qui par sa démarche, était très probablement le leader de ce petit groupe. Après un long silence pesant, ce fameux chef, s'empara enfin de la parole et s'adressa à nous sur un ton on ne peut plus inapproprié. Je compris alors que ces personnes n'étaient visiblement pas du personnel puisque si elles en avaient fait partie, elles ne se seraient très certainement pas exprimée de cette façon si impolie en présence de mon père. De toute manière, quelqu'un s'exprimant ainsi, n'aurait jamais eu la moindre occasion d'entrer même en tant que sous-fifres dans l'humble demeure de notre famille. Pivotant légèrement la tête en direction de mon géniteur, je l'observais du coin de l'œil et je perçus, à ma grande surprise, plusieurs signes d'agacements dans sa gestuelle qui indiquaient clairement qu'il ne faudrait que peu de temps avant que le courroux du représentant des Regnard s'abatte sur ce pauvre groupuscule. Puis alors que celui-ci allait défouler sa colère sur ces pauvres personnes, je vins tendre mon bras sur côté, le plat de la main dans sa direction, avant de lui adresser un léger signe de tête signifiant que je m'occupais de cette situation.

Visiblement, le fait que, j'agissais d'une telle façon semblait le surprendre puisque je pus aisément lire sur son faciès l'étonnement qui le gagnait peu à peu. En somme, le papa venait d'en prendre plein les mirettes devant l'assurance que son fils venait de montrer. À vrai dire, je venais d'adopter un comportement bien spécifique et qu'il avait toujours cherché à me faire assimiler et à me faire avoir. En fait, c'était ce genre de comportement qu'il attendait du possible successeur au titre de représentant de notre fière famille. Il voulait quelqu'un sachant affirmer son autorité sans pour autant prendre un malin plaisir à abuser de son pouvoir. Quelqu'un de responsable et de mature dans ses réactions et qui ne s'emporterait pas au moindre problème. Seulement, alors que j'aspirais encore à ce titre quelques temps auparavant, je n'avais jamais pu lui montrer une telle facette de ma personnalité. Il n'y avait que maintenant que j'étais entièrement émancipé, qu'il avait pu percevoir ce qu'il attendait. Drôle de coïncidence ! En réalité, il ne s'agissait pas tellement d'une coïncidence, simplement du fait que, depuis l'incident de Crocus et grâce aux nombreuses expériences, que j'avais vécues, j'en étais ressorti totalement changé. Toutefois, même si j'avais grandement mûri, je ne pouvais pas pour autant empêcher mon autre facette plus détestable, de s'afficher de temps à autres.

Pour être totalement franc, je m'étonnais moi-même, puisqu'au vu de la situation, je ne pensais pas rester aussi longtemps sans réagir. En y réfléchissant, il y a peu, dès que cet homme aurait apposé sa main sur Bunny, il se serait retrouvé avec ma dague sous la gorge en une fraction de seconde. Néanmoins, je parvenais tout de même à rester de marbre face à eux, dévoilant un visage inexpressif pouvant très certainement effrayer, ou du moins, faire tressaillir ces fameuses personnes. Écoutant le leader s'exprimer sur l'intrusion de lui et ses hommes dans la demeure, il nous expliqua alors que s'ils étaient ici, ce n'était pas pour rien. En réalité, il s'agissait donc d'un groupe de ravisseur, qui après avoir entendu parler de la somme offerte pour la requête qui engendra les évènements de Crocus, avait décidé de s'en emparer pour établir une demande de rançon. Probablement attirés par la somme plus qu'importante qu'ils pouvaient se faire après avoir commis ce méfait, ils s'étaient introduit dans les jardins mais malheureusement pour eux, ils avaient effectué une légère erreur de timing. Sans doute n'avaient-ils pas prévu que le rejeton Regnard serait de retour ce jour-là et qu'il souhaiterait récupérer son animal de compagnie.

En pensant à l'idée que des individus voulaient s'en prendre à Bunny, mon sang ne fit qu'un tour et je dus me contenir pour ne pas sauter à la gorge de ces malfaiteurs. Alors qu'ils riaient entre eux en pensant que malgré tout, leur plan se déroulait sans encombre et qu'ils pourraient s'enfuir facilement avec le rongeur sous le bras, je vins à nouveau faire résonner ma voix dans cette atmosphère sordide qu'ils venaient de générer avec leurs propos. D'un geste lent, je me saisis de ma montre gousset avant de l'ouvrir et de fixer les aiguilles avec un petit sourire ne présageant rien de bon pour les intrus.

Laissez-moi cinq petites minutes et je suis à vous, père !



Moi arrogant ? Bien sûr que non ! Toujours est-il que je ne me donnais pas moins de cinq maigres minutes pour résoudre cette situation pouvant paraître délicate aux premiers abords, mais qui en somme, à mes yeux, ne représentait strictement plus rien puisque j'avais rencontré bien pire par le passé. Laissant la montre ouverte, celle-ci continua de chanter sa mélodie alors que je m'approchais d'un pas lent de ceux qui apparaissaient désormais, comme étant mes antagonistes. Me faisant alors craquer les doigts afin de montrer que je n'avais vraisemblablement pas envie de discuter, j'eus d'abord droit à un rire collectif de leur part, probablement en raison de ma carrure qui n'avait pour dire, strictement rien d'impressionnante. Toutefois, je ne pris même pas la peine de réagir, car après tout, qu'ils rigolent tant qu'ils le peuvent encore ! Une fois derrière les geôles du conseil, ils ne pourraient très certainement plus alors bon ... autant qu'ils en profitent. Alors que je continuais mon approche lente et le regard bas, j'entendis des bruits métalliques signifiant que ces malfaiteurs avaient des armes sur eux. Notant cette information dans un coin de ma tête, j'écoutais attentivement les recommandations de ces personnes qui me menaçaient d'ôter la vie de mon pauvre Bunny si je continuais de m'avancer.

J'étais désolé d'entendre de telles paroles puisque je savais très bien ce que cela allait signifier. Unleashed ! Voilà en gros ce qu'il allait arriver. Poser la main sur mon compagnon, était déjà en soi un crime qui serait sévèrement puni, alors le menacer de mort ... je ne souhaitais même pas imaginer l'état dans lequel finirait ces malheureux. Finalement, je me mis enfin en action. Rassemblant une faible quantité de magie, je pris mon impulsion et je vins fondre sur une de ces personnes. J'avais d'ailleurs, déjà en tête "l'ordre de passage" de ces bandits. En fait je comptais bien me garder le leader pour la fin, mais pour cela, il fallait déjà que j'élimine les sous-fifres. Arrivant alors à proximité du premier, je vins lui porter un coup de poing au niveau du pectoral de manière à ce que celui-ci ait du mal à reprendre son souffle. Puis je vins lui coller un grand coup derrière la tête pour lui faire perdre ses repères alors que d'une pirouette, je me dirigeais vers un autre membre du groupe pour venir lui coller mon poing en pleine figure. J'eus le droit au moment de l'impact, à une belle giclée de sang ce qui me permit de me faire une idée des premiers dégâts causés. Résultat : un homme à moitié assommé et l'autre ayant le nez en morceau. Belle statistique en si peu de temps ! Soudainement je vis l'homme détenant mon Bunny, sous la stupeur que je venais de lui générer, essayer de poignarder le petit rongeur. En une fraction de seconde, je venais de rassembler une quantité de magie suffisante à ma transformation et j'enchaînais avec la formulation de mes arcanes alors que ma grande veste blanche venait de voler en arrière. "Mythical Soul : Bloody Rabbit !" Take Over ... Done ! "Control : Dagger !" Je venais d'appliquer mon contrôle mental sur son poignard et puisque celui-ci ne m'opposa pas une grande résistance, je parvins à lui arracher aisément des mains. De plus, lui inspirant une profonde peur, il lâcha même Bunny qui courut se réfugier auprès de mon père.

Bien entendu, je ne comptais pas en rester là. J'allais me montrer on ne peut plus vicieux et cela, ils allaient rapidement s'en rendre compte puisque, immédiatement, un large sourire malsain se dessina sur mon faciès transformé. Leçon numéro 1 : Se servir des armes d'autrui ! En effet, alors que j'aurai très bien pu me débarrasser du poignard, je vins propulser celui-ci dans le pied de son ancien propriétaire qui poussa un effroyable cri de douleurs. Moi cruel ? Mais non ! Si je l'étais réellement, l'arme blanche n'aurait pas finie sa course dans pied mais bel et bien dans un endroit encore plus douloureux. Désormais, place à la leçon numéro deux ! "Chain Magic : Grapnel !" En un instant, plusieurs chaînes apparurent avec à l'extrémité de celle-ci, des grappins. Les maniant avec aisance, je vins agripper la jambe des cinq membres lambda du groupe avant de les propulser en l'air. Jetant alors un regard amusé au "chef", je vis celui-ci tenter de s'enfuir alors que les membres retombaient lourdement un à un au sol. Soupirant à l'idée de le voir abandonner ces compagnons, je prononçais une nouvelle formule destinée à stopper sa fuite que je considérais comme prématurée. "Chain Magic : Trap !" N'utilisant guère de puissance, je vis tout juste sortir deux chaînes du cercle magique étant apparu dans la course du fuyard. À l'extrémité de celles-ci, un pieu, signifiant qu'au moindre contact celles-ci exploseraient. De par le fait, que je n'avais laissé ressortir que le bout des chaînes et probablement aussi en raison de l'effroyable peur qu'il semblait ressentir, il ne les vit pas et fut rejeté en arrière par la déflagration qu'avait généré l'entrée en contact des deux éléments. En somme, cette attaque pouvait sonner comme un : "Toi ! Tu restes ici ! J'en ai pas fini avec toi !"

Alors que tous mes antagonistes étaient désormais au sol, je fis appel une nouvelle fois à une arcane afin d'immobiliser définitivement mes opposants. "Chain Magic : Grapnel !" Quelques chaînes apparurent et je vins faire en sorte qu'elles s'enroulent fermement autour des cinq sous-fifres du groupe de manière à ce qu'ils ne puissent plus me gêner et qu'ils me voient talocher leur leader dans les règles de l'art. Une fois cela fait, ceux-ci ne purent clairement plus bouger puisqu'en plus de les étreindre, mes chaînes les avaient légèrement entaillées de part en part. Désormais, il n'y avait plus que le patron de ce petit groupe en état de me faire face. Celui-ci se releva lentement avant de finalement me foncer en hurlant toute sa rage. Était-il profondément désespéré pour lancer une banale attaque frontale sur un adversaire plus fort que lui ? Visiblement oui ! Arrivant à mes côtés, il tenta de me faire subir un grand nombre de coups d'épées sans pour autant rencontrer le moindre succès. En effet, je me contentais de les esquiver, le regardant avec amusement mettre des coups dans le vent sans jamais réussir à atteindre son but. Finalement, je vins stopper sa série en feintant d'être touché. Me jetant en arrière pour simuler ma blessure, je vins murmurer quelques mots et ainsi, utiliser une autre arcane. "Control : Myself !"

Ma chute se bloqua alors à quarante-cinq degrés et je flottais alors devant mon ennemi dans cette position pouvant sembler étrange. Relevant alors brusquement la tête, laissant apparaître le large sourire du lapin faucheur, je vins éviter son ultime coup d'épée accompagnée d'un cri de terreur. Toujours sous l'effet de la télékinésie, j'esquivais avec agilité et grâce son offensive avant de me retrouver au-dessus de lui. "Control : Scythe !" Cette fois-ci, je vins appliquer mon sortilège sur le cylindre contenant ma faux. Celui-ci était resté dans ma veste au moment où je l'avais quitté, c'est-à-dire lors de ma transformation. Tendant la main en arrière, l'objet vint alors se placer dans ma main sans aucun souci et je vins le déplier en quelques instants à l'aide du mécanisme d'ouverture. Désormais, la faucheuse se tenait au-dessus de sa cible et il ne lui restait plus qu'à remplir sa fonction. D'un large mouvement du bras, je vins abattre le plat des dents de mon arme sur le crâne du pauvre homme totalement désemparé devant mes précédentes actions. En agissant de cette manière, je l'avais simplement assommé. Je n'étais pas assez cruel pour lui ôter bêtement la vie ... même s'il fallait bien reconnaître que, j'en avais bien envie ...

Ce choc marquait la fin du combat puisqu'ils étaient désormais tous hors-service. Reprenant ma forme humaine je vins regarder la montre gousset accrochée autour de mon cou par une chaîne. Un sourire illumina alors mon visage alors que je stoppais la mélodie en fermant ce que je considérais comme mon porte-bonheur. Me tournant alors vers mon père, je m'exclamais avec une joie qui démontrait, qu'au fond, je n'étais ni plus ni moins qu'un gamin s'amusant comme il le pouvait.

Quatre minutes et quarante-sept secondes ... peux mieux faire !

Le sourire aux lèvres, je m'avançais pour ramasser ma veste trainant dans l'herbe tout en m'essuyant d'un revers de manche la sueur qui avait perlé de mon front au cours de cet affrontement. Mine de rien, le fait que, j'avais décidé de faire le show et de me pavaner en présence de mon géniteur, avait grandement influencé sur ma condition physique actuelle. J'avais lancé un bon nombre de sort et j'avais peut-être été un peu présomptueux puisque je n'avais pas jugé utile de faire attention à l'utilisation abusive de mes arcanes. Toutefois, en étant aussi gourmand sur mes réserves magiques, j'avais de cette manière, imposé mon entière domination sur le combat. Après tout, il fallait bien faire quelques compromis ! J'étais fatigué certes ! Mais au moins, le souci s'était réglé rapidement !

Alerté par les explosions de mes chaînes, je vis le personnel accourir et une fois au courant de la situation, remettre aux autorités cette bande de malfrats. M'approchant alors de mon père, je vins saisir dans mes bras mon petit Bunny et le câliner tendrement. À vrai dire, la petite bête semblait tout aussi heureux que moi de nos retrouvailles et me le montrait clairement par le biais de sa petite frimousse qui ne cessait de s'agiter. Le gardant contre moi, je fis un signe de tête pour indiquer à mon père, qu'il était l'heure de rentrer. Maintenant le plus dur restait à venir ... il fallait que je remplisse la condition fixée par mon géniteur pour pouvoir repartir avec cette mignonne petite boule de poils ...


Vincent Regnard

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MessageSujet: Re: Regnard Family ♫ [Solo]   Mer 27 Fév - 23:32


















Franchissant la porte de l'immense manoir, le petit lapin dans les bras, je vins plonger mon regard dans celui de mon père. À travers cet échange, je pus sentir un profond malaise s'installer entre nous. En effet, je compris bien rapidement, que quelque chose le dérangeait et qu'il n'était visiblement pas en état d'entretenir une discussion sérieuse avec moi. À vrai dire, on pouvait aisément lire sur son visage, qu'au fond de lui, il ne possédait pas la même sérénité qu'à son habitude. La raison ? Je n'en savais strictement rien et pour être totalement franc, je n'étais pas apte à réfléchir correctement après les précédents évènements. J'avais grandement pompé sur mes réserves magiques durant l'affrontement de manière à ne pas rencontrer la moindre résistance. Néanmoins, en contre-partie, je ressentais désormais ce qui pouvait être reconnu comme un contre-coup. Celui-ci était d'ailleurs on ne peut plus lourd puisque, je sentais une fatigue physique s'emparer peu à peu de mon corps. Mine de rien, ces bandits de pacotilles ne m'avaient pas rendu la tâche facile et j'avais dû me forcer la main pour atteindre mon objectif.

Essayant de délayer mes bras en effectuant de légers mouvements, je ressentis lentement un poids s'installer dans chacun de mes muscles si bien que je ne pus contenir une grimace témoignant de mon état de fatigue apparaissant au fur et à mesure que le temps s'écoulait. En réalité, j'avais démarré le combat sur les chapeaux de roues, si bien que cet effort violent qui en plus d'être intense, s'était poursuivi sur plusieurs minutes, n'avait vraiment rien de bon pour mon organisme. En ayant agi de cette manière, mes muscles avaient utilisé en quelques toutes petites secondes, l'intégralité des stocks de phosphocréatines ce qui m'avait permis de déployer sur un bref instant, le summum de ma puissance musculaire. Malheureusement, désormais je payais le prix fort de mes actions puisque j'avais en moi, un bon nombre de déchets empêchant une douce et confortable récupération. En y repensant, j'aurai dû continuer sur un petit rythme, à faire fonctionner mon système musculaire afin que celui-ci soit oxygéné et qu'il se débarrasse du surplus et de toutes les mauvaises protéines présentes dans mon organisme. Mais tant pis ! Il était bien trop tard pour remédier à ce problème et j'allais devoir me trimballer un bon nombre de courbatures dans les prochains jours.

Toutefois, étant donné que mon géniteur n'était visiblement pas prédisposé à entamer la discussion et en raison de la fatigue que je venais d'accumuler, je vins demander une faveur aux autres occupants de la demeure. Avant de me lancer dans un débat, je souhaitais aller me changer et me laver de manière à apparaître plus présentable au moment où j'essayerai de répondre à la condition fixée par mon père. Bien entendu, on accepta ma requête. Je vins alors remettre le petit Bunny à un membre du personnel avant de me diriger vers mon ancienne chambre. Ouvrant la porte, j'eus la grande surprise de voir que rien n'avait changé. La décoration, les meubles, les babioles sans importance, n'avaient pas bougé d'un millimètre. Écarquillant les yeux, je n'en revenais tout simplement pas. Ne voulaient-ils pas m'oublier ? Alors, à quoi bon conserver l'état d'origine de cette pièce si ce n'est pour que celle-ci rappelle le triste souvenir du fils détestable que je suis encore actuellement ? Ne comprenant pas réellement, je pris la sage décision de ne pas chercher une explication logique à cela. D'une je n'étais pas mentalement en état pour le faire et de deux, il m'était bien difficile de comprendre les sentiments de mes parents à mon égard ...

Toujours est-il, qu'après quelques préparatifs, je vins me glisser délicatement dans le bain chaud qui m'attendait en guise de récompense après ce dur labeur. Soufflant longuement en entrant dans celui-ci, je sentis l'ensemble de mes muscles se détendre et se décrisper petit à petit. Le contact avec cette eau venait de me vivifier le corps et l'esprit. Après tout, il n'y avait rien de mieux qu'un bon bain bien chaud pur se ressourcer. M'immergeant de manière à avoir de l'eau jusqu'au-dessus du nez, je vins fermer les yeux et me détendre un long moment. À vrai dire, j'étais en train de mettre mon esprit à rude épreuve puisque j'attendais de lui qu'il soit on ne peut plus performant. Je n'avais en somme pas une minute de repos puisque, à peine rentré de mon affrontement avec des malfrats, je devais me pencher sur quelque chose de bien plus problématique. La condition que souhaitait m'imposer mon père ! Le connaissant, je savais pertinemment que j'avais bel et bien raison de m'inquiéter pour celle-ci et non pour les guignols s'étant introduits dans la demeure. Les deux choses n'avaient en soi absolument rien de comparable et celle dont j'avais le plus à craindre, n'était ni plus que cette fameuse condition encore si mystérieuse.

Réfléchissant à ce sujet, je ne voyais toujours pas à quoi elle pouvait correspondre. J'avais beau me creuser la tête autant que je le pouvais, il n'y avait aucune idée probable qui me venait à l'esprit. Que pouvait-il bien m'avoir concocté ? Encore probablement quelque chose de diaboliquement sournois et qui me mettrait à mal psychologiquement. Soupirant à la pensée de la torture mentale que je subirai très certainement, je pris la décision d'aller me frotter le plus rapidement possible à cette épreuve afin de ne plus avoir à m'en soucier. Une fois celle-ci passée, nul doute que l'anxiété qui me rongeait actuellement, disparaîtrait en quelques instants. Toutefois, il était aussi possible que j'échoue et dans ce cas-là, l'angoisse serait alors remplacée par un profond sentiment de désespoir. Sortant de la baignoire d'eau chaude, je vins me sécher puis me préparer à la rencontre tant attendue.

Une fois habillé et prêt à affronter le regard de mon père, je vins regarder une dernière fois cette chambre avant de fermer doucement la porte. Pour tout dire, alors que je venais de sortir de cette pièce, je fus assailli par un profond sentiment de nostalgie. Étant donné le nombre d'heures plus qu'important, que j'avais passé dans cette salle, je ne pouvais définitivement pas rester indifférent au fait d'y dire "au revoir" une nouvelle fois. M'avançant lentement dans les couloirs, je finis au bout de quelques minutes de marche silencieuse, par arriver dans l'immense salle de réception où l'on m'attendait pour le moment véridique. Alors que je poussais la porte de la pièce, je pus percevoir un silence religieux, donnant presque froid dans le dos. À une extrémité de la table, s'était assis mon futur interlocuteur. Celui-ci tenait dans ses mains le petit Bunny qui se reposait calmement. Maintenant, il était temps pour moi ... d'affronter l'une de mes plus grandes craintes.

Prenant place à l'autre bout de l'immense table du salon, je vins perdre mon regard dans celui de la personne en face de moi tout en enfouissant légèrement mon visage dans mes mains. Désormais, je me devais de l'écouter attentivement si je ne voulais pas louper la moindre information pouvant s'avérer cruciale pour la suite. D'un ton calme et posé, mon père s'empara de la parole devant l'intégralité des membres de la famille Regnard ainsi que du personnel. Aux premiers abords, ses paroles pouvaient presque laisser penser à de banales retrouvailles dans la joie et dans la bonne humeur. Néanmoins, bien rapidement, le ton devint plus sévère alors qu'il abordait des sujets sensibles autour de la relation que nous entretenions actuellement ma famille et moi. Détournant un instant les yeux pour échapper à cet échange de regard que nous maintenions depuis quelques temps, je finis enfin par comprendre en quoi allait bien pouvoir consister "l'épreuve". Celle-ci allait probablement être une sorte d'interrogatoire visant à tester mes capacités de réflexion, d'analyse, mais aussi ma maturité. Je le sentais venir gros comme une maison ! Après le comportement que j'avais eu face aux malfaiteurs, nul doute qu'il chercherait à savoir si ma réaction me correspondait réellement ou s'il s'agissait juste d'une quelconque improvisation. En somme, il voulait me tester pour voir à quels points son fils avait mûri. Pour cela, il me posa une question toute simple. "Que t'inspires le patronyme de Regnard désormais ?"

Et voilà la question piège que j'attendais ! L'assistance n'émettait plus le moindre bruit en attendant ma réponse, si bien qu'il aurait été possible d'entendre une mouche voler. En parlant de ma réponse, j'allais devoir soigner celle-ci et peser chacun de mes mots afin de ne pas faire de boulettes. D'autant plus qu'elle serait rapidement analysée et interprétée par les oreilles présentes dans la salle. Reste à savoir quelle serait l'interprétation collective ...

D'une voix monotone, je commençais mon petit speech en espérant que celui-ci, corresponde et remplisse les attentes de mon père.

Ce que représente ce nom pour moi ? ... Des tas de choses ! J'ai grandi sous ce patronyme. Malgré le fait que nous soyons en froid actuellement, je n'en reste pas moins fier de le porter. Mine de rien, il m'a énormément apporté et appris par le passé, je ne peux que lui en être reconnaissant. Désormais même si je peux être considéré comme indigne de le posséder ... je continue de le faire perdurer comme un symbole de mon passé. Je reconnais tout de même que par mon comportement je l'ai quelque peu entaché. Mais en somme, il m'aide à ne pas retomber dans les travers de mon enfance. Malgré nos différents ... je n'éprouve absolument aucune rancœur envers cette famille à qui je dois tant. Sans ce nom ... je ne serai très certainement jamais devenu ce que je suis aujourd'hui ... Certes le moi actuel ne correspond pas à celui que vous espériez ... Néanmoins, il reste et demeurera à jamais un Regnard.

Voilà la réponse était faite ! Il ne me restait plus qu'à attendre les réactions que celle-ci allait susciter tout en essayant de contrôler mon anxiété de manière à ce que celle-ci ne soit pas visible. Je tenais absolument à ne pas contrarier mes auditeurs c'est pourquoi, cette réponse, j'avais pris grand soin de peser le poids de chacun de mes mots avant de les formuler. De plus, je ne m'attendais pas à émouvoir l'assistance avec de telles paroles, du moins ce n'était pas mon objectif premier. Même si en y repensant, il était fort probable que celles-ci aient cet effet puisqu'elles étaient sorties de manière naturelle et reflétaient parfaitement mes sentiments. Des paroles venant du cœur, voilà ce que je venais de prononcer. Après, il restait à savoir si de tels dires pourraient satisfaire mon interlocuteur ou si cela ne correspondait pas du tout à ses attentes. En jouant la carte de la sensibilité, j'avais fait un pari très risqué puisque je savais pertinemment que mon père n'était pas le genre à se laisser bêtement avoir par les sentiments.

Toutefois, si je ne pus percevoir la moindre réaction chez lui après mes paroles, je réussis tout de même à distinguer une réaction de l'assistance. Pour être totalement franc, cette pensée bien que véridique, n'avait pas été faite au hasard, car je savais très bien qu'elle susciterait une émotion plus ou moins forte pour les personnes écoutant notre discussion. En ayant agi ainsi, j'allais pouvoir constater de mes propres yeux s'ils appliquaient réellement les consignes de mon tuteur et me faisaient croire à une fausse joie, ou s'ils étaient réellement heureux de revoir ma petite frimousse mettre les pieds dans cette battisse. Soudainement, d'une voix calme et avec un sourire mal dissimulé, mon père commença la réponse en affirmant qu'il allait rendre son verdict. Immédiatement, mon cœur se serra et fit de nombreux nœuds si bien que je ne parvenais plus à respirer de manière normale, sans que ma respiration soit saccadée. Puis finalement, la tête basse, il desserra son emprise sur le lapin et le poussa délicatement en ma direction. Bunny ne tarda pas à venir me rejoindre et à venir se blottir contre moi. J'avais réussi ! Je l'avais convaincu et désormais, la petite boule de poils que je câlinais, pouvait repartir avec moi en direction de Blue Pegasus.

Toutefois, je n'eus pas le temps de le remercier puisqu'il s'empressa de quitter la pièce, le regard vide, comme si ce qu'il venait d'accomplir l'attristait profondément. Avais-je éveillé une émotion un peu trop forte chez lui ? Si bien qu'il pouvait avoir fui de manière à ce que je ne l'aperçoive pas crouler sous celle-ci. Je n'en savais rien et je n'eus pas la moindre occasion de le savoir puisque je ne le revis plus du reste de la journée. En effet, il resta en permanence dans son bureau et ne vint même pas dire au revoir alors que j'étais sur le départ. Peu de temps après avoir obtenu son accord, j'avais décidé de m'en aller afin d'éviter de causer encore plus de peine à ces personnes ... en supposant qu'il s'agissait du sentiment qu'ils ressentaient. Après quelques brèves paroles, je vins dire au revoir avec émotion à l'ensemble des personnes résidant dans cette demeure. Finalement, même s'il était possible que mon géniteur ait établi cette requête auprès du personnel et des autres membres de ma famille, ceux-ci ne parvenaient pas à faire totalement abstraction de leurs sentiments. Autant dire que même si je n'appartenais plus au même "monde" qu'eux, ils éprouvaient tout de même de l'affection pour ma personne. Plutôt rassurant quand on repense à toutes les conneries effectuées alors que mon âge était nettement moins avancé.

Le petit Bunny installé paisiblement sur le haut du crâne, je partis alors en direction de la guilde, l'esprit pensif et un tas d'émotion remontant peu à peu ... À vrai dire, mon esprit cherchait la raison qui avait poussé mon père à considérer sa condition comme remplie. Ma réaction mature lors de l'affrontement ainsi que ma réponse réfléchie à sa question, avaient peut-être influencé son choix. Toujours est-il que j'avais eu une impression des plus étranges. Comme si pour la première fois, mon tuteur était fier de moi ... Frissonnant alors légèrement, j'oubliais en un instant cette idée loufoque ... après tout, il était impossible que cela arrive. Je n'étais ni plus ni moins que le rejeton Regnard ayant causé tant de honte à cette famille ...



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Regnard Family ♫ [Solo]

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